J'ai voulu tester OK Cupid pendant 1 mois. J'y suis restée 3 jours.

Il y a de ça quelques mois, j’ai fièrement annoncé sur Twitter que je testerai prochainement l’application de dating “OK Cupid” pour en faire un article sur le blog. J’avais déjà tout en tête et bien prévu mon angle (les comportements sexistes vécus au quotidien quand on est une femme sur une appli de dating) avec un joli petit tableau Excel prêt à recevoir toutes les informations collectées par mes soins. Les mois se sont écoulés et mes obligations professionnelle et estudiantines ont pris le dessus et j’ai dû laisser ce beau projet de côté. Mais, la fin de l’année scolaire est arrivée, j’ai rendu mes derniers travaux universitaires et j’ai réalisé qu’il était désormais temps de mettre ce super projet à exécution. Ce que j’ai fait.

J’ai finalement tenu 3 jours. 

Note : mon but n’est pas de ne plus vous faire utiliser OK Cupid mais de faire en sorte que vous l’utilisiez au mieux, hein, je précise.

Pourtant tout avait plutôt bien commencé. Je n’avais pas voulu choisir Tinder ou Happn,  deux applis phares dont on me parle régulièrement car j’ai déjà lu je ne sais combien de témoignages à ce sujet. Pour le coup, j’ai eu l’impression qu’OK Cupid n’était connu et populaire que dans certaines “sphères” et que chacun essayait de faire en sorte de ne pas la rendre trop “mainstream” pour rester entre eux. C’est toujours le sentiment que j’ai quand on me parle de cette appli alors qu’en réalité, c’est peut-être simplement une image sur laquelle l’appli essaie de surfer car son fonctionnement n’est pas si atypique que ça.

J’avais toujours entendu du positif d’OKC, je l’avais moi-même souvent conseillé à des ami.e.s célibataires et l’an dernier, par curiosité, je l’avais testé 15 petites minutes pour voir ce que ça donnait. Autrement dit, pas suffisamment pour m’en faire un véritable avis. J’avais même entendu parler de l’article de Madmoizelle à ce sujet qui me confortait dans mon choix. Cette fois-ci, donc, j’ai décidé de m’atteler à la tâche un peu plus sérieusement. Je devais m’inscrire le premier juillet mais cela tombait un samedi et je sais très bien comment les mecs peuvent être un samedi soir. Ne voulant pas spécialement partir sur une mauvaise impression dès le départ (quand je vous dis que j’ai fait des efforts), j’ai décidé de m’y inscrire dès le lundi, c’est-à-dire le 03 juillet.

1 heure après mon inscription, je savais déjà que je n’y resterai pas plus d’une semaine. 

2 heures après mon inscription, j’ai décidé de ne répondre aux mecs que 3 jours grand maximum.

Le principe d’OK Cupid n’est pas bien compliqué : on s’inscrit, on remplit un profil, on met une (ou plusieurs) photo(s), on remplit un questionnaire ultra précis permettant de savoir nos goûts/nos convictions/notre vision du monde, ce qu’on recherche à ce niveau-là chez l’autre (et l’importance qu’on confère à chacune de ces réponses) et on laisse l’algorithme agir. L’appli nous sort alors un certain nombre de mecs (je parle de mon expérience en tant que meuf hétéro) avec qui on “match” le plus et qu’on peut là encore filtrer sur pleins de critères (âge, lieu géographique, critères physiques etc) pour affiner son choix. On peut visiter les profils, les liker, envoyer des messages et faire un peu comme Tinder : faire défiler les profils, dire ceux qui nous plaisent ou non et voir si ça “match” de façon réciproque (ou non).

En gros, tout est (plutôt) fait en sorte pour vous faire rencontrer des personnes qui sont en phase avec votre personnalité, vos convictions, et qui sont susceptibles de vous plaire physiquement. A ce niveau-là, on ne peut rien reprocher aux créateurs/trices : c’est très bien fait et j’ai été impressionnée de voir des mecs qui semblaient (aux premiers abords) aussi proches de mes aspirations et de mes centres d’intérêt.

