Pourquoi je ne vote pas

(et pourquoi vos arguments anti-absentionnistes me font (vraiment) chier.)

Quand j’ai eu 18 ans, j’ai été super heureuse, parce qu’en plus de devenir majeure, d’être une “adulte” (je mets ça entre guillemets parce que la réalité me semble siiii éloignée – mais ça fera l’objet d’un autre article-), j’avais enfin ce précieux sésame : le droit de vote. J’y croyais dur comme fer, surtout que c’était l’année des élections présidentielles : chouette, j’allais faire mon devoir de citoyenne!

Malheureusement, j’ai très vite déchanté et dès ces premières élections j’ai décidé de voter blanc. J’ai fait l’effort de me déplacer pour insérer dans l’urne ce petit bulletin, qui n’allait pas changer grand chose tant le vote blanc est profondément ignoré en France (on se demande bien pourquoi).

Depuis ces premières élections, un long et douloureux mandat présidentiel s’est écoulé. La première année, je suis retournée voter pour d’autres choses, avec cette conviction que le vote est utile s’envolant peu à peu. J’avais cette impression très forte que j’avais été flouée, trahie, manipulée, que mon vote n’avait servi qu’à conforter une élite dans sa tour d’ivoire et à lui filer un passe-droit pour appliquer ses lois anti-démocratiques. Voter blanc me semblait déjà “trop”.

Et plus le temps est passé, plus je me suis politisée, plus j’ai foutu mes tripes dans le climat politique actuel et, paradoxalement, plus l’idée de vote comme solution s’est évaporée. Je ne saurai pas vous dire quand est-ce que cela est apparu : après tout, mes parents ne votent pas mais sont bien loin de mes considérations politiques actuelles. Dans mon entourage, une grande partie de mes proches votent. Et pourtant, d’un coup, j’ai décidé de tourner le dos à cette pratique politique.

Et plus que de lui tourner le dos, j’ai décidé de la revendiquer ouvertement, de me déclarer explicitement abstentionniste et de montrer que ce choix est un choix ouvertement politique. Je me suis retrouvée dans ce camp “ingrat” où ceux qui ne votent pas seraient responsables de tous les maux, des “traitres”, des incapables, des personnes indignes. Bref, j’en ai vu passer des vertes et des pas mûres: les mêmes arguments grotesques revenant sans cesse.

Et certes, si vous avez envie de voter, faites comme bon vous semble mais pour une fois, j’ai envie de changer la donne et de démonter point par point ces arguments complètement faux qu’on entend constamment sur les méprisâââbles abstentionnistes et qu’il est grand temps d’arrêter de nous bassiner avec. C’est parti ?

Note importante : cet article va peut-être vous donner une impression de “déjà vu” si vous avez visionné ma vidéo sur Mr Robot où je sème mes convictions anarchistes et abstentionnistes tout au long de la vidéo. Ici, je vais apporter une vision plus approfondie mais en tout cas, ne soyez pas étonné.e si vous retrouvez des arguments similaires… après tout, c’est logique ! Et d’ailleurs, n’oubliez pas d’aller voir ma vidéo 😉

L’argument facile : Si tu ne votes pas, c’est que tu n’es pas politisé.e

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Celui-ci a tendance à me gonfler plus que les autres. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les personnes qui ont tendance à le mettre sur la table sont les mêmes qui, en dehors de se déplacer dans un bureau de vote, n’ont pas l’air de participer plus que ça à la vie politique du pays. Mais, visiblement, décider d’aller mettre un bulletin dans une urne leur donnerait cette immunité et leur permettrait directement d’être dans la case “politisé”. C’est marrant mais si toutes les personnes qui votent avaient conscience de tous les véritables enjeux derrière les partis qu’ils élisent; si toutes les personnes qui votent étaient militantes, ça se saurait.

L’argument culpabilisant : Si tu ne votes pas, tu fais le jeu du FN

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Celui-ci, c’est le plus cocasse. A entendre les anti-abstentionnistes, il est primordial de faire “barrage au Front National”. D’ailleurs, avez-vous remarqué que cet argument est souvent rattaché au fait de devoir voter pour le “moins pire”. Tout le monde s’accorde donc pour admettre qu’il y a un sérieux problème et qu’on nous demande de choisir entre la peste et le choléra. Mais cela ne semble pas inquiéter grand monde.

En 2015/2016, le PS a quand même prouvé à de multiples reprises toute la violence dont il était capable : Loi Renseignement, débat sur la déchéance de nationalité, Loi Travail, état d’urgence qui s’allonge, répression policière particulièrement violente… On a connu mieux. A l’heure actuelle, se permettre de nier que leurs positions politiques ont des goûts d’extrême droite est faire preuve d’une bêtise navrante.

Vouloir faire barrage au FN juste par “mesure symbolique” ne m’apparaît pas comme une véritable solution, au mieux un argument hypocrite. Nous avons vu les habitants de ce pays, d’origine arabe et parfois de confession musulmane, subir l’islamophobie la plus décomplexée de plein fouet. Et nous n’avons pas eu besoin du FN au pouvoir pour ça.

