Osez… créer sur Internet (blog, chaîne Youtube…) : mes conseils

J’ai déjà reçu des mails de personnes m’expliquant qu’elles aimeraient bien « faire ce que je fais ». Par là, ces personnes sous entendaient le fait d’avoir un blog où transmettre les idées, ou même de se créer une chaîne Youtube pour partager leurs centres d’intérêts (ou autres). Ces personnes me disaient qu’elles n’osaient pas trop se lancer : peur du regard d’autrui, peur qu’on tombe sur leurs créations, qu’on se moque, qu’on les harcèle, peur de n’avoir aucun retour, de n’intéresser personne. C’est vrai que ça fait un peu peur tout ça, au fond. Et pourtant, à chaque fois je vous encourage à le faire ! A cette occasion, j’ai décidé de faire un point sur tout ce qui peut vous décourager mais qu’il est facile de surmonter, une fois qu’on se lance.

1. « Je ne sais pas par où commencer »

D’abord, sachez que vous n’êtes pas obligé.e de tout faire ! Par exemple, avez-vous forcément un compte Instagram/Pinterest/Twitter/Facebook/Tumblr ? Vous en servez-vous de la même manière et la même fréquence ? Pas forcément (et pourtant je suis moi-même sur les 5). Quand il s’agit de créer un blog ou une chaîne Youtube, c’est la même chose : faîtes en fonction de votre envie, de ce que vous jugez utile et non pas par « obligation ».

Je suis bien plus à l’aise à l’écrit. J’adore l’écriture. A choisir entre mon blog et ma chaîne, je choisis indubitablement mon blog. Si j’ai une chaîne Youtube c’est par simple envie d’utiliser un support différent pour certains sujets, afin de sortir un peu de ma zone de confort. Mais j’ai décidé de sortir de cette zone de confort quasiment 10 ans après « mes débuts dans la blogosphère » (j’ai eu mon premier blog à 13 ans, un bidule tout naze signé Skyblog comme beaucoup, j’en ai désormais 23 et j’ai commencé les vidéos à 21 ans et des poussières).

Forcément, j’avais fait un peu le tour (enfin, c’est ce que je pensais) et j’avais envie de me lancer un nouveau défi. Mais se mettre des challenges hyper élevés dès le début, c’est une manière simple (et efficace) de se laisser submerger et de tout abandonner. C’est super d’être très très motivé.e mais la motivation soudaine a tendance à vite retomber : il faut apprendre à la canaliser !

Mon credo : y aller par étapes ! Priorisez vos envies et commencez par ce qui vous motive le plus, ce que vous désirez faire depuis longtemps ! Le reste suivra au fur et à mesure.

2. « J’ai envie que tout soit parfait dès le début, donc ça me stresse et je ne fais rien »

Qui n’a pas déjà ressenti ça ? Seulement, il faut apprendre à se détacher de ce besoin permanent de perfectionnisme… sinon on ne fait rien ! Non, tout ne sera pas parfait dès le début. Il y a deux écoles : commencer un peu à l’arrache et essayer d’améliorer les choses au fur et à mesure (j’en fais partie) et essayer d’avoir quelque chose d’impeccable dès le début… en sachant qu’avec le temps, vous trouverez ça moins bien.

Mais les deux se valent puisqu’avec les deux, vous en arrivez à la même conclusion : vous allez progresser et ce qui vous semblait « bien » sera de l’histoire ancienne. Au fond, cela devrait vous rassurer, c’est la preuve que vous vous améliorez.

Je continue d’apprendre encore et encore. Ce que je fais est loin d’être parfait autant sur le fond que sur la forme. D’ailleurs, j’ai une nette tendance à facilement supprimer des longues journées de travail d’un seul coup quand ce que je trouve me semble médiocre . En grandissant, j’ai appris à me donner un peu d’indulgence.

C’est pas la mort, au contraire ! C’est super chouette de voir comment on s’améliore et le chemin parcouru. 😉 Mais le problème d’espérer arriver à un résultat “impeccable” du premier coup, c’est que vous allez vite déchanter… et facilement trouver ce que vous faîtes assez médiocre même pas deux semaines après… Parce que si vous vous y mettez à fond, vous allez rapidement faire des progrès et avoir un regard critique sur votre propre boulot !

Conservez ce regard critique, oui. Mais rappelez vous qu’il doit vous permettre d’avancer et non de stagner. Ne vous comparez pas aux autres qui ont peut être de meilleurs moyens matériels, plus de temps et d’expérience… ça n’aide jamais ! Les autres doivent vous inspirer, vous motiver, pas plus.

3. « J’ai peur de ne pas avoir assez de retours »

Ah, les retours… ! Sur le net, on a tendance à facilement consommer du contenu sans donner notre avis au créateur/à la créatrice. Ou alors des avis… pas très cools (mais j’y reviendrai). Forcément, on peut vite avoir l’impression de donner beaucoup de son temps pour pas grand-chose… et c’est super frustrant. Mais, comme le point précédent : tout ne vient pas en claquant des doigts.

Être très présent.e sur les réseaux sociaux, beaucoup interagir avec d’autres blogueurs/euses, faire partie de certaines communautés… forcément ça aide ! Et cela prend énormément de temps… parfois, vous savez, il suffit juste de quelques petits trucs : un peu de spontanéité, une personne influente qui partage votre boulot… ET PAF ! Ca commence !

Personnellement, je pense qu’il ne faut pas attendre ce genre de trucs. Je pense qu’il faut d’abord apprendre à faire ça pour soi, y trouver un réel plaisir. Il faut être le/la plus authentique possible. Dis comme ça, ça fait super cliché. Mais c’est en se construisant son petit espace auquel on tient qu’on arrive peu à peu à se forger une chouette communauté.

Non, je n’ai pas une énoooorme communauté, je suis plutôt dans des sujets dits « de niche »… mais j’ai une communauté très cool et super réactive qui m’a, à plusieurs reprises, témoigné son soutien. Ca a mis du temps et je n’ai d’ailleurs pas toujours abordé les mêmes thématiques (il y a 6/7 ans, je papotais des dernières tendances mode et beauté plus que d’insurrection et de patriarcat lol). Mais j’ai fait ce que je pouvais pour montrer que je m’épanouissais dans ce que je créé et que j’essayais d’être la plus “vraie”.

Et oui, ça fout toujours les boules tous ces gens qui ne font jamais rien et qui n’arrivent pas à voir la masse colossale de travail derrière. Vous écrivez un article plutôt bien documenté d’une dizaine de pages et la seule chose qu’on vous demande c’est pourquoi vous n’abordez pas tel petit point super précis et obscur ? Ouais, c’est frustrant. Vous passez (littéralement) 50 heures sur une vidéo et on râle juste sur le son pas assez fort sans laisser quoi que ce soit de positif ? Ouais, parfois ça fout les boules.

Les gens ne réalisent pas et ils s’en fichent un peu, ils peuvent consommer un contenu gratuitement alors le temps derrière et la valeur « symbolique » que cela peut avoir les indiffère amplement. C’est pour ça que je le répète : faîtes ça pour vous, kiffez, éclatez vous ! Sinon, vous allez très vite déchanter ! Les vrais avis constructifs dénués d’animosité restent très très rares et il faut savoir se blinder et se forger une certaine estime de soi pour se protéger des personnes volontairement mesquines. Et oui…

4. « J’ai l’impression de ne pas être légitime »

Ce qui est bien avec Internet c’est qu’on peut très vite se créer un compte Youtube ou un blog en quelques clics. Il y a cette horizontalité (pas réellement horizontale, certes) qui nous laisse la possibilité de s’exprimer. Je ne vous connais pas et je ne sais pas si vous êtes légitime ou non à parler d’un sujet. Mais ce que je sais, c’est qu’avoir peur de mal faire peut être une très bonne raison de faire quelque chose, si on prend la peine de s’appliquer et de redoubler d’efforts.

Oui, en tant que femme, il y a des tas de moments où je ne me sens pas légitime. J’ai « de la chance », quand je parle de féminisme ça va à peu près (et encore, pas tout le temps, il suffit qu’un de mes articles soit partagé dans une communauté pas très heu… bienveillante). Par contre, dès que j’évoque un sujet politique, sortant du féminisme ou sans rapport avec la féminité, je suis rapidement prise de haut.

Je ne pointe pas forcément du doigt ceux qui ne sont pas d’accord avec moi, ils ont bien le droit après tout (quoique l’instrumentalisation de certains de mes propos par simple désaccord peut être de la pure malhonnêteté intellectuelle) mais qu’il y a une petite pointe de mépris infantilisante (que j’ai connu à mes débuts d’écriture sur le féminisme sur le net, d’ailleurs) où on me fait bien comprendre qu’il faudrait que je reste «dans mon domaine».

Là encore, j’essaie de me rappeler que je fais ça avant tout pour moi : parfois je me livre sur des choses personnelles pour me faire du bien, parfois j’écris des trucs pour mettre à plat ce que j’ai appris et voir où j’en suis, parfois je découpe des sujets sur plusieurs articles écrits sur plusieurs mois en faisant l’effort de construire une réflexion. Mais tout ça, c’est avant tout pour moi. Je partage avec les gens pour que leurs réflexions puissent m’enrichir et apprendre des choses en retour 😉 !

Il y a bien longtemps que j’ai passé le stade de croire en une sorte “d’idée fixe” qui n’évoluerait pas au fil du temps alors que notre société est en constante évolution et que notre rapport à autrui (et à soi même) changent constamment. Depuis que j’ai fait la paix avec ça, je me porte bien mieux.

Vous avez vraiment peur de ne pas être légitime sur un sujet ? Proposez gentiment à quelqu’un.e d’un peu calé.e sur le domaine de vous relire, de collaborer, de vous conseiller…

5. « Et si ce que je créé me retombe dessus ? »

Ah, la magie d’Internet… ! Cet endroit merveilleux où on parle de « buzz » et on vous accuse d’en faire quand vous n’avez rien demandé et que vous ne pouvez pas contrôler qui dit/déforme quoi et par quels moyens. Avec le temps, j’ai compris une chose : il est super facile de vous reprocher de « faire mal » ou de ne pas faire « assez » quand eux ne font rien.

Comme dit précédemment, certaines personnes qui voient bien vos efforts essaieront de vous expliquer ce qui peut poser problème et c’est super ! Même s’il est normal qu’on perde parfois patience sur certains sujets (moi la première), n’accordez pas d’importance aux personnes qui décident de vous taper dessus régulièrement et qui vous voient comme la dernière petite attraction et le sujet à la mode sur lequel se focaliser. Vous ne gagnez pas d’argent sur ce que vous faîtes, ceci reste un simple passe temps : vous reprocher de vous planter est une chose mais faire de vous un sujet de moquerie constant relève plus d’un manque d’humanité qu’autre chose. Il y a une large différence entre les deux qu’il est sage de se rappeler.

Laisser une trace de soi sur le net, surtout quand on créé un contenu qui n’est pas faussement éphémère (ex : les tweets), ce n’est pas toujours simple. Mais la « pureté » n’existe pas. Il est facile de s’acharner sur les gens et de les descendre en ressortant des vieilles casseroles… personnellement, je pense que lorsqu’on tacle un peu trop souvent les gens avec vigueur, c’est qu’on a beaucoup à cacher. 😉  Charles Pasqua (qui en savait quelque chose) disait « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien. » A méditer ! 😉

Quand vous restez simplement « observateur.rice », que vous apprenez via les autres et que vous évitez soigneusement de reproduire les mêmes bêtises parce que vous voyez tout ce qui leur tombe sur la gueule, c’est clair que tout peut être un chouia plus simple. Vous vous contentez d’ingérer du savoir par un intermédiaire et la situation est nettement plus confortable. Seulement, comme tout le monde, on ne montre qu’une facette de sa personnalité. Et celle qui nous arrange le plus. Personne n’est parfait et n’a fait de sans faute dans sa vie. Votre seule différence est que ce que vous faites est visible, relayé et qu’Internet garde une trace. Alors on peut parler en long, en large et en travers du fait qu’Internet ne devrait pas tout archiver… parlons aussi de nous, en tant qu’humains, qui doivent apprendre à oublier, pardonner et excuser.

Comme je l’ai dit, je suis toujours insatisfaite de mon travail. Je ne dis pas ça pour qu’on essaie de me rassurer ou pour que me couvre de compliments, je dis ça parce que cela me permet de prendre du recul. Étonnamment, ça m’aide à être indulgente avec certaines anciennes de mes créations et aussi à ne pas prendre trop à cœur quand on descend un article ou une vidéo en me disant que je ne fais que de la merde. Cela me permet aussi de décider quand est ce que je me pense “apte” à prendre la parole ou non : quand je trouve qu’un travail est bien mieux fait par un.e camarade sur son propre blog/sa propre chaîne Youtube, je ne vois pas tellement ce que je peux apporter de plus.

Oui, j’ai grandi. J’ai même parfois changé d’avis sur des choses auxquelles je croyais avec aplomb. Mon propos s’est affirmé, s’est nuancé, il s’est étoffé. Quand je relis certains vieux articles et que je « tique » sur certaines formulations ou certains de mes propos, je ne cherche pas forcément à tout effacer à la hâte, comme si j’avais honte. J’essaie de réfléchir posément :
1) est ce que je peux laisser l’article en l’état et en réécrire un autre qui montrerait mon évolution et mon cheminement depuis ?
2) est ce que je peux simplement modifier/réécrire un passage en lui apportant quelques nuances ?

Là encore, ça dépend, je n’ai pas de réponse tout faite. Si j’ai l’impression que ce que j’ai écrit peut être vraiment mal compris ou être « dangeureux »/ trop trigger, forcément j’ai plus tendance à avoir un avis tranché. Quand j’ai une vision plus tournée vers l’affect, dans un ancien article un poil personnel, ma réflexion n’aboutira pas forcément aux mêmes choix.

Mais je continue d’écouter et de prendre en compte les remarques. Bien entendu, je ne parle pas des remarques dédaigneuses/perfides et non constructives… ou des « trolls » dont il faut savoir se montrer indifférent.e (personnellement, j’ai une modération intraitable qui permet rapidement d’empêcher un cercle vicieux). Mais oui, parfois il se peut qu’on tombe sur un vieil article que vous aviez écrit et qu’on vous fasse remarquer une formulation qui prête à confusion, ou un propos qui est paradoxal avec ce que vous pensez maintenant. Ca amène des discussions intéressantes et ça peut vous aider à avancer, cette manière de faire le point sur ce que vous êtes maintenant.

C’est un peu à vous de choisir, ce que vous voulez effacer pour ne pas induire des gens en erreur … et ce sur quoi vous voulez revenir pour alimenter votre propre réflexion.

Ce n’est pas une question « d’assumer » ou pas. Tout comme celles et ceux qui y voient qu’une manière de vous « prendre en faute », n’ont pas tellement d’utilité. Vous ne faîtes pas ça pour être admiré.e de tout le monde et être pris.e comme modèle, à ce que je sache ? Votre but ultime n’est pas d’être un.e leader d’opinion, si ? Parfait, alors vous pouvez respirer un peu et faire du mieux que vous pouvez.

6. … “Et si j’ai plus le temps ?”

Ce qui est formidable avec un blog ou une chaîne… c’est que vous ne devez rien à personne (sauf si ce que vous faîtes est illégal, bien entendu…) ! Ouais, moi aussi je suis toujours frustrée quand un.e blogueur.euse et/ou un.e vidéaste que j’adore ne poste plus trop ou publie rarement ! Mais je sais aussi que c’est parfois le prix à payer pour du travail bien fait… surtout quand ce n’est pas l’activité principale de ladite personne !

Oui, parfois on met en stand-by des choses qu’on n’a pas tellement le temps de faire et c’est super frustrant. Parfois aussi, on se lasse, on en a marre, on trouve difficilement l’inspi… Ca reste du travail fourni et il est logique qu’on fatigue un peu et qu’on désire prendre de la distance. Quand je réalise que j’abandonne un peu mes activités « youtubesque et bloguesque » j’ai tendance à me demander 2 minutes ce qui ne va pas.

Parfois, c’est des trucs tout bêtes qui m’empêchent de m’investir à 200%. Un ordinateur très lent et vieux où je mets un temps fou à utiliser mon CMS ou tel logiciel. Un blog que je commence à trouver moche et peu ergonomique. La lassitude de traiter toujours les mêmes sujets. Bref : parfois j’ai besoin de renouveau, de ne pas trop m’occuper du fond mais plus de « la forme » ! C’est bête mais ça aussi c’est important ! C’est pour ça que depuis que je parle de féminisme (3/4 ans je dirai) et d’autres sujets qui me tiennent à cœur, j’ai tellement tâtonné à trouver le bon nom de domaine, la bonne plateforme, le bon template, le bon angle…

Parce que ça prend du temps et parfois, quand on ne trouve pas, on a l’impression de s’épuiser alors on lâche l’affaire. L’important est de ne pas trop se mettre la pression et de se rappeler qu’on apprend au fur et à mesure. Ce n’est pas une course, on ne prend pas tou.te.s les mêmes chemins, et chaque expérience est unique ! “Produire pour produire”, encore et encore, n’amène rien de bon sur le long terme. Sauf beaucoup de fatigue.

 

Les avantages d’un blog (et d’une chaîne Youtube) :

C’est vrai qu’un blog ça demande du temps, du travail… du travail pas forcément rémunéré même si une petite poignée de gens arrivent parfois à très bien gagner leur vie grâce à quelque chose qui était d’abord un hobby. Mais ça, c’est si vous trouvez un modèle économique viable et que vous y passez énormément de temps… et que vous avez un peu de chance aussi (si ce n’était que les deux premiers, ça se saurait). Et puis on n’a pas tou.te.s forcément envie d’en vivre pleinement, en fait 😉 , surtout quand on voit les modèles économiques auxquels on se plie…

Je blogue depuis que j’ai 13 ans, je fais des vidéos depuis quasiment deux ans. J’ai grandi avec ça, avec l’incompréhension des gens (et pas que des adultes) face à mon besoin de créer sur le net, d’y passer un temps fou, alors que c’était considéré comme futile, chronophage et sans intérêt. Depuis peu, on me demande si je souhaite gagner de l’argent avec. Pas forcément avec de la pub ou des partenariats (disons que c’est pas trop possible avec un blog “militant” haha) mais plutôt en ouvrant un tipeee, un patreon ou autre… Le fait de répondre par la négative semble encore plus incompréhensible.

C’est vrai que cela me prend du temps (réfléchir au sujet, faire des recherches, lire, garder ce qui est utile, écrire… puis mettre en forme !) et oui, c’est beaucoup de travail. Il y a aussi l’engagement financier que ça demande (matériel, logiciels…). Oui, je fais ça sur mon temps libre et j’en éprouve énormément de plaisir.. même si tout n’est pas forcément tout rose. Parfois je songe à mettre en place un Tipeee pour les gens qui aimeraient contribuer à leur manière et m’ayant déjà dit qu’ils aimeraient me remercier, même avec 1€ par ci par là. Ca me touche pas mal et j’y réfléchis car j’ai aussi beaucoup peur du fait de « devoir » à des gens là où je me sens actuellement vachement indépendante.

Et il est clair que pour moi, actuellement salariée, me questionner sur les avantages et inconvénients éthiques/moraux et non pas matériels, c’est un plus, là où certains n’ont pas tellement le choix et/ou rêvent vraiment de vivre de leur passion. Quoi qu’il en soit, ce choix ne regarde que vous et je pense que vous avez le droit de demander une petite contribution à votre communauté si elle le peut.

Combien de fois m’a-t-on dit d’essayer de « rentrer dans les cases », d’être plus « accessible » (dans le sens moins politisée/militante), d’être plus « drôle », d’écrire des choses plus « courtes ». Seulement, cela ne me ressemble pas et je me sens très vite limitée en prenant une telle voie. Là, actuellement, je suis bien plus épanouie et je pense que cela créé un cercle vertueux où ma communauté le ressent et a envie de s’investir en retour en me faisant part de ses avis !

Si vous craignez tellement de mal faire, proposez à des gens de confiance de relire/regarder votre travail avant publication… ou alors faites un projet collaboratif avec d’autres créateurs.rices de contenu… ou créez un blog/une chaîne à plusieurs en tâchant de vous répartir le travail ! Vous n’êtes pas obligé.e de tout faire seul.e, là encore : il n’y a pas de modèle « idéal », seulement ce qui vous est le plus confortable !

Voilà, je crois que j’ai fait un peu le tour. On pourrait parler de la visibilité que peut apporter une chaîne ou un blog pour bosser dans certains domaines mais là encore, c’est très fluctuant… et parfois je me dis que créer un espace juste « pour ça », enlève un peu de notre authenticité et n’aide pas forcément à “percer”.  Ce que je retiens après toutes ces années c’est surtout d’apprendre à ne pas se prendre la tête avec ce « qu’on renvoie » comme image car les questions de perception varient beaucoup en fonction des publics. Vous ne pouvez pas satisfaire tout le monde mais vous pouvez montrer que vous vous investissez à fond… c’est déjà pas mal non ? 🙂

15 Comments

  1. Jade

    13 août 2017 at 10 10 50 08508

    Un grand merci pour cet article qui, en plus de donner de précieux conseils, nous partage ta passion. 🙂

  2. kReEsTaL

    13 août 2017 at 16 04 40 08408

    Très chouette article, dont la lecture me fait beaucoup de bien, même si cela fait plus de 15 ans que je publie des trucs sur le net.

    Ta conclusion en particulier me parle beaucoup : ne pas se focaliser sur ce qu’on renvoie, mais faire les choses pour soi. Aujourd’hui c’est très difficile de se détacher de ce regard fantasmé des autres, et du regard réel des autres, étant donné que le modèle économique des réseaux sociaux est basé sur le nombre de vues et de réactions. Si ce que tu partages suscite zéro réaction ou presque, tu as vite fait de te dire que c’est nul, simplement parce qu’on s’est accoutumés à l’idée que la popularité/la quantité est signe de qualité. Il n’y a rien de plus faux.

    De mon côté, après avoir fait une sorte d’indigestion extrême des réseaux sociaux et de l’image que je m’évertuais, avec un soin extrême, à donner via mon blog, j’ai finalement fait une pause de près de six mois pendant lesquels je n’ai quasiment plus utilisé ni Twitter ni Facebook, et pendant lesquels j’ai totalement arrêté de bloguer sur mon blog public. Ce ras-le-bol que j’ai ressenti a eu beaucoup à voir avec le fait que, depuis des années, je bloguais à titre perso et pro sur le même blog, et m’adressais donc à la fois à des ami·es/allié·e·s/proches, et à des collègues/managers/recruteurs. J’en révélais beaucoup sur moi à des personnes qui n’étaient pas censées connaître tout cela de moi.

    Après d’intenses cogitations sur l’exposition de soi sur le net, et tous les aspects négatifs que cela implique, j’ai fini par retrouver le plaisir de créer, de publier et de partager des trucs sur le net tout simplement en retournant « dans l’ombre », c’est à dire en commençant à publier via un autre blog, et en créant un Twitter privé.

    Disparaître d’un coup du regard de tous les gens qui me suivaient jusque-là a été une espèce de « réinitialisation » qui a été salvateur. Pouvoir bloguer d’un côté à titre « officiel », qui me donne de la visibilité pro, et d’un autre côté à titre perso, à l’abri des regards, est la condition sine qua non qui m’a permis d’oser à nouveau créer sur le net.

    C’est certes une sorte de schizophrénie numérique, mais au fond ça n’est pas différent de ce qu’on devait faire avant l’avènement de Facebook, où révéler son identité réelle était inimaginable. Parfois je ressens d’ailleurs une certaine mélancolie pour ce « web d’avant », où on pouvait partager des trucs anonymement sans prendre aucun risque professionnel.

    Aujourd’hui, le fait que des plateformes comme Instagram par exemple révèlent, malgré tes préférences personnelles, ton compte à des gens dont tu n’es pas forcément proche via ton adresse email et la fonction « Retrouver des amis », me dérange énormément. Bon, bref, j’arrête là pour cette fois. 🙂

    1. Buffy Mars

      13 août 2017 at 19 07 05 08058

      Merci pour ton long commentaire et comme je te comprends ! Je suis moi même souvent prise entre ces 2 problèmes :). Mon blog a une certaine visibilité et un certain angle que je ne peux pas tellement cacher auprès de potentiels recruteurs. C’est compliqué parce que je peux avoir des avis tranchés mais c’est une place importante dans ma vie que je ne peux/ne veux pas cacher et je préfère jouer carte sur table. Je pense être quelqu’un d’assez charismatique et faisant facilement des compromis au sein de mon travail mais j’ai aussi certaines valeurs et des activités à côté que je ne peux pas vraiment masquer… ou plutôt je n’aimerai pas qu’on tombe dessus sans que j’en ai parlé avant ! Donc je dois jongler entre continuer d’écrire ce que je fais mais faire en sorte de montrer que je sais aussi m’intégrer dans la sphère professionnelle et que rien n’empêche pas l’autre 🙂

  3. Owlaw

    13 août 2017 at 17 05 37 08378

    Merci pour ces mots justes et sincères. En grande consommatrice de contenus web en tous genres, tu es l’une de celles qui m’a donné envie de passer justement ce stade de l’envie et de concrétiser mes besoins d’écriture.

    1. Buffy Mars

      13 août 2017 at 19 07 05 08058

      wow, je suis super heureuse de lire ça ! merci à toi ce genre de messages me réchauffe le coeur

  4. Kathy Laroche

    13 août 2017 at 20 08 22 08228

    Salut Buffy et merci pour ce super article ! Sa lecture m’a fait du bien et m’aide à garder la motivation. Je vais bientôt lancer un blog où je publierai mes nouvelles et j’ai tellement peur de me planter à tous les niveaux que tu as pu évoquer … Je compte faire de mon mieux mais le manque de confiance en soi n’aide jamais quand on commence quelque chose. 🙂
    En tout cas, ton blog est vraiment passionnant ! Je le suis avec plaisir et je trouve tes articles très approfondis et intéressants, qu’ils parlent de la politique dans Harry Potter ou du masstige … Je ne laisse pas souvent de commentaires parce que j’ai peur de n’avoir rien à dire de très original à part “super article” mais j’essaierai dans laisser plus souvent. 🙂

    1. Buffy Mars

      13 août 2017 at 20 08 30 08308

      merci Kathy (l)

  5. Chartreuse

    14 août 2017 at 11 11 35 08358

    Merci pour cet article! Ca fait toujours du bien d’entendre des encouragements et tes conseils bienveillants peuvent être utiles.
    (Et pour ton blog en général où j’ai appris plein de choses sur le féminisme) 🙂
    Je trouve pour ma part que tu fais bien d’écrire de longs articles bien documentés, et de ne pas te plier à la mode du “fais court et sois drôle” qui me frustre et m’agace énormément. (J’ai toujours l’impression de perdre un temps précieux à écouter des âneries plutôt que du partage de savoirs et que je pourrais être plus efficace pour apprendre des choses sur un sujet qui m’intéresse en lisant un livre qu’en regardant des sketchs de gars déguisés en panda. Mais comme il n’y a pas toujours de livre publié sur les derniers sujets en débat dans la société, je suis coincée sur la blogosphère à devoir écouter des blagues pas drôles entre deux informations intéressantes. Mais heureusement, il y a les blogs comme les tiens! Avec de la réflexion, de la rédaction soignée et un point de vue personnel et affirmé comme tel, qui ne prétend pas représenter autre chose que ton opinion sur certains sujets, certes, mais une opinion bâtie sur des faits, ton expérience personnelle et une analyse des données sur ce sujet.
    Tes prises de positions me permettent de me sentir “légitime” dans ce que je ressens et dans mes opinions. Et ça fait du bien d’arrêter de se remettre en question en permanence et de douter de soi à chaque fois que quelqu’un te contredit.

    Alors, voilà, en gros, merci et continue comme ça! 🙂

    1. Buffy Mars

      15 août 2017 at 10 10 24 08248

      Merci beaucoup pour tes retours, ça fait très plaisir d’avoir des lecteurs/rices qui me donnent leur avis sur les formats de mon contenu 🙂

  6. Emilie

    14 août 2017 at 18 06 38 08388

    Coucou! Alors je fais malheureusement partie de la grande majorité silencieuse qui ne commente pas ou peu et je t’avoue que je trouve ça complètement idiot étant donné le plaisir/la connaissance que certains contenus peuvent m’apporter (dont les tiens!). Bref, je tenais aussi à dire que je trouve ta liberté extrêmement inspirante, j’ai 10 ans de plus que toi et bien souvent ce trait de ton caractère me stupéfie (dans le bon sens du terme). Carry on girl!

    1. Buffy Mars

      15 août 2017 at 10 10 24 08248

      Merci Emilie !

  7. C’est le 1er, je balance tout ! #7 – Histoires vermoulues

    1 septembre 2017 at 9 09 39 09399

    […] Buffy Mars parle de comment créer sur internet dans un article complet et motivant, à lire si vous avez besoin d’un coup de pouce pour vous lancer. […]

  8. lutinreveurblog

    3 septembre 2017 at 17 05 59 09599

    Je me retrouve sur le fait de ne pas se sentir légitime. Autant, quand c’est des critiques sur des livres ça va mais pour parler d’un sujet que j’aime bien et y mettre mes réflexions, je ne me sens pas légitime du tout. J’espère que cette impression s’estompera.

  9. Réussir à écrire et lire plus souvent : mes conseils – Buffy Mars

    11 septembre 2017 at 17 05 35 09359

    […] régulier.e dans votre pratique de la lecture ou de l’écriture. Par ailleurs, je pense que mon dernier article pour parvenir à “créer” sur le net reste en lien avec celui-ci. N’hésitez donc pas à y jeter un coup […]

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