Bref, que vous cherchiez un partenaire pour la vie ou pour rester brièvement dans votre lit, le choix est vaste et peut sûrement se trouver.

Sûrement. Car, comme d’habitude, le problème ne vient pas foncièrement de l’appli mais plutôt de l’usage qui en est fait. Alors, oui oui, c’est bon, vos remarques je les entends:

“Une appli de dating, c’est fait pour créer des rencontres, tu t’attendais à quoi? HEIN?”

“Oh ça va, ça doit être flatteur de se faire autant draguer !”

3 jours après, plusieurs centaines de visites sur mon profil, de likes, quasiment 100 conversations différentes initiées par les hommes (à chaque fois), il faut bien le dire : non, ce n’est pas normal et en aucun cas flatteur. Car même si les applis de dating reprennent souvent des logiques qui rappellent les étalages du marché et nos logiques de consommation,  foncer tête baissée avec une telle logique d’utilisation de l’appli fait que cela va logiquement foirer à tous les coups.

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Je n’ai jamais eu d’avis négatif sur les applis de dating, je ne juge pas les gens qui se rencontrent grâce à ça ni les couples qui se sont formés grâce à ça. Pour moi, cela n’enlève pas l’authenticité d’un couple et je trouve ce genre de pratiques logique en 2016. En réalité, la plupart de mes relations se sont formées grâce à des dispositifs du Web, c’est notamment grâce aux réseaux sociaux que j’ai pu me rapprocher, parler, écrire, dévoiler mes sentiments auprès de garçons qui me plaisaient. Avant de m’inscrire sur OKC, je voyais donc ces applis de dating d’une manière quasiment similaire. C’était oublié que sur un réseau social lambda, la spontanéité reste clairement plus présente et où hormis quelques lourdingues, personne n’est là dans le but premier de draguer. Sur une appli de dating,  on est là pour ça : se draguer, se voir, et peut-être coucher/sortir ensemble. Bref, l’envie de séduire et de faire du rentre-dedans est déjà clairement plus explicite.

Je suis célibataire,  je suis une grande fille et je ne suis pas non plus naïve : bref, je savais à quoi m’attendre. 

Alors justement, qu’est-ce qui a pu me déranger dans une telle application de dating ? 

 

Et bien je ne m’y suis absolument pas sentie à l’aise. OK Cupid laisse notre messagerie ouverte. Je me suis donc retrouvée deux minutes à peine après mon arrivée avec une flopée de messages de mecs. Je n’avais encore rien fourni sur moi hormis mon genre, mon âge, ma zone géographique, le fait d’être attirée par les hommes et ma photo. Et cela a continué encore et encore durant toute la soirée. Des mecs qui ne s’intéressaient pas spécialement au fait de savoir si on avait grand chose en commun (first news : il suffit de voir à combien de % on match, ça prend 2 secondes), s’ils rentraient dans les critères des hommes qui me plaisaient ou non.

Non, peu importe tout ça, il fallait être le premier à se jeter sur moi, la petite nouvelle. 

Parce que là est toute la différence entre la manière dont un mec vit cette appli et une fille (et ne vous inquiétez pas, BEAUCOUP de mecs m’ont raconté leur vécu sur cette appli) : eux, en arrivant, ont le temps de préparer leur profil, de comprendre comment fonctionne l’application, de s’y aventurer un peu et de la découvrir tranquilou. Nous, à peine avons-nous créé notre profil et glissé dans la catégorie “News” que c’est la foire à la saucisse.