L’argument tiède : Tu peux au moins voter blanc

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Je l’ai fait, pendant longtemps. Et même si, magiquement, le vote blanc était enfin réellement pris en compte, je ne me déplacerai pas pour autant. Tout simplement parce que ce n’est pas contre les partis actuels que je suis contre mais contre la simple idée de démocratie représentative qui est, selon moi, le coeur même du problème. Je milite pour la démocratie participative, pour un système faisant du citoyen (et pas que) un acteur politique central.

L’argument archi-faux : On ne change les choses qu’en votant

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Les lois ont permis d’encadrer des tournants majeurs dans la société, ça je ne le nie pas (et d’ailleurs il serait temps de ne plus confondre anarchie et anomie, ce dernier définissant “l’absence de lois”). En tous les cas, ce sont les manifestations, les contestations, les révolutions qui ont changé la société, qui ont déclenché des changements, mais pas le fait d’aller voter pour un nouveau président. Just sayin’

L’argument anti-démocratique : Si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de te plaindre

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Comme je l’ai dit précédemment, je ne suis pas une “moins bonne citoyenne” que vous, que cela vous plaise ou non. Je suis énormément intéressée et impliquée politiquement parlant. Mon engagement et encore moins le militantisme n’ont besoin d’un tel système pour exister. Bien au contraire. Des tas de gens qui votent me posent souvent des questions sur tel point économique, tel débat ou autre. Je lis souvent des choses fausses, mal comprises par des personnes qui votent dans des articles, des forums, des commentaires.. Ces personnes qui votent donc “par erreur”, auraient visiblement plus de poids que moi pour se plaindre. Et, alors qu’elles ont participé activement à ériger un modèle auquel je n’adhère pas, je ne pourrai pas m’en plaindre ? Ben voyons.

L’argument pseudo-héroïque : Des gens se sont battus pour que tu puisses voter !

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Ah oui, ils se sont battus pour que je puisse voter, mais je ne crois pas qu’ils se soient battus pour que je laisse perdurer un système aussi absurde. Ne même pas songer à une alternative politique, ne même pas essayer de revendiquer un autre modèle, d’aller à l’encontre d’un mode de vote que je ne valide pas me semble comme une insulte pour les gens qui se sont battus, en fait.

L’argument limité : Il n’y a pas d’alternatives

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Je me demande vraiment s’il est utile de revenir dessus. Si pour vous “les choses sont telles qu’elles sont“, “c’est la vie et pas autrement“, “c’est comme ça“, “on peut rien changer”, “faut faire avec“, “t’es trop idéaliste” sont des arguments recevables, je ne peux plus rien pour vous. Pour moi, ce sont des arguments de personnes souvent aigries qui ont pas trop réfléchi au problème. Quand vous nous appelez “Bisounours”, je vois surtout des gens qui comprennent pas grand chose à tout ça et qui se cachent derrière des phrases toutes faites pour éviter la confrontation et l’argumentation. Spoiler : je n’aime pas ce genre de personnes.

L’argument absurde : Le problème c’est pas le système, mais les gens au sein du système

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La limite de cet argument est qu’on décide donc de ne pas réfléchir au problème d’une manière structurelle ou de façon approfondie en prenant en compte les institutions actuelles. C’est percevoir les limites de notre démocratie représentative comme une question “d’individus”. En gros, il y aurait au pouvoir des gens méchants, opportunistes et corrompus mais ce serait une question de “personnalité” quoi. Il suffirait de changer magiquement les personnes en place pour que ces problèmes disparaissent… ce qui nie que le système actuel même nourrit, favorise, créé, reproduit ce genre de comportements.

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Je ne vous apprends rien : vous avez le droit de voter. C’est même un devoir, il paraît. Mais quand je refuse le vote, quand je ne veux pas m’y soumettre, quand je dois prendre sur moi pour ne pas céder à votre pression culpabilisante où vous essayez de faire croire que je suis responsable de tous les maux, je suis dans mon droit.

Je ne juge pas les personnes désintéressées de la politique, qui ne votent pas par “paresse”, qui trouvent tout ce cirque chiant et ennuyeux, qui disent “tous des pourris”. Je ne les juge pas parce que je comprends totalement que rien ne donne actuellement envie de s’y intéresser. Ce serait mauvaise foi que de ne pas comprendre ces raisons qui ne donnent même pas envie de “faire semblant”, de faire un effort.

Et même si mon abstention ne prend pas ses racines dans les mêmes causes, elle existe pour une raison rejoignant mes convictions politiques. Et il serait temps de l’admettre.

35 Comments

  1. Julien

    25 janvier 2017 at 10 10 58 01581

    Merci pour cet article, c’est tout à fait intéressant de lire tes arguments — et selon moi ils sont parfaitement valables. J’ai moi-même revendiqué un temps le fait de ne plus vouloir voter suite à ce mandat désastreux sur les points que tu évoques (d’autant que j’avais voté Hollande, comme beaucoup d’autres). Malgré tout, je n’arrive pas à m’y résoudre, et ce pour une raison que tu n’évoques pas je crois (la seule qui me convainc de continuer à voter, à titre personnel) : si je ne me mêle pas des affaires de la politique, la politique, elle, continue de se mêler des miennes, quelles que soient mes convictions. Et pour le changement (auquel j’aspire aussi), il n’y a donc que trois solutions : fuir (on peut y songer sérieusement, y a plein de place dans les forêts, ambiance Sherwood), la révolution (mais c’est salissant et on n’est pas sûr de ce qu’on obtient ensuite) ou… le vote. Certains candidats appellent à une sixième République — c’est bien le minimum —, donc j’irai de ce côté-là en me disant qu’on ne change pas toujours les choses rapidement (ce serait pratique si on pouvait mettre à jour la politique comme un iPhone).

