3 ans de minimalisme : bilan & réflexions

Plus le temps passe et plus je suis passée d’une approche « minimaliste » à une réelle quête de simplicité et d’optimisation. Vous allez me dire que tous ces termes se regroupent, et c’est plutôt (très) vrai. Le fait est que dans ma tête, lorsque j’ai commencé à songer au minimalisme, je voulais simplement réduire ma consommation pour aller à l’essentiel et surtout, arrêter d’être toujours dans le « trop ». J’étais essentiellement dans une démarche de détachement de tout ce qui a attrait au matériel. A côté de ça, je ne pensais pas forcément à un réel développement personnel. Oui, je sais, dis comme ça c’est très cliché mais c’est pourtant le cas : en libérant de l’espace « physiquement », on en libère dans son esprit. Et on peut le re-remplir par des choses qu’on va trouver bien plus utiles et concrètes.

Je réalise que des choses qui me semblaient incroyablement laborieuses auparavant, me semblent un jeu d’enfant. Moi qui ai galéré pendant des années à avoir une approche saine de mes dépenses, à comprendre qu’acquérir de nouvelles babioles ne me rendrait pas plus heureuse, j’arrive maintenant à aborder tout ça avec légèreté. Mon premier « vrai » blog (j’entends par là un blog avec un contenu intéressant et détaillé) portait sur la consommation de vêtements, certaines doivent s’en souvenir. Ca parlait production & consommation de masse, achats, le fait de vouloir se détacher des dernières tendances, éthique etc. C’était hyper enrichissant d’en apprendre plus sur moi, de réaliser à quel point j’achetais des choses que je ne porterai jamais pour combler un putain de mal-être et pour me changer les idées. J’ai passé un temps fou à m’interroger sur le principe de capsule wardrobe, c’est-à-dire le fait d’avoir un nombre restreint de vêtements qui vont ensemble pour n’importe quelle occasion et qui nous ressemblent à 100%.
Je n’ai jamais été lassée par ce sujet, je ne crois pas avoir trouvé la réponse ultime pour parvenir à avoir un dressing parfait et tout beau mais plus je me suis informée sur la question et plus j’ai appris sur moi, mes envies et mes goûts. Et surtout, plus j’ai eu de places pour des choses moins matérielles, plus j’en ai eu pour d’autres. Est-ce pour ça que j’ai commencé à écrire sur d’autres sujets sur mon blog? Que j’ai pu trouver le temps d’ouvrir une chaîne Youtube ? De faire de longues analyses sur des œuvres culturelles qui me sont chères ? N’était-ce pas ça le but, au final, de toute cette démarche ? Réussir à me recentrer sur des choses qui me semblaient plus importantes d’un point de vue intellectuel? Sans aucun doute. Pourtant, je reste une amoureuse invétérée de la mode, un formidable angle à la fois sociologique et culturel. Et surtout, j’écris encore sur des sujets qui sont étroitement liés au minimalisme : le fait d’apprendre à économiser, à s’organiser etc. J’ai pour ambition de développer ces catégories plus en détail en abordant même la déco, l’alimentation etc. Tout simplement parce que cette volonté d’une simplicité assumée se retrouve dans beaucoup d’autres éléments de mon quotidien… et que j’aime encourager les gens à s’interroger sur leur mode de vie actuel.
Je ne suis pas une gourou, hein. Je ne prétends pas avoir une vie parfaite et je n’ai aucunement envie de dicter à la lettre ce que les gens se doivent de faire. J’ai encore un rapport parfois malsain avec le temps, par exemple. Mes journées sont occupées par la fac ou par mon contrat en entreprise, j’ai beaucoup d’heures de transport chaque jour, énormément de devoirs laborieux (dernière année de master oblige) et à ça s’ajoute le sport que je fais plusieurs fois par semaine, le fait d’apprécier cuisiner tous mes déjeuners (ce qui prend toujours plus de temps que le surgelé et/ou commander), mon désir d’avoir une vie sociale (aussi bien aller boire un verre avec des ami-e-s que de me faire une expo), que je m’occupe d’un blog et d’une chaîne Youtube, que cela me demande un long travail de création qui commence par des recherches, de la lecture (…), que j’essaye de tenir régulièrement, que je travaille maintenant beaucoup sur On Vaut Mieux Que Ca… Ces dernières semaines, il y a eu des fois où j’ai enchaîné plusieurs nuits de 3 heures de sommeil. Non, ce n’est pas très sain, en effet.