Si, au bout de quelques heures j’ai décidé de me transformer en troll et d’apostropher tous les mecs qui se permettaient des tentatives d’approches plus ou moins foireuses, c’est que concrètement, hormis prendre ça à la rigolade, je ne voyais pas comment faire autrement. Parce que sur le coup, je me suis sentie fautive : j’avais décidé de venir sur cette appli, une appli de dating, j’étais donc un peu coupable, non? (Réponse : non). Si je ne voulais pas me faire emmerder par une flopée de messages, j’avais qu’à pas m’y inscrire et puis c’est tout, non? (toujours non)

Le fait est que même sur une appli de dating, je réalise que les mécanismes de domination ne changent pas tellement. Quand on parle du harcèlement de rue j’entends pleins de mecs chouiner et dire “oui mais les filles font jamais le premier pas hein !!”. Cet argument est totalement hors de propos pour se défendre de venir faire chier une nana qui marche dehors et n’ayant rien demandé à personne mais ce constat est vrai : depuis que nous sommes petites, on nous apprend à rester “passive”, là où l’homme lui, est toujours dans une position active.

Je ne cesse de répéter à ces garçons que s’ils veulent des femmes plus “actives” en termes de séduction, il serait grand temps de comprendre que l’espace “mixte” ne peut pas être plus élargi qu’il ne l’est déjà et qu’il faut nous laisser de l’espace. Et cette appli a, selon moi, exactement pointé du doigt ce problème: comment voulez-vous qu’une femme aborde / fasse le premier pas / choisisse qui lui plaît si en une soirée, près de 30 mecs viennent l’interpeller, monopolisent l’espace et la parole et l’empêchent de découvrir une appli tranquilou, sereinement, comme les hommes peuvent le faire de leur côté quand ils s’inscrivent sur une appli?

Après 24 heures à balancer des petites piques par-ci par-là, même le fait de troller les mecs les plus prétentieux n’a pas tellement réussi à me réconforter… et j’ai simplement commencé à fixer heure par heure ma messagerie d’un air morne, en me demandant ce que je foutais là et si tout ça avait un sens.

Ce qui m’a sûrement le plus refroidi, c’est que je me suis réellement sentie en insécuritéême pas 12 heures après l’installation de l’application, alors que j’étais dans le métro, un mec est venu m’aborder pour me “draguer” (me faire chier serait plus adéquat). Je n’ai, sur le moment, pas vu le rapprochement avec OKC et c’est au bout de quelques heures que j’ai compris. Il venait de checker son smartphone et s’était immédiatement dirigé vers moi. Il a commencé à me poser plusieurs questions, et notamment à me demander si j’étais russe, en insistant plusieurs fois quand je lui répondais par la négative.

Le truc c’est que sur OKC, j’ai utilisé un pseudo tiré d’un ouvrage russe que j’aime beaucoup ; plusieurs mecs qui n’ont pas compris la référence m’ont demandé si j’étais russe. Et j’ai également appris que sur OKC, il était possible de trouver des personnes proches de nous géographiquement via notre smartphone via la géolocalisation.

Autant dire que je suis sincèrement en train de me demander si ce mec ne m’a tout simplement pas vu sur OKC, reconnu dans le métro et décidé de venir me draguer puisque j’étais célib. Parce que c’est bien connu, comme je suis “disponible”, c’est une justification pour venir importuner dans l’espace public.

Et savoir qu’un mec profitait de cette appli pour repérer des petites meufs dans les transports à aller draguer, ça m’a quand même pas mal foutu mal à l’aise. “

Au final, donc, je n’ai pas aimé OK Cupid et je n’ai pas spécialement envie de faire plus d’efforts que ça pour y rester un peu plus longtemps. J’ai arrêté de répondre aux mecs les jours qui ont suivi ces 3 jours (ayant gardé l’appli active durant toute la durée de la rédaction de l’article) mais j’ai remarqué que dès que je me connectais dessus, on me sautait immédiatement dessus. Si je me sens pas franchement à l’aise dès le départ, pourquoi me forcer? Si des personnes s’y sentent bien et trouvent ce qu’elles désirent dessus, tant mieux. Moi, je commence surtout à comprendre pourquoi les filles décident de ne pas y rester forcément très longtemps quand on voit les mécanismes de drague sexiste poussés à leur maximum.