    1. zed

      25 janvier 2017 at 12 12 50 01501

      Je suis contre l’abstentionnisme et pourtant je n’utilise pas ces arguments.

      Contre l’abstention; attention, au premier tour. Tant qu’un candidat me propose la première marche menant à mon utopie, je vote. Car je ne vois pas d’autres moyens d’y arriver. La révolution ? On a déjà rien pu faire contre la loi travail alors contre tout le système. Le vote ? C’est le pire système à l’exception de tous les autres utilisés, et faut urgemment changer cela. Par le vote ?

      1. void42

        27 janvier 2017 at 9 09 28 01281

        D’accord avec vous deux.

  2. Harley Qu33r (@HarleyQu33r)

    25 janvier 2017 at 11 11 23 01231

    “Des gens se sont battus pour que tu puisses voter”, ça a si peu de sens en plus…
    Des gens se battent actuellement contre l’avortement, ce n’est pas parce qu’ils se battent qu’ils sont légitimes.
    Ce n’est pas parce que des gens se sont battus pour mettre le système actuel en place que ça l’empêche d’être fondamentalement inégalitaire.

    Je pense que je vais quand même voter cette année, je ne suis pas encore suffisamment déconstruite pour abandonner l’espoir que le système se transforme, s’améliore par le vote. C’est mon côté “foi en l’humain” qui me fais faire ce genre de bêtises x’)
    Pour compenser, promis, je militerai 2 fois plus xD
    Mais plus sérieusement, je comprends parfaitement ta démarche, elle est parfaitement légitime.

    Merci pour ces arguments, c’est toujours utile d’avoir ça sous le coude pour contrer des idées reçues !

  3. ethy972

    25 janvier 2017 at 11 11 44 01441

    Super article et une vision des choses que je partage complètement. Merci 🙂

  4. Anonyme

    25 janvier 2017 at 11 11 53 01531

    merci pour cet article

  5. TheWitch (@Lorelai57)

    25 janvier 2017 at 11 11 54 01541

    Merci Buffy pour cet article que j’attendais avec grande impatience :). La culpabilité renvoyée par des proches qui nous disent ” tu ne votes pas = tu votes pour le gagnant”, ou bien “ça sera de ta faute si le FN se retrouve au pouvoir en 2017” etc… D’une certaine manière le FN est déjà au pouvoir en France. Tant que ma voix sera représentée par quelqu’un en qui je dois avoir une confiance absolue, je ne voterai pas ! Et ceux que ça emmerde doivent d’avantage se remettre en question que moi !

  6. Dolly

    25 janvier 2017 at 11 11 57 01571

    C’est très amusant de lire cet article car de mon côté, ça a été dans le sens inverse. Lorsque j’ai eu 18ans, je ne souhaitais pas voter, du coup, à 20ans, lorsqu’il y a eu les élections de 2007, je m’en étais pris plein la tronche car je ne souhaitais pas voter pour de tels salauds.
    J’ai eu le droit à plusieurs reproches donc. Aussi le “Tu es une femme, les femmes se sont battues pour le droit de vote”. Mais rien n’y faisait.

    Le bilan Sarko avait été si immonde que je me suis dit que l’abstentionnisme avait du bon comme du mauvais. À force de s’abstenir, des raclures passaient et c’était le festival de la connerie. Donc j’ai voté, tard. Mais voté. Et aujourd’hui, l’absentionnisme qui était à l’époque pour moi a été abandonné.

    Probablement par utopisme – même si c’est un mot de merde et parfois même insultant – ou peut-être pour sauver un minimum de murs.

    L’abstentionnisme a du bon comme du mauvais, tout comme le fait de voter “contre” et ne rien arranger au niveau des politiciens.

    Monde sale qui subira bientôt une sacrée révolte.

    1. Renaud

      25 janvier 2017 at 20 08 05 01051

      Si tu votes par utopisme, et bien moi c’est par utopisme que je ne souhaite pas voter.

      Parce que j’ai l’espoir qu’on puisse faire autrement, qu’on puisse faire mieux. Et que si on ne vote, on ne donne pas de légitimité aux élu.e.s. Parce que les révolutions viennent du peuple et pas du systèmes, le système a pour but de se maintenir en place. Notre but c’est de le briser, et pour ça je commence par ne pas l’entretenir.

      Alors peut-être que c’est stupide, peut-être que ça ne sert à rien, que ça ne marchera jamais. Ou alors peut-être qu’on va faire la révolution pour retomber dans nos sales travers et que ce sera pas mieux, je ne sais pas.

      Mais bon, on aura essayer.

