Manspreading et harcèlement de rue : ce que certains n’ont (toujours) pas compris

Parler des femmes dans l’espace public (dans la rue, les transports..) semble être devenu un marronnier de l’été.  Mon article sera un simple condensé de réflexions eues au fil du temps au travers de recherches; qui se peaufineront au fur et à mesure que j’écrirai sur le sujet. Mais je pense qu’il peut être utile de partager certaines lectures quand je vois les tensions et la violence de certains débats. Bien entendu, comme d’habitude, tous vos conseils de lecture pour enrichir le sujet sont les bienvenus dans les commentaires. 😉

En réalité, il n’y a pas grand-chose à rajouter sur ce qu’on peut déjà trouver sur le net : il existe  tout un tas d’articles étant régulièrement partagés dans les sphères féministes (vous trouverez même quelques ressources directement liées –ou pas- à ce sujet juste ici) et je n’ai pas la prétention de croire que ce qui va suivre va forcément aider les plus bornés et violents à sortir de leur aveuglement.  Mais bon, je n’ai pas tellement envie de croire que tout est désespéré. Au contraire, je pense même que certaines réactions épidermiques, violentes et fondées sur des insultes hyper sexistes, démontrent l’étendu du problème. Un problème nettement plus profond que celles et ceux qui ont décidé que tout cela était de la polémique « superficielle » : quand on provoque des réactions aussi démesurées pour quelque chose jugé « ridicule » et « sans importance », c’est qu’on met le doigt sur un problème bien plus gros. 😉

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  • Non, ce genre de sujet n’est pas « risible »

Il est très facile de se moquer d’une femme qui en aurait marre qu’on lui rabâche dans la rue qu’elle est jolie alors qu’elle n’a rien demandé, ou qui commence à être sacrément blasée de voir un mec prendre deux fois plus de place qu’elle dans les transports en commun. Mais si ces sujets deviennent des blagues, c’est parce que les enjeux de domination qu’il y a derrière ne sont pas forcément compris.

Parler ici de « domination » n’est pas un gros mot ni même un abus de langage. Il faut surtout apprendre à se détacher d’une vision de la “domination” très imagée, où on visualise quelqu’un en train de nous écraser le visage pendant qu’on est à genoux.  En réalité, la domination est un terme vaste : les formes sont multiples (coucou Max Weber) mais avec cette idée qu’il y aurait des normes établies auxquelles il serait légitime d’obéir.

Ici, on remarque rapidement que la domination masculine dans l’espace est très difficilement remise en cause.

On considère donc qu’un homme qui fait le grand écart avec ses jambes a besoin de place pour ses pauvres testicules. On estime qu’un homme a le droit de valider le physique d’une femme dans la rue, de lui demander de sourire, parce que les hommes seraient « dragueurs » et ceux qui font le premier pas.

Souvent, ce manque de recul critique s’accompagne d’explications qui se veulent « rationnelles ». On va nous parler de la « nature », dire que tout ça est « inné » en guise de justification scientifique. Et forcément, pendant que nos « petits problèmes de féministes » les font marrer ; les voir utiliser ce genre d’argument qui se fonde sur rien hormis beaucoup d’ignorance ne nous font pas rire. Parce qu’il est vraiment inquiétant de voir des personnes persuadées que tout ça est “naturel”.

« Ce qui semble aller de soi mérite bien souvent d’être questionné » Marianne Blidon

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  • Oui, la sociologie et la géographie permettent de mieux comprendre où se situe le problème

a) L’utilisation de la sociologie urbaine pour penser les dominations

La sociologie urbaine se penche notamment sur les questions d’aménagement d’un espace ou d’un territoire. Elle va s’interroger sur le développement d’une ville, sa transformation et l’organisation des interactions entre les individus. L’intérêt d’étudier ce qu’il se passe dans l’espace public est qu’on peut y cerner les rapports sociaux et tout ce que cela implique (contrôle de la population, domination, exploitation, violences).

Nous naviguons tous dans l’espace public : mais le faisons-nous de la même manière ? Pour les mêmes raisons ? Sur la même durée ? Avec la même aisance ?

Notre mémoire, notre connaissance personnelle et notre expérience vont façonner l’espace. Attention, il n’est pas question de dire que le vécu en fonction des individus se fait de manière « aléatoire », un peu comme si c’était le jeu du hasard : bien entendu, notre genre, notre milieu, notre couleur de peau ou même notre orientation sexuelle vont influencer la manière dont on se sent lié à cet espace, notre perception. Cet attachement, parfois clairement revendiqué, prend des formes d’appropriation de l’espace où certains individus se retrouvent (implicitement ou explicitement) rejetés.