C’est exactement comme quand on explique qu’un homme qui vient aborder une nana dans la rue doit comprendre pourquoi c’est chiant : quand ça devient constant, fréquent et intempestif, c’est un système de harcèlement. Des tas de mecs sur cette appli n’insistaient pas spécialement pour que je vienne bavarder avec eux quand je ne leur répondais pas ou à demi-mots ou que je signifiais clairement ne pas en avoir envie. Mais parce qu’ils étaient dans une quasi-logique de chasse : “si elle veut pas, je verrai avec la suivante”.

Et pendant qu’ils continuent de guetter et de faire leur petit marché, je cherchais de mon côté comment fonctionnait l’option “bloquer” et s’il y avait moyen de se mettre en hors ligne quand on se connectait sur l’application. Deux poids, deux mesures, donc.

Et en vrai, ce n’est donc pas un problème propre à OKC mais à la plupart des applis de dating.

Mais je suis cool (lol) et comme je l’ai dit, il y a sans aucun doute moyen d’en tirer beaucoup de positif pour les utilisateurs et utilisatrices d’OKC et des applis de dating de manière générale. Et même si j’ai vu beaucoup de mecs se renfrogner sur les réseaux sociaux en me voyant épingler les différentes techniques de drague “nulles”/lourdes/chelous que j’ai pu subir, je pense qu’il est temps de mettre les point sur les -i ;).

Mes conseils valent également pour les femmes et personnes non-binaires qui cherchent à draguer sur OKC. Mais il est vrai que je vais me focaliser sur des “Do/Don’t” que j’ai essentiellement vu pratiqués par les hommes (cis et généralement het).

Comment utiliser efficacement une appli de dating par Buffy Mars ?

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(qui y est restée trois jours et se permet de donner des leçons)

  • La création du profil 

Tout d’abord, quand on s’inscrit, on commence forcément par faire un profil. Ce profil est vachement important puisque c’est à partir de ça qu’on va en apprendre plus sur vous et décider si vous êtes intéressant ou non. Concrètement, l’intérêt qu’on vous confère est relatif, ce qui plaira chez quelqu’un ne plaira peut-être pas à l’autre (d’où l’intérêt du match). Mais, il y a quand même moyen de se construire un profil plutôt propre et qui donnera déjà envie d’être lu (c’est un premier pas)

  • Le choix du pseudo

D’abord, il va falloir choisir un pseudo. Par sécurité, on peut éviter de mettre son nom de famille. Pour éviter le côté beauf, on peut aussi éviter de mettre des trucs genre “bogossdu77” ou “tite_louloutte_sexy”. Ah, et on peut aussi éviter de faire comme moi, une belle erreur de débutante. J’avais choisi mon pseudo par rapport au roman de Vladimir Nabokov, “Lolita” (ahem). Sur le coup, je ne me suis même pas dit qu’il pourrait sous-entendre des choses crades (ceux ayant lu le livre comprendront). Grosse gêne et énorme moment de solitude donc, quand j’ai vu quelques mecs me faire des sous-entendus graveleux (et assez écoeurants) dont j’aurai pu me passer.

  • Le choix de la photo

Vient ensuite votre photo de profil. Concrètement, il y a 2/3 trucs à se rappeler qui, selon moi, relèvent du bon sens (mais à voir le profil de certains, ce ne sont visiblement pas des évidences) :
– Votre photo principale ne doit montrer que vous. Si vous êtes 3 sur une photo, difficile de savoir qui vous êtes, hein.
– Choisissez une photo prise de jour, et si possible un selfie. C’est le plus simple.
– Bannissez les photos avec trop de filtres ou en noir et blanc. Ca n’améliore jamais une photo. Jamais. Rappelez vous juste de quelques trucs efficaces : faites un selfie qui s’arrête au-dessus de votre poitrine et va jusqu’à votre crâne, mettez l’écran bien droit mais de votre côté, inclinez légèrement la tête vers le bas (LEGEREMENT j’ai dit) et tournez-la (TOUJOURS LEGEREMENT) à gauche ou à droite (selon votre meilleur profil).
– Ensuite, vous pouvez éventuellement ajouter d’autres photos, qui seront les photos “secondaires” si vous intéressez la personne : une photo en pied, par exemple. Je suis du genre à dire qu’il faut bannir les photos prises dans le miroir à la salle de sport et les photos en costard (sauf si tu veux passer pour un mec de droite, ou un gars qui donne l’impression de postuler à un job, ou alors qui ne prend des photos qu’aux mariages de ses potes). Mais ça, ce ne sont que mes conseils futiles ;).

  • Rédiger votre profil

Vous savez ce qu’on dit “les blagues les plus courtes sont les meilleures”. Imprimez-vous ça dans le crâne, ce sera mieux que de se répéter en boucle “femme qui rit à moitié dans son lit” (=> NOPE). Faire une blague par-ci par-là c’est cool et sympa, une blague à chaque paragraphe/question, c’est déjà plus lourdingue. Pas besoin d’essayer de prouver quoi que ce soit, et surtout pas en termes d’humour, c’est un risque à se casser la gueule.

Pas besoin non plus de s’essayer à un pseudo style “travaillé” dans votre manière de vous décrire, ni de pondre des paragraphes de 20 lignes. Vous vous pensez intéressant ? Cool ! Alors gardez-en pour les discussions (et rendez-vous?) à venir. Employez un ton sobre mais efficace.

  • Et maintenant… aborder quelqu’un

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Parce que c’est bien sympa de créer son profil mais il est désormais temps de prendre contact avec les personnes présentes sur cette fameuse appli! Après avoir reçu la chaleureuse -lol- visite de près de 100 mecs, je pense qu’il y a quelques petits tips qui sont toujours bon à prendre pour que les échanges se passent dans la joie et dans la bonne humeur.

Règle n°1 : Je ne saute pas sur les personnes qui viennent de s’inscrire

Tu vois la petite catégorie “New” où tous les nouveaux profils s’affichent ? Et bah tu l’oublies. Tu l’oublies parce que pendant que tu t’empresses de nous envoyer un message pour être le premier à nous sauter dessus, il y en a 10 autres qui font la même chose. C’est chiant, c’est intrusif et stressant. En plus de ça, on ne sait plus où donner de la tête.  Tu noteras qu’on a fait plus malin pour pouvoir marquer les esprits d’une personne (ouais, débarquer en même temps que 10 autres gars, ça marche rarement).

Note: dans le même genre, certains moments de la semaine/de la journée sont carrément des heures de pointe où les mecs (puisque j’ai interagi avec eux, surtout) passent leur temps à envoyer des messages à la pelle : le samedi soir en fait partie. Si ton but est de rencontrer l’élue de ton coeur, avoue que c’est un peu balo de le faire à des heures “d’affluence” où se concentrer sur une seule conversation est ardue.

Règle n°2 : Le % de matching existe pour UNE FUCKING RAISON

Je ne compte plus le nombre de messages reçu où le mec me disait “ah on ne se ressemble pas trop dis-donc lol, discutons quand même !” Dans les faits, c’est très beau et très sympa mais si je choisis une appli pour essayer de trouver quelqu’un me correspondant un peu, c’est que je ne crois pas aux trucs du genre “les opposés s’attirent” (on a le droit hein, mais ce n’est pas mon cas).

L’appli propose aussi de matcher avec des individus. Si, une personne ne vous match pas, cela veut dire que vous ne l’intéressez pas, concrètement. Quel est donc l’intérêt de venir lui parler et d’en rajouter une couche ? Alors moi je sais hein, je les entends les “ne jamais dire jamais”, “qui ne tente rien n’a rien”. Stop. C’est intrusif. C’est lourd. C’est tout.

