5 documentaires que j’aime beaucoup

Bon. J’aimerai vous écrire que j’espère que cette rubrique deviendra régulière mais en réalité, je n’en suis pas tellement sûre. Pour tout vous dire, je ne regarde pas suffisamment de reportages et de documentaires à mon goût… ce qui me désole, sachez-le ! Cependant, on ne peut pas être partout, n’est-ce pas ? Concernant les documentaires, je marche par petites périodes où, soudainement, l’envie d’en visionner se fait plus pressante que d’ordinaire. Voici donc 5 documentaires visionnés dernièrement (je mens, certains remontent déjà à cet été ! mais le temps passe si vite…) et que j’ai beaucoup aimés… pour des raisons totalement différentes (mais je vous explique lesquelles). Dans ce post, je vous partage soit le lien direct vers le documentaire si c’est possible soit le lien vers un trailer. A noter qu’il se peut qu’ils ne soient plus diffusés au bout d’un certain temps (par exemple, Arte peut les partager sur Youtube de manière limitée donc le lien peut s’avérer inactif au bout d’un moment).

Les bonnes conditions sur Arte

Les bonnes conditions fait partie de ce genre de documentaires dont on a toujours fantasmé l’idée sans se douter qu’un jour une journaliste le ferait. Pendant 13 ans (de leurs 17 à leurs 30 ans), Julie Gavras a suivi la vie de huit jeunes issus d’un milieu (très) favorisé afin de montrer comment ils reproduisent la trajectoire sociale de leur entourage. Le documentaire est assez fascinant à regarder : sans jugement ni moquerie, ils montrent les questionnements et les réflexions d’individus ayant conscience (ou non) de leurs privilèges et la manière dont leurs capitaux (sociaux, intellectuels et économiques) influent sur leur avenir. Très bien rythmé, très bien construit et très instructif, il me semble d’ailleurs une très bonne introduction à la pensée de Bourdieu (sur la reproduction sociale, la réussite scolaire, la culture légitime -entre autre-). J’avais déjà évoqué mon coup de coeur pour ce documentaire sur Instagram mais je réitère l’importance de le visionner.

Tu enfanteras dans la douleur sur Arte

J’apprécie énormément le travail d’Ovidie dont j’ai déjà visionné plusieurs documentaires (dont celui-ci qui fait sans nul doute partie de mes préférés ). J’ai mis un peu de temps à regarder celui-ci qui parle frontalement des violences obstétricales et et gynécologiques. Pour tout vous avouer : j’avais peur. J’avais déjà vu les témoignages filmés par Konbini à ce sujet et je les avais trouvés autant révoltants que choquants. Je suis beaucoup de militantes abordant ces sujets sur Twitter. Bref, je me considère comme au courant et éveillée à ces questions : je n’avais pas tellement envie d’en rajouter une couche. Sans surprise, son documentaire a reçu une vague de critiques positives et je me suis finalement laissée convaincre. Je ne vais pas vous mentir, le documentaire est dur : on est tout de même sur un sujet qui touche directement aux violences et au traumatisme que des femmes peuvent subir. Mais Ovidie parvient, malgré les témoignages et la réalité du terrain, a montré que derrière l’horreur et l’injustice, il y a des pistes sur lesquelles réfléchir qui apportent des réponses et un peu d’espoir. A voir, donc !

The return of Eugenia Cooney sur Youtube

Si vous regardez régulièrement des vidéos sur Youtube, le nom d’Eugenia Cooney vous sera familier. Sinon, il faut que je vous résume le sujet en question. Cette Youtubeuse américaine a longtemps été la cible d’un cyber-harcèlement sans fin, au prétexte qu’elle était visiblement anorexique mais ne l’avait jamais affirmé oralement. Pendant des années, des internautes se sont donc permis de l’insulter, de faire des vidéos à son sujet et de lancer des rumeurs absolument horribles la concernant ainsi que son entourage pour la simple raison qu’elle niait être malade (ou en tout cas, ne le verbalisait pas dans ses vidéos). Devenue une véritable source de divertissement, bon nombre d’internautes se cachaient derrière de soi-disant “bonnes intentions” pour se mêler de sa vie privée, expliquer à quel point son état de santé était inquiétant et élaborer une multitude d’hypothèses morbides. Il y a plusieurs mois, Eugenia Cooney avait disparu des radars et était restée inactive de longs mois sur Youtube et ce sans donner de nouvelles. Forcément, les rumeurs avaient repris de plus belle concernant sa santé (même s’il était effectivement légitime de s’inquiéter). La vidéo du Youtubeur Shane a donc créé le buzz lors de sa sortie cet été : car le vidéaste est allé à sa rencontre afin de savoir ce qu’elle était devenue, comment elle se portait et surtout… discuter. Connaître sa version des faits, son ressenti et sa vision sur ces dernières années en tant que Youtubeuse.

Pour tout vous avouer, même si je voyais qui était Eugenia Cooney, je ne savais pas qu’elle avait “disparu” pendant de longs mois. C’est donc grâce à ce documentaire que je l’ai appris et j’ai décidé de le regarder, intriguée par ce que ce fameux Youtubeur tenait à nous partager. J’avais très peur que ce soit trop voyeuriste ou alors un simple clickbait sans grand intérêt mais je dois avouer que le résultat final m’a impressionné et j’ai été profondément émue par Eugenia. La manière dont Shane est parvenu à la contacter et à trouver des informations utiles est assez intéressante (pour le côté “investigation”) mais c’est surtout la partie sur sa préparation concernant leur rencontre que j’ai trouvée très instructive (comment interviewer une personne anorexique, mentalement et émotionnellement fragile ?). Bien entendu, le face à face est aussi passionnant (c’est la raison pour laquelle on regarde le documentaire après tout) et j’ai été très touchée ainsi qu’heureuse de voir Eugenia Cooney parler de son parcours, de ses émotions avec certes beaucoup de pudeur et de timidité mais avec aussi (et surtout) une force et un courage indéniable. Je trouve que Shane se débrouille plutôt bien pour réussir à entamer la discussion sans la brusquer, il tisse une véritable relation et complicité qui est très émouvante. Bref, je vous le recommande vivement.

Knock Down the House sur Netflix

Si l’actualité (politique, notamment) américaine vous intéresse, ce documentaire est vraiment un must see. Il suit les campagnes politiques aux primaires de quatre démocrates dont les candidatures ont été portées par Justice Democrats et Brand New Congress (dont l’ambition était de mettre en avant de nouveaux candidats, ne venant pas du système politique traditionnel mais étant justement des gens ordinaires avec de vraies convictions). Forcément, l’une des candidates se démarque des autres dès le début puisqu’il s’agit de Alexandria Ocasio-Cortez, dont on connait déjà le parcours : elle a remporté haut la main ses élections et se fait depuis régulièrement remarquer pour ses prises de position fermes et engagées ainsi que sa ténacité et sa capacité à poser de vraies questions. Mais peu de monde connaissait la manière dont elle avait réussi à s’imposer dans cette arène politique, battant à plate couture un ancien élu démocrate millionnaire privilégié peu désireux de faire réellement bouger les choses. Le documentaire ne tourne pas qu’autour d’elle, voir les autres parcours des autres candidates est également intéressant (et le suspense est, pour le coup, au rendez-vous). Personnellement, je ne connaissais pas du tout ces comités d’action publiques qui ont notamment vu le jour lors de la campagne de Bernie Sanders en 2016 et c’est avec grand intérêt que j’ai aimé suivre leur stratégie durant tout le documentaire.

La Terre à plat sur Netflix

J’ai mis pas mal de temps à regarder ce documentaire. J’avais vu passer énormément de commentaires élogieux mais je ne pouvais m’empêcher de grimacer quand je voyais le sujet : pourquoi mettre en avant ces personnes aux discours malhonnêtes intellectuellement et aux arguments fallacieux ? Puis, un soir, je me suis laissée convaincre (à reculons, certes). Je ne vais pas vous mentir : j’ai pas mal cringé durant le visionnage et il m’a fallu serrer des dents à de multiples reprises tant ce que je regardais me sidérait. Cependant, il faut bien l’admettre : ce documentaire est absolument incroyable et mérite tous ses prix. Car en réalité, ce documentaire va plus loin que de simplement parler des platistes (même s’il est assez intéressant à ce niveau-là puisqu’on découvre comment leur intérêt pour le sujet s’est développé, les différentes croyances autour ainsi que les communautés qui y évoluent) pour discuter (cette fois-ci avec des scientifiques) de la manière dont on enseigne les sciences, comment les faits s’opposent aux croyances et quelles sont les pistes à envisager face à ces rhétoriques obscurantistes. Bref, un sujet qui semble à première vue la porte ouverte à beaucoup de click bait (la possibilité de tourner ces gens en ridicule est infinie) mais qui parvient à se montrer très sérieux et abouti. 😉

Avez-vous déjà vu certains de ces documentaires ?

Qu’en pensez-vous ?

Lesquels vous intéressent le plus ?

Avez-vous des documentaires à me conseiller ?

Je suis Sophie, et je suis la créatrice du blog "Tout est Politique" et de la chaîne Youtube du même nom. Féministe à tendance libertaire, j'ai ouvert ce blog afin de vous partager mon point de vue sur des sujets de société qui m'intéressent. Parfois via des articles de vulgarisation que j'essaie de sourcer au mieux (notamment grâce à mon intérêt croissant pour la sociologie).

2 commentaires

  1. Salut ! Merci pour cette super liste 😁
    Perso je te conseille vivement The act of killing de Joshua Oppenheimer, qui suit les bourreaux qui ont participé aux massacres de centaines de milliers de communistes en Indonésie dans les années 1960. Le point de vue du réal qui suit et fait parler ces anciens miliciens sans jugement de valeur et leur fait reproduire leurs actes de manière théâtralisée est d’une incroyable puissance. Aussi un film d’une esthétique juste bluffante, et qui permet en plus de découvrir la partie sombre de l’histoire d’un pays dont on parle très peu.

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