Mais, je ne vais pas mentir, le jour où j’ai décidé d’arrêter d’acheter bêtement et sans réfléchir, ma vie s’est retrouvée considérablement améliorée et de bien des manières. Même si je dois apprendre à me mettre moins la pression, à revoir mes priorités (au lieu d’essayer de tout faire en même temps), j’ai l’impression d’être plus productive et utile. Ca semble complètement étrange vu comme ça, de se dire que c’est en décidant d’ouvrir un blog sur la mode pour apprendre à acheter moins que j’ai appris, au fil du temps, à me connaître, à m’assumer plus et à assumer mon vif intérêt pour la pop-culture, les séries, et toutes les réflexions que je me faisais autour. Et pourtant, c’est vrai. Et j’aimerai bien que les gens s’interrogent un peu plus sur leurs rapports avec tous les achats qu’ils font inutilement tous les mois pour voir un peu où ils en sont. Pas que dans leur vie mais aussi dans leur tête.
Je ne suis pas parfaite. Tout ce que j’achète n’est pas bio, made in France ou éthique. Déjà, je n’ai tout simplement pas les moyens. Et je grince beaucoup des dents quand j’entends des gens se mettre à avoir un discours libéral en expliquant qu’il s’agit simplement de volonté et d’économiser. Si la vie était aussi simple, cela ferait longtemps que les personnes en situation précaire auraient un style de vie plus sain… et ne seraient par conséquent pas précaires. Il suffit de lire quelques articles pour voir que les gens sont de plus intéressés par l’alimentation bio ou autres. Est-ce que ce serait bien que les gens y mettent un peu plus du leur pour se montrer plus écolo ? Oui. Effectivement, il y a une passivité dans nos attitudes, une profonde résignation qui est consternante. Mais qui s’explique par une société considérée en crise depuis 8 ans alors qu’un temps aussi long montre que plus qu’une crise, c’est un réel système politique assumé par le gouvernement. La surconsommation ne se retrouve pas que dans le fait d’acheter beaucoup par simple envie. C’est aussi le fait que toute la société (et nos salaires donc) sont modelés pour faire en sorte qu’on achète à bas prix, bas de gamme et pas forcément éthique. Les gens ont parfois d’autres priorités, d’autres soucis. Les gens n’ont pas autant le choix qu’on aimerait le faire croire (encore une idée bien libérale). Parfois j’aimerai qu’on prenne tout ça en compte quand on parle de minimalisme, de simplicité etc. Je ne dis pas que tous les minimalistes sont des riches ayant le luxe de pouvoir décider « d’acheter moins ». Je dis simplement que le minimalisme demande un certain travail sur soi et de réflexion et que tout le monde ne peut pas se le permettre.
Je pense qu’avant tout, chacun devrait faire comme il peut, avec les moyens qu’il a. Et ça, ce serait déjà très bien, et un grand pas.
Je suis Buffy Mars et je suis la créatrice du blog "Tout est Politique" et de la chaîne Youtube du même nom. Féministe à tendance libertaire, j'ai ouvert ce blog afin de vous partager mon point de vue sur des sujets de société qui m'intéressent. Parfois via des articles de vulgarisation que j'essaie de sourcer au mieux (notamment grâce à mon intérêt croissant pour la sociologie) parfois via des billets d'humeur plus ou moins spontanés.
Share:
Written by Buffy Mars
Je suis Buffy Mars et je suis la créatrice du blog "Tout est Politique" et de la chaîne Youtube du même nom. Féministe à tendance libertaire, j'ai ouvert ce blog afin de vous partager mon point de vue sur des sujets de société qui m'intéressent. Parfois via des articles de vulgarisation que j'essaie de sourcer au mieux (notamment grâce à mon intérêt croissant pour la sociologie) parfois via des billets d'humeur plus ou moins spontanés.