Règle n°3 : Tes fétiches, tu les garderas pour toi

Tu as le droit d’avoir tes propres fantasmes. Les fantasmes que tu veux. C’est ton droit, personne ne peut te juger sur ça. Par contre, les femmes n’ont pas à supporter tes petits délires quand elles n’y consentent pas. Tu veux trouver quelqu’un ayant les mêmes fantasmes que toi ? Chouette alors : lis sa bio, tu sauras ce que la personne recherche et si vous avez les mêmes kiffs.

Je suis sidérée par ces mecs qui débarquent pour nous parler directement de ce qu’ils aiment et de leurs petits fantasmes comme s’ils étaient obsédés par ça. En plus d’être ultra malsain et malaisant, c’est extrêmement désagréable d’avoir à lire ça. J’ai bien essayé d’éduquer un mec sur ce sujet et j’ai eu le droit à un déni le plus total “je demande juste si t’aimes les chaussures et les bottes, oh !”.

Move on.

Règle n°4 : Tu as le droit de ne vouloir que du cul.

Tu as le devoir de le demander dans le respect.

Le principal est de trouver un bon équilibre entre la franchise et le fait de se montrer vulgaire et déplacé. Avoir envie de sexe est quelque chose de normal, vous êtes un être humain, vous avez des envies, c’est cool, personne ne peut vous juger. Par contre, le fait de pouvoir être en chien, ne justifie en rien un comportement sale. Déjà, vous foirez votre coup tout seul (ah ben bravo) : en passant pour un mec obsédé et parfois à limite d’être un pervers, vous apparaissez surtout comme un gars dangereux. C’est franchement pas séduisant. Ensuite, checkez que la personne qui vous intéresse recherche bien du casual sex voire un coup d’un soir. Ca prend deux minutes, ça évite de perdre du temps et de faire chier des personnes qui n’ont peut-être absolument pas envie de se prendre vos messages réclamant du cul.

Passons justement à ce point là : les messages que vous envoyez. First news : ce n’est pas parce qu’une femme veut peut-être coucher sans qu’il n’y ait rien derrière que vous devez croire qu’elle accepte tout ce qui se passe. Non, vous n’êtes pas des playboys et elle aime également, tout comme vous, avoir le choix. Donc, arriver avec ses gros sabots en mode “salut, on baise” = ça ne marche pas. Vous n’avez pas la personne en face de vous pour percevoir si oui ou non une attirance mutuelle se créé. Or, même juste pour ken, avoir envie de l’autre, c’est quand même mieux (quand même). Donc, l’alchimie est désormais à créer. Oui, même quand on parle de cul, y a pas que le physique. On vous demande pas de faire la liste de tout ce que vous aimez au pieux, mais savoir s’il y a une certaine complicité avec l’interlocuteur/trice, c’est quand même pas mal et ça mange pas de pain.

Alors on se prend pas la tête, venez parler à la personne comme vous le feriez dans un bar. Discutez tranquilou et vous trouverez bien un moment pour lui demander si elle a envie de passer un chouette moment au lit. Et si vous n’arrivez pas à le savoir au bout des premières heures, c’est pas bien la mort. Ce truc de voir les interactions comme une course contre la montre ça donne l’impression que vous cherchez à battre un record au niveau de votre rapidité à trouver une partenaire sexuelle. C’est ridicule et pas très malin. Ah, et c’est pas la peine de nous balancer vos mythos de Don Juan pour essayer de choper de la nana. Vous pouvez dire que vous avez juste envie de sexe, ce serait bien d’arrêter de penser qu’on est conne ou incapable d’avoir des relations sans lendemain si on le souhaite. Bitch please. Enfin, cessez les messages copiés-collés que vous avez sûrement chopé grâce à je ne sais quel Pick Up Artist. Les messages mielleux du genre “salut, super tu es une femme libérée, je ne te juge pas, nous pouvons aller sexer dans la joie et la bonne humeur si ça te dit”, vous êtes des tas à les envoyer. Ca marche pas. Désolée. On vous repère à des kilomètres.

Règle n°5 : La première impression est souvent la bonne. Si si.

Le premier message est important puisque c’est celui qui engage la conversation. Autant dire qu’il faut faire ça bien. Pas besoin de se mettre la pression pour autant, soyez juste clair et concis. En gros, évitez les messages beaucoup trop longs. Avoir lu le profil de la personne : c’est chouette… Commenter chaque élément du profil de la personne : c’est pas chouette. Déjà parce que votre interlocuteur/trice ne saura pas par où commencer pour vous répondre et que vous ouvrez des tas de petites conversations en même temps qui vont faire perdre le fil. Focalisez-vous sur un sujet, pour commencer, le reste viendra. En plus, en mettant tout ce dont vous voulez parler d’un seul coup, vous vous fermez des portes et empêchez d’amener les sujets petit à petit.

Vous pouvez éventuellement (je vous le conseille d’ailleurs) éviter l’humour. Oui, c’est bien l’humour, oui. A petite dose, quand on sait ce qui fait rire l’autre. Je ne sais pas quel est ce truc de vouloir tout de suite caser des blagues pas drôles alors qu’elles tombent souvent à plat mais c’est dommage et peu naturel. Trouvez un juste milieu.

Enfin, vous pouvez également bannir toutes les petites remarques mesquines et sarcastiques dès le début. Je suis perplexe face aux tentatives d’approches de certains mecs, qui débarquent pour vous décocher quelques critiques déplacées sur votre physique ou se permettant de supposer vos défauts dès le début. Niveau positivité, on aura vu mieux. Et le pire, c’est que lorsqu’on fait preuve de répartie et qu’on leur décoche une bonne petite vanne, ils le prennent mal et se sentent offensés. Quel est le but alors? Flanquer des insécurités aux filles que vous approchez ?

J’ajouterai aussi que vous pouvez oublier toutes les remarques à connotation sexuelle quand une fille précise être bisexuelle, par exemple. Oui, oubliez-les. A jamais.

Règle n°6 : Si on ne te répond plus, c’est qu’il y a une raison. Et c’est pas grave. 

Parfois, ça arrive. On répond à vos messages et puis, bof, finalement non, on n’a pas envie. Je sais que du côté des mecs, le flot de messages reçu est moins important mais essayez tout de même de ne pas insister. Les personnes sur une appli de dating ne vous doivent rien. Parfois on discute, on sent le courant passer, parfois non, on le sent vraiment pas. C’est comme ça, ça arrive, inutile de harceler la personne pendant plusieurs jours. Franchement, c’est chiant.

Règle n°7 : Tu as vu une des meufs OKC dans la rue, dans le métro ? LAISSE LA TRANQUILLE

J’ai vraiment besoin de préciser la raison ? Fous la paix à cette fille. C’est pas parce qu’elle est sur une appli de dating que c’est open bar. Sérieux. Tu vas juste passer pour un bon gros creep. N’y pense même pas.

Voilà, c’est à peu près tout ce que j’avais à dire. Bon courage.
(allume son smartphone *désinstalle l’appli*)

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Je suis Buffy Mars et je suis la créatrice du blog "Tout est Politique" et de la chaîne Youtube du même nom. Féministe à tendance libertaire, j'ai ouvert ce blog afin de vous partager mon point de vue sur des sujets de société qui m'intéressent. Parfois via des articles de vulgarisation que j'essaie de sourcer au mieux (notamment grâce à mon intérêt croissant pour la sociologie) parfois via des billets d'humeur plus ou moins spontanés.
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Written by Buffy Mars
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