Par « explicitement », on peut penser à l’Etat qui va jouer un rôle déterminant dans cette exclusion en intervenant directement.  Par exemple, les Sans Domiciles Fixes qui se retrouvent de plus en plus éloignés des centres villes par les policiers qui vont leur demander de ne pas rester assis dans la rue à demander de l’argent. Mais aussi les jeunes garçons racisés qui « traînent » dans la rue et qui, parfois, se retrouvent confrontés à la police qui leur demandent de ne pas stationner dans tel endroit car ils seraient bruyants, gênants ; ou qui finissent par leur demander leurs papiers voire par les fouiller sans raison valable.

De façon plus implicite, un centre commercial aux enseignes haut de gamme, va exclure les personnes précaires sans que les classes plus aisées n’y voient forcément d’inconvénients ou ne le remarquent. De façon encore implicite, subir au quotidien des remarques déplacées et des gestes intrusifs de la part des hommes quand on est une femme, même si cela ne part pas d’une mauvaise intention, peut créer un sentiment permanent d’insécurité qui poussera la femme à ne pas sortir autant qu’elle le souhaiterait ou à mettre en place des stratégies pour se déplacer dans l’espace public sans problème.

« Il s’agit de penser une masculinité hégémonique, productrice de rapports sociaux de sexe inégalitaires, qui opère plus largement dans un système patriarcal. La violence n’est donc ni l’apanage d’une classe sociale (les classes populaires, les personnes issues de l’immigration) ni celui d’un espace (l’espace public-dangereux versus l’espace domestique-protecteur). » Marianne Blidon

b) Reconfigurer l’espace avec la sociologie du genre et la géographie féministe

L’intérêt de la sociologie urbaine couplée aux études de genre est de montrer que l’aménagement urbain actuel ne créé pas forcément le sexisme mais qu’il a, cependant, une nette tendance à le favoriser. Des chercheurs et chercheuses ont donc décidé de croiser ces deux thématiques pour réfléchir aux problématiques que cela soulève en termes de domination masculine.

« En géographie aussi, les recherches féministes ont contribué au renouveau de la discipline, renouveau contemporain de l’émergence de la géographie radicale et de la géographie humaniste. La rencontre de la géographie et des recherches féministes se traduit dans la problématique des inégalités femmes-hommes dans l’espace et non seulement dans la société. » Béatrice Sokoloff

On parle dans le milieu universitaire de « tournant spatial » pour qualifier ce nouveau regard sur les sciences sociales et sur l’espace. De l’urbanisme à l’aménagement : ce sont tout un tas de disciplines liées à la géographie qui se penchent sur le genre. Si on remarque que de plus en plus d’études optent pour cet angle, ce n’est pas non plus un hasard : les femmes chercheuses, ont souvent été invisibilisées face à des chercheurs hommes. Les problématiques soulevées autour du sexisme dans l’espace étaient largement reléguées au second plan voire non prises au sérieux. Les sujets traités par les hommes, étaient bien plus médiatisés et pris en compte.

En effet, l’espace public qui semble appartenir à tous est pourtant modélisé en faveur des hommes. Ici, le genre sert à à réfléchir aux relations de pouvoir et de contrôle qui s’exercent notamment entre les hommes et les femmes. Mais surtout, à voir les liens entre l’espace que les hommes s’accaparent dans les lieux publics et la manière dont ils pensent avoir un contrôle et pouvoir sur le corps des femmes.

 « La situation des femmes dans les villes se caractérise par des contradictions profondes entre les possibilités apparemment infinies d’ouverture et d’indépendance qui leur sont offertes et la persistance de structures de pouvoir patriarcales, les unes et les autres renforcées par le mode de production capitaliste. » Huguette Daguenais

Cette discipline a des enjeux politiques forts, jusqu’à influencer les collectivités territoriales dans leurs actions publiques. En effet, difficile de nier que la ville a été avant tout construit par les hommes et pour les hommes. Cela commence tôt : les infrastructures mises en place pour les jeunes générations visent souvent des activités appréciées par les garçons. Vastes terrains de foot, skate parc… les filles s’y font rares.  Bien entendu, on peut dire qu’il serait positif qu’elles aient également accès à ces activités… mais il serait bien de ne pas oublier ce qu’elles aiment également, et de diversifier les pratiques sportives possibles.