      1. Dolly

        28 janvier 2017 at 9 09 41 01411

        Je ne vois pas l’intérêt de me juger… j’ai dit peut-être voté par utopisme, que c’est le résultat de nombreuses années sans voter pour personne.
        Alors me dire “nous on ne vote pas par utopisme” montre un léger jugement de valeur alors que de mon côté, je n’en ai émis aucun.

  7. sandrinesmiles

    25 janvier 2017 at 12 12 13 01131

    Tes arguments sont très intéressants.

    Perso, depuis mes 18 ans, je n’ai jamais voté… par flemme. Parce que je n’y pigeais rien. Parce que je n’arrivais pas à m’intéresser à tout ça. J’étais blasée avant même d’avoir réfléchi à la chose.

    Cette année, pour la première fois, je vais aller voter. Une pulsion, comme ça, un truc qui m’a dit que je devais y aller. Et au final, je me dis… et si, parmi ceux qui se présentent, il y en avait un qui sortait du lot ? Je suis en mode “on ne sait jamais” , même si effectivement, quand on voit tout ce qui se passe, on peut avoir très très peur.

    J’ai entendu le coup du barrage au FN, tout ça. Perso, c’est pas ça qui m’intéresse. J’ai envie d’aller voir si, dans la liste complète des candidats, y’en a un qui peut être intéressant. J’ai prévenu mon entourage: si y’a rien, je voterai blanc (histoire de pas m’être inscrite pour rien, pour le geste, en fait).

    Mon père ne vote pas non plus, même si lui se contente de dire que “ça ne sert à rien” et me sort souvent une citation de Coluche qui dit en gros que si le vote pouvait changer quelque chose, il y a longtemps que ça aurait été interdit.

    Du coup, je suis assez partagée. Je ne sais plus de quel côté me tourner. Croire au vote, ne pas croire au vote, croire à quoi ? Au final, quand je pense à la démocratie citoyenne que tu cites, je trouve l’idée géniale, et puis l’instant d’après je flippe parce que je sais que les gens sont pas tous prêts pour ça. Et puis l’instant d’après mon cerveau fait encore le yo-yo, parce que ouais peut-être mais en fait on est pas mieux maintenant non plus.

    Je ne comprends pas mieux tout ce qui se passe pour autant. Mais en tous cas, une chose est sûre: ton article est important. Car s’il y a bien un truc qui me saoûle, quand même, dans tous ça, c’est les gens qui essaient de faire passer ceux qui ne votent pas pour des cons. Y’a une partie de moi qui pense que voter c’est important, mais ça veut pas dire pour autant qu’on ne peut pas avoir ses raisons, quoi.

    En fait, je ne sais pas si je suis d’accord avec toi ou pas. Mais au moins, grâce à toi et cet article, j’ai matière à réfléchir, et c’est important.

  8. Histony

    25 janvier 2017 at 13 01 43 01431

    J’avais 17 ans en 2007 ; à un an près, j’aurais pu voter pour ces présidentielles qui ont, finalement, été celles qui m’ont le plus inquiété, vu que Sarkozy, c’était quand même le diable incarné pour le dangereux gauchiste que j’étais. Mais déjà, à l’époque, je sentais que Royal ne valait pas mieux. “L’ordre juste”, tout ça, ça me rassurait pas non plus. Finalement, j’ai pas été mécontent d’être dispensé de voter. Le seul pote de lycée en âge de le faire, déjà désabusé, avait voté Schivardi pour troller. Puis est venu 2012, l’envie d’enfin se débarrasser du type qui m’avait fait manifester pendant trois années, qui nous en avait foutu pas mal dans la tronche. Du coup, au deuxième tour, par dépit, j’ai voté Hollande. C’était très drôle : je vivais à Limoges, ville rouge par excellence. Mes parents me parlaient des scènes de fête en 81 (leur première élection à eux), quand les places étaient noires de monde, qu’on pouvait venir de Creuse jusqu’à Limoges en voyant les gens klaxonner de joie sur l’autoroute ; quand les bourgeoises avaient peur de sortir le manteau de fourrure dès fois qu’un communiste les repèrerait. En 2012, du coup, je me disais que j’allais voir ça. On est sortis dans les rues de Limoges. C’était vide. On était seuls à la terrasse du bistro. Y’avait quelques klaxons : les jeunes des cités qui se sentaient libérés de la politique sarkozyste. Ils ont dû vite déchanter. J’ai dû revoter aux législatives, plus par suivisme familial que par foi, puis j’ai déménagé et je n’ai jamais cherché à me réinscrire sur les listes. La farce, sans moi.

    Mais ce qui est intéressant, c’est comme tu dis, qu’en tant qu’abstentionnistes, on est assez facilement des boucs émissaires (quoi qu’on convertisse de plus en plus de monde). Mais tu n’as pas cité l’argument foireux que j’ai vu le plus revenir, tant après ma vidéo sur le PS (sur 40 minutes, je parlais une ou deux minutes d’abstention, ça a fait jaser dans la moitié des comms) que dans l’article que j’ai pu faire sur les fameux “gens morts pour que tu votes” : “Oui, mais pourquoi tu votes pas XXX ? Il est différent/proche de tes idées.” En général, XXX est Mélenchon ou Asselineau (quoique maintenant que je suis sur la liste des ennemis de l’UPR, ils ne devraient plus revenir), mais de façon générale, j’ai l’impression que les politiciens sont devenus un peu comme des équipes de foot, qu’on soutient pour l’image qu’ils nous renvoient (de nous), plus que pour leur projet. On vote écolo pour ne plus culpabiliser de surutiliser la voiture, on vote PS pour se sentir de gauche sans payer trop d’impôts, on vote Mélenchon pour se sentir révolutionnaire sans trop s’exposer…

    Ça a presque un côté religieux finalement. J’aime beaucoup la métaphore de la danse de la pluie : c’est exactement ça, le vote, un rituel ridicule, auquel on croit qu’à moitié, mais on sait pas quoi faire d’autre alors on continue. De plus en plus, les militants des différents partis ont des traits communs du fanatique religieux, et si les fanatiques religieux se détestent cordialement entre eux, il y a une chose qu’ils détestent encore plus : les athées. C’est peut-être pour ça que l’abstention est si détestée… On ruine d’un coup la mythologie de tous les camps. 😀

    1. TheWitch (@Lorelai57)

      25 janvier 2017 at 18 06 50 01501

      Je n’ai jamais pensé à faire ce parallèle entre fanatiques religieux et fanatiques politiques mais c’est très pertinent ! On retrouve effectivement les mêmes mécanismes finalement. L’humain remplace toujours une addiction par une autre quand il cherche à s’en débarasser…en est-il de même pour les croyances ?

      1. Histony

        27 janvier 2017 at 12 12 38 01381

        J’ai l’impression qu’effectivement, on reste toujours un peu dans ce domaine de la croyance, on a juste transféré le côté religieux à autre chose. Finalement, y’a pas grande différence entre la personne qui prie, celle qui vote, et moi qui attends la grande révolution à chaque début de mouvement social. 😀 Après, c’est vrai que la principale caractéristique de notre espèce, c’est justement notre capacité à nous raconter des histoires abstraites, à créer des concepts abstraits qui influencent concrètement nos vies ; y’a le très bon livre “Sapiens, une brève histoire de l’humanité” de Yuval Noah Harari qui revient pas mal sur ces concepts et nous rappelle que finalement, notre monde est fondé sur ce genre de croyance. Rien que la monnaie, c’en est aussi une : si tout le monde arrête d’un coup de croire dans notre système bancaire, par exemple, ou dans la valeur d’un billet (qui reste un bout de papier sans grand intérêt, à la base) toute l’économie peut s’effondrer car elle est fondée sur la confiance et la croyance. Et on peut dire la même chose d’à peu près tout ce qui fait fonctionner nos vies. Du coup, oui, je crois qu’au mieux, on peut juste changer une croyance par une autre.

        Personnellement, je préfère quand même croire qu’aller manifester et me bouger un peu changera les choses, plutôt que de me résigner à juste voter pour me donner bonne conscience, ou à aller à la messe pour préparer un passage vers un monde meilleur. 😀

  9. NRS (@Nico_RS_)

    25 janvier 2017 at 14 02 05 01051

    Très bon article à l’adresse des votant-e-s par habitude, qui à l’intérêt non négligeable de démonter les arguments les plus stupides et fréquemment entendus ! Quand bien même je pense voter aux présidentielles, le choix de l’abstention me tance également, et c’est frustrant de devoir réexpliquer les mêmes choses à chaque fois que l’on fait connaitre cette décision personnelle…

    Par contre, je tique sur le point concernant démocratie participative et démocratie représentative, tant l’usage fréquent qui en est fait est un dévoiement du sens des mots.

    Qualifier de participative une démocratie est un authentique contresens sémantique. Qu’est-ce qu’une démocratie non-participative sinon un régime autoritaire qui cache sa nature ? Une définition de la démocratie, que je trouve très juste et éclairante sur ce que doit être un régime démocratique, met tout de suite la contradiction à jour :

    «Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage». Paul Ricoeur

    Partant de là, la démocratie est par définition participative (a minima, délibérative même). Certes, on pourra poser le terme démocratie participative comme entendant les initiatives politiques visant à décentraliser le pouvoir des mains des institutions étatiques notamment, quand bien même il s’agit d’une vision très peu ambitieuse de la démocratie qui transparaît dans ce terme malgré tout. Notamment en ce qu’elles dépendent de la bonne volonté de l’Etat, qui aujourd’hui n’est pas (en France en tout cas) démocratique. Car non, un régime monarchique, même dans lequel le roi est élu, n’est pas démocratique.

    En résumé, qui se revendique en faveur de la démocratie participative est soit un démagogue n’ayant pas l’intention de satisfaire les personnes qui le croient, soit doit admettre que nous ne vivons pas en régime démocratique.

    Deuxième point, dans la même veine : tu te prononces contre le rejet de la démocratie représentative, sous-entendu si je comprends bien de la démocratie représentative de la Vème République, soit une démocratie (sic) qui base sa représentativité (re-sic) des positions politiques des citoyens sur un système électoral. Et j’ai l’impression (de ce que j’en déduis de ton texte) que ton rejet porte plutôt sur le système électoral, qui incite systématiquement ceux qui s’y prêtent au jeu des promesses non tenues et des postures afin de décrocher le vote des électeur-rice-s.

    La démocratie représentative (entendue en opposition à une démocratie absolue, dans laquelle la décision politique, à tout niveau, repose en permanence sur la décision collective des citoyens concernés) semble être la seule forme de démocratie légitime s’il doit exister des institutions intermédiaires permettant la prise de décision. Et vu que nous sommes encore très loin d’une démocratie absolue (à l’échelle des nations), des institutions représentatives sont nécessaires, mais leur représentativité, au lieu d’être d’opinions comme aujourd’hui, peut être sociologique via le tirage au sort de grands groupes de citoyens. Ou basée sur d’autres éléments que je n’arrive pas à concevoir.

    Bref, la démocratie représentative est un champ de possibilités immense, et les formes de pouvoir ayant cours dans le monde ne nous ont permis de n’en explorer qu’une faible proportion. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de jeter l’ensemble du concept car nous vivons sous l’emprise de sa pire déclinaison, au risque de perdre de vue que les possibilités d’un meilleur régime politique existent, et qu’elles valent le coup d’être défendues.

    A moins d’être anarchiste, évidemment, mais je doute de la pertinence d’ouvrir un débat sur la possibilité d’existence d’un régime politique anarchiste dans ce fil de commentaires. A la propriétaire des lieux de lancer la discussion si elle le souhaite.

    Tout ça pour insister sur l’importance d’utiliser des mots adéquats, et de ne pas faire usage d’une grammaire dévoyée au service d’intérêts politiques bien discutables (il suffit de regarder qui sont les promoteurs du concept de démocratie participative dans la sphère électorale pour comprendre l’intérêt de détourner cette expression de son sens).

    1. Buffy Mars

      25 janvier 2017 at 14 02 10 01101

      merci Nico mais me parler de pb de sémantique alors que j’ai quand même fait un mémoire où je reviens sur les termes de démocratie participative comme si je confondais des trucs dans mes propos, ça me fait rire jaune.

  10. hybou

    25 janvier 2017 at 15 03 06 01061

    Bonjour, merci pour cet article intéressant.
    Je ne comprends pas très bien quel est le modèle que tu revendiques : ta démocratie participative s’articule autour de quel genre d’institutions, comment elle fonctionne à grande échelle?

    Y a-t-il un/des décisionnaires, pas de décisionnaire? Centralise-t-on les actions que l’on veut entreprendre en commun?

    Comment on gère les personnes qui sabotent les efforts des autres? Comment on coordonne les efforts communs? Comment on définit une ligne politique générale (politique sociale, diplomatie, etc.)?

    Bref, après la Ve République, qu’est-ce que tu proposes, et comment ça marche?

    Merci et bon courage pour la suite (de ton blog, de tes actions, de ta vie, de tout)!

  11. Zanon

    25 janvier 2017 at 23 11 21 01211

    Merci Buffy pour cet article !
    Je viens de te découvrir via un pote qui l’a partagé sur FB et j’en suis ravi. Je pourrais développer les raisons pour lesquelles le contenu de cet article ressemble à ce que je pense du droit de vote, de l’abstentionnisme, des partis politiques et du système, mais ce serait te paraphraser. J’ai moi aussi déjà entendu ces soi-disants arguments anti-abstentionnistes et reconnu ma pensée dans plusieurs de tes contre-arguments. Donc bravo et continue.

  12. Tonin

    25 janvier 2017 at 23 11 29 01291

    Bel article.
    Je suis effectivement d’accord sur le principe de ne pas vouloir donner trop de légitimité aux candidats via le vote blanc (dont je suis pour la prise en compte) ou l’abstention, qui reviennent aujourd’hui au même. Une élection avec 90% ou plus de participation serait en effet inquiétante quand aux idées de la population…

    Je suis plus sceptique en revanche sur l’idée d’une démocratie participative. Autant à échelle locale, sur des populations homogènes, cela devrait fonctionner. Autant en brassant tout un pays, sur des questions concernant les intérêts communs d’une population très hétérogène (santé, justice, relations internationales…), cela me semble beaucoup plus complexe, non seulement à mettre en œuvre mais aussi pour parvenir à des décisions.
    Le système représentatif actuel, certes imparfait, me semble malgré tout plus à même de faire fonctionner un pays.
    Mais je vais attendre tes prochains articles sur le sujet. 😉

  13. Eric

    25 janvier 2017 at 23 11 33 01331

    Merci pour l’article !
    Par contre il y a un truc que je me demande : on m’a appris le point 2 (“L’argument culpabilisant : Si tu ne votes pas, tu fais le jeu du FN”) au collège (en 2002-2004) en cours d’éducation civique. Je suis le seul dans ce cas-là ou il y en a d’autres ?

  14. Nassim

    26 janvier 2017 at 19 07 54 01541

    Je ne comprends pas non plus pourquoi le vote blanc n’est toujours pas comptabilisé (enfin si, je me doute bien que c’est pour éviter des résultats embarrassants) et pour le coup c’est effectivement l’argument que j’aurais eu tendance à sortir; pour moi le vote blanc ça devrait, s’il était reconnu, un moyen d’exprimer l’opinion que oui on a un intérêt politique mais qu’aucune des offres présente ne nous satisfait, mais effectivement je n’avais pas considéré le point que ça ne laissait pas de place à une reconsidération du système en soit. Le problème que j’y vois c’est qu’à mon avis l’abstentionnisme sera rarement analysée par la majorité comme quelque chose avec une multitude de raisons mais comme un simple désintérêt de la politique ou au pire rejet des candidats en présence.

    Mais du coup, tu voterais pour un candidat qui propose une démocratie participative et une remise en question du système actuel ? Un système souvent, ça se change mieux de l’intérieur.

  15. Falber

    27 janvier 2017 at 22 10 48 01481

    Salut, question aux abstentionnistes français. Vous pensez que vous voteriez si vous étiez dans une démocratie participative comme en suisse où on peut voter (pour quelque truc )directement ?

  16. Ablia

    28 janvier 2017 at 16 04 39 01391

    Salut,
    merci pour ce poste éclairant. J’avoue m’être pas mal prise la tête avec des abstentionnistes, mais tes explications me semblent tout à fait recevables et, avec cette vision des choses, je dirais que c’est tout à fait normal que tu n’ailles pas voter.
    Ce qui m’énerve, ce sont les abstentionnistes flemmards. Ceux qui n’ont pas réfléchit à la chose deux minutes et se cachent derrière l’argument “de toute façon ils sont tous pareils” pour ne pas se lever de leur canapé le dimanche, et qui parfois en plus se foutent de toi parce que tu vas voter, pauvre mouton de la société, alors qu’ils n’ont jamais lu le programme d’un seul candidat. ça, oui, ça me met en rogne.
    Mais un abstentionnisme justifié, militantisme comme le tiens, là je dit d’accord. Ok. Je ne deviendrais pas abstentionniste pour autant, parce que j’ai encore de l’espoir envers certains candidats (comme d’autres, pour la 6ème république), mais qui sait, un jour peut-être.

  17. clarabel

    31 janvier 2017 at 8 08 31 01311

    J’avais marqué cet article dès sa sortie mais retardé sa lecture craignant qu’il n’ébranle trop mes représentations relatives au vote. C’était une erreur : non pas que l’article manque de force ou d’argument, mais mes convictions quant au vote sont en vérité bien troubles depuis un long moment.
    Cependant j’applique mon abstention différemment : à chaque scrutin ou vote durant lequel je ne souhaite apporter ma voix à aucun candidat. Je pose à chaque fois la question : Irai-je voter dimanche ? et je réponds souvent non. Non au vote du moins pire.
    Je suis donc dans une posture très différente de la tienne. Et dans mon cas, il me paraît nécessaire d’être inscrit sur les listes électorales. Je ne serais pas cohérent de m’abstenir à l’avance, sans connaître les candidats, à tous les scrutins de l’année à venir.
    Est-ce que je peux demander si tu es inscrite sur les listes (si ce n’est pas indiscret comme question) ?
    Quelle valeur cela a selon toi d’être, ou ne pas être, inscrit•e sur les listes électorales ?

  18. carlos

    9 février 2017 at 12 12 22 02222

    J’ai trouvé ton article frais et intéressant.
    Mais je crois, su je peux me permettre, qu’il y manque peut-être un “argument anti-abstentionniste”… j’imagine simplement parce qu’il ne s’applique pas toi (au vu de l’article):

    – La perte de ta “voix” (ou tu le traduiras comme tu le sentiras).

    Pas au sens politique du terme mais au sens ou tous les abstentionnistes sont mis dans le même sac par ceux qui en parlent! Ils finiraient par presque formés à eux tous une nouvelle Catégorie socio-professionnelle !
    Or, il y a fort à parier qu’on trouvera beaucoup plus de raisons à l’abstention, comme celles que tu exposes toi-même, que les quelques unes hâtivement “synthétisées” par… euh…. “ceux qui savent” (les médias trouvent souvent des spécialistes/experts en tout).

    Peut-être oubliera t’on aussi que certains sont abstentionnistes un jour, mais pas le lendemain… Probablement y a-t’il autant de raisons à l’être d’ailleurs qu’il y a d’abstentionnistes… mais on préfèrera, par confort j’imagine, “globaliser” le phénomène et éviter de s’intéresser à l’analyse (du coup plus que difficile) du “sens” qu’il faut lui donner! Exercice auquel tu t’es livrée en expliquant le choix qui était le tien…. mais qui se perdra dans les méandres des statistiques consciencieusement travaillées à l’issue des scrutins.

    L’abstentionnisme est-il un “non-vote revendicatif” et contestataire ? Marque-t’il un désintérêt ou un dégoût total des gens, pour la politique ? Eclaire-t’il d’un jour nouveau l’idée que “la masse”, livrée à elle-même, est incapable de vivre l’exercice du pouvoir démocratique et qu’il lui faut absolument un guide suprême?

    Le problème avec l’abstention, c’est qu’on lui fait dire à peu près ce qu’on veut et que la version qu’on en retiendra sera celle de celui qui aura la meilleure tribune. Pour celui qui se fout que certains lui prêtent telle ou telle intention ça n’est pas grave… mais pour celui qui souhaite faire de son “abstention” un “objet de contestation”, ça se complique parce qu’au final, les “chiffres” en eux-mêmes ne parlent pas! Ainsi les chiffres de l’abstention ne font pas exception! Il faudrait donc autant de tribunes comme la tienne pour rétablir la réalité de sa diversité!

    Le vote blanc par contre, qui peut-être perçu comme tout aussi inutile que l’abstention par une majorité de gens, ne peut pas être analysé, dans un contexte où le vote n’est pas obligatoire, autrement que comme un vote “contestataire”. Reste que si la “contestation” sera celle que chacun choisira (même la plus paradoxale qui voit dans l’acte de voter, la fin de la vraie citoyenneté), elle ne pourra pas être dénaturée quelque soient les motivations du commentateur… Une “contestation” reste en effet “une contestation”! Ce que l’abstentionnisme ne porte pas de façon si évidente en lui-même…

    Merci en tous cas. J’ai bien aimé!

  19. Marine Bu

    27 février 2017 at 12 12 32 02322

    Merci. Juste merci. Je pense tout de même qu’il s’agit aussi peut-être un peu (juste un peu) d’une question de personnes : si les sphères politiques étaient moins verrouillées et conditionnées, peut-être que des personnes comme toi (et comme beaucoup d’autres qui se soucient véritablement de l’avenir de leur pays) y parviendraient tout en restant intègres. Et déjà, le système reprendrait un nouveau souffle (ou en tout cas, ils figureraient comme investigateurs du changement, le vrai). Encore un super article, toujours un plaisir de te lire !

  20. chatpensant

    4 mars 2017 at 13 01 35 03353

    c’est pour cela qu’il faut redéfinir ce qu’est la démocratie car le vote en est une déclinaison. Ce qui était valable il y a 200 ans ne l’est plus …

  21. Liens – version de la lisibilité :P – CamEpicenes

    6 avril 2017 at 18 06 08 04084

    […] FRStAu Changer de système, LA lutte? FRSt J’ai pas voté – documentaire hyper bien construit FR Répondre aux arguments classiques des gens qui aiment pas l’abstention […]

  22. BUFFY MARS - Vos partis ne servent à rien (mais nous emmerdent bien)

    21 avril 2017 at 10 10 33 04334

    […] y a plusieurs semaines de ça, je postais cet article où j’expliquais que je ne votais pas (et non pas par dépit mais bien par choix politique). Et si on continuait sur ce sujet ? […]

  23. Aurélie

    23 avril 2017 at 12 12 08 04084

    Bonjour,
    Merci pour ce post éclairant, qui me permet de comprendre pourquoi certaines personnes ne veulent pas voter. Pour moi, voter reste important mais j’accepte (encore heureux) que les autres aient une opinion différente. Je te rejoins sur le fait que le système dans lequel nous vivons est absurde comme tu le dis et j’aimerais moi aussi voir les choses changer. Je me demande alors comment tu envisagerais ce changement, de quelle façon tu voudrais que ça change et surtout quelle sorte de démocratie tu voudrais ?

    1. Buffy Mars

      25 avril 2017 at 10 10 46 04464

      dans un prochain article, j’en parlerai 🙂

  24. Anonyme

    1 mai 2017 at 11 11 18 05185

    J’avoue que je suis revenu lire plusieurs fois cet article au cours de cette dernière semaine. Sur les réseaux, dans les médias tout le monde y va de sa petite analyse politique à deux balles sur l’abstentionnisme et ça me rend dingue, en ce moment c’est la Une de Charlie Hebdo que je vois partout (en même temps, Charlie Hebdo quoi, je ne devrais même plus être surprise, c’est pas comme si c’était une publication de qualitey).
    Je peux comprendre que certaines personnes ne comprennent pas / ne sont pas d’accord avec la démarche abstentionniste, mais ce serait cool qu’ils développent leurs réflexions et s’appuient sur de vrais arguments. Ils n’hésitent pas à faire passer les abstentionnistes pour des fainéants / des idiots, alors qu’eux même ont un discours niveau 0, qui n’analyse rien et n’apporte rien au débat. Je les trouve tellement malhonnêtes, c’est si facile de les pointer du doigt et de mettre la faute sur eux au lieu d’essayer de comprendre cette démarche et surtout de mettre notre fonctionnement politique un minimum en question.
    Bref, j’ai conscience que cet article n’apporte rien au débat, en gros je viens juste pour dire “je suis tellement d’accord avec ton article” xD , mais c’est surtout qu’en ce moment, dès que je sens que je vais me taper la tête contre un mur je viens le relire!

  25. Un engagement politique sur Internet ? 3/3 – Internet nouveau support du politique

    28 novembre 2017 at 22 10 14 111411

    […] la prise de parole individuelle, mais politique, qui peut trouver une place sur internet : https://www.toutestpolitique.fr/2017/01/25/pourquoi-je-ne-vote-pas-et-pourquoi-vos-arguments-anti-ab… Ainsi internet semble-t-il offrir aux internautes un espace d’expression où chacun-e peut faire […]

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