C’est grâce à ce travail de recherche que des actions (dont on peut critiquer l’efficacité, certes) sont mises en place. C’est ainsi que l’an dernier on apprenait que 100% des femmes avaient déjà été harcelées ou victimes d’une agression sexuelle dans les transports en commun.*

*puisque certains sont mécontents que je parle de cette étude; je ne nie pas les défauts qui y ont été évoqués (voir cet article); cependant, il pourrait être intéressant de débattre sur la manière dont l’étude a été reçue entre les hommes & les femmes une fois sa forte médiatisation ?

Ouep, y a clairement urgence.

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  • Oui, Caroline de Haas a eu raison de parler de réaménagement du territoire pour lutter contre le harcèlement de rue

Il y a quelques semaines, Caroline de Haas était allègrement insultée et tournée en ridicule sur les réseaux sociaux pour avoir osé dire qu’un aménagement du territoire pouvait être utile en cas de harcèlement de rue, notamment en agrandissant les trottoirs de certains quartiers. Alors déjà : elle n’a pas proposé que cette solution, mais l’a évoqué comme une éventualité.

Face aux remarques méprisantes qui ont afflué dans la seconde, il est urgent de vulgariser et de mettre en lumière tous ces travaux sur l’espace urbain et comment celui ci est vécu/perçu par les femmes. Il est urgent que les enjeux politiques autour de ces questions soient compris.

Quand Caroline de Haas explique qu’il faut agrandir les trottoirs, elle se place dans la même optique que certaines écoféministes rappelant qu’il n’est jamais une bonne idée d’éteindre les lampadaires la nuit dans la rue pour faire des économies alors que les femmes ont souvent peur la nuit et sont très largement minoritaires à se balader dehors une fois le soleil couché.

Ce que cherche à expliquer Caroline de Haas, c’est qu’il n’y a pas que les comportements qu’il faut changer mais aussi comprendre que l’espace est organisé sans penser aux proximités imposées aux femmes avec des passages étroits, sombres, peu agréables à fréquenter et où elles se sentent en danger.  Les deux vont ensemble, en réalité. L’espace public n’est pas extensible à l’infini. On ne peut pas l’agrandir encore et encore et il s’avère limité. Il faut donc penser à le réagencer pour permettre à chacun de s’y déplacer en s’y sentant plus en sécurité.

(Je peux d’ailleurs vous en donner un exemple tout à fait personnel. Quand je me rendais chez un de mes exs, il y avait deux trottoirs différents. L’un, très vaste, était séparé de la route par une piste cyclable (où les vélos pouvaient circuler dans les deux sens). L’autre trottoir n’avait donc pas de piste cyclable et donnait directement sur la route. Les vélos se faisaient rares : les piétons avaient donc pris l’habitude de marcher à leur guise sur la piste cyclable quand ils ne dérangeaient pas ; cela avait donc créé un trottoir très large où les mecs pouvaient moins facilement abordés puisqu’on marchait plus souvent éloigné d’eux. Idem pour les voitures : en me plaçant sur le trottoir, la piste pour les vélos me tenait très loin d’eux ; jamais on me klaxonnait ou cherchait à m’interpeler. A l’inverse, quand je marchais sur l’autre trottoir, les hommes avaient bien plus tendance à venir me parler dès que j’arrivais à leur hauteur ou à ralentir la voiture pour me demander si j’avais envie d’aller faire un petit tour avec eux. Inutile de vous dire que j’ai rapidement choisi sur quel trottoir je préférais marcher…)

  • Oui, le « manspreading » est un comportement typiquement masculin et il n’est clairement pas « individuel »

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Il y a quelques jours, un merveilleux « philosophe » (notez les guillemets) habitué des médias nous a fait l’honneur de nous expliquer que ce comportement n’était pas un comportement masculin et qu’il fallait mieux parler de « humanspread » que de « manspread ». Il n’a pas tellement étayé son argument mais forcément, les anti-féministes ont été ravis de pouvoir expliquer à quel point cette réflexion était sensée. Oui… mais non.

A les entendre parler, un homme qui s’étale de tout son long ou qui harcèle une nana dans la rue serait un « cas particulier ». Peu importe que les femmes vivent ces comportements pénibles (et je pèse mes mots) au quotidien, ils préfèrent immédiatement parler de « mauvaise éducation ». Après tout, si on ne sait pas se tenir (dans le sens le plus littéral du terme haha) ; c’est bien qu’on a été mal élevé, non ?

Est-ce si simple que ça ? Par le passé, le célèbre sociologue Pierre Bourdieu a développé le concept « d’habitus » pour décrire toutes ces normes, ces comportements et ces goûts qu’on intègre en fonction de son milieu social. Être éduqué en tant que garçon et être éduqué comme une fille, ce n’est pas être éduqué.e de la même manière tant les stéréotypes de genre restent coriaces. L’hexis corporelle fait partie de notre habitus et détermine grandement notre manière de parler, de marcher… et de nous asseoir.

Une fille ne croise pas les jambes de manière instinctive ; tout comme un garçon ne fait pas un développé de l’entrejambe car son pénis aurait besoin de prendre l’air. Là où on met les garçons en avant, qu’on les valorise, qu’on leur apprend à s’imposer ; le contraire est vue de manière plus positive chez les filles. Ceci se retrouve dans nos postures, notre débit de parole, nos intonations, nos mimiques. Harcèlement de rue et manspreading ne sont pas deux problèmes individuels : ils sont liés par la domination masculine.

Il est facile de dire à une femme qu’elle n’a qu’à demander à ce mec qui la gêne de refermer ses jambes. Je crois qu’on a lu assez de tweets de mecs s’égosillant que leurs couilles faisaient la taille de pastèques pour se douter des réactions (ridicules) que cela donnerait en public. Et puis d’ailleurs, pourquoi est ce toujours à nous de devoir jouer à la maman, en leur apprenant à ne pas empiéter sur l’espace des autres ? Pourquoi devons-nous les materner là où une prise de conscience peut être nettement plus efficace et moins fatigante sur le long terme ? Pourquoi les efforts viennent toujours du même côté ?!

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En 2014, Osons le Féminisme en parlait déjà. A lire.
  • Cessons la mauvaise foi deux petites secondes

Oui, on peut reprocher à certains médias leurs tournures de phrases « maladroites », leurs articles bien trop synthétisés et écrits rapidement, cherchant à faire du clic, et qui ont résumé tout le problème à « les hommes ne pourront plus écarter les genoux ». Mais je pense qu’il va falloir commencer à prendre avec sérieux la violence des contre-réactions qui ne sont pas que de l’ignorance naïve. J’en parlais déjà dans cet article : pourquoi des sujets qui semblent si « désuets » par leurs opposants les mettent dans une telle colère ? Et pourquoi cette violence à notre égard est-elle si facilement légitimée ou excusée ?

Quand nous dénonçons un comportement que nous trouvons sexiste, dangereux, oppressant; les réactions en retour sont des attaques ciblées, des avalanches de messages haineux et violents cherchant à nous humilier, à nous intimider, à nous rabaisser. Nous nous contentons de raconter, de prendre une photo dont on ne décèle rien de l’individu, de faire une capture d’écran (anonymisant la personne) d’un message qu’on trouve déplacé… et les réactions en opposition sont d’un tout autre niveau.

Pendant que certains se lamentent de voir leur virilité être soi-disant remise en question, se préoccupant de savoir si on entrave ou non leur précieuse liberté en leur demandant de prendre moins de place, accaparant encore et toujours l’espace en mettant leur ressenti au centre du problème ; nous devons faire preuve de « pédagogie », « de bienveillance », et nous manger du mépris sexiste (si ce n’est de la haine) avec le sourire et de la patience. Par ce manque de discernement, ils démontrent simplement que leur monopolisation de l’espace est également bien établie sur le numérique.

La domination masculine n’existerait pas, c’est bien ça ? Ben voyons.

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Pistes de lectures :

  • « Ce que le genre fait à l’espace… et inversement » par Lucia Direnberger et Camille Schmoll
  • « Les femmes dans la ville et dans la sociologie urbaine : les multiples facettes d’une même oppression » par Huguette Dagenais
  • « L’apport des recherches féministes aux analyses du développement local et régional » par Béatrice Sokoloff
  • « Gender and the city : the different formations of Belonging » par Tovi Fenster
  • « Genre, violences et espaces publics : la vulnérabilité des femmes en question » par Marylène Lieber
  • « L’invention du quotidien » par Michel de Certeau
  • Si cela vous intéresse, vous pouvez lire cet article , qui est le résumé d’une conférence sur le genre et l’urbanisme et qui propose de multiples pistes.

 

  1. Popop

    16 juin 2017 at 12 12 46 06466

    Il y a peu, une amie en parlait comme la supremassie masculine, que les hommes étalaient “leurs couilles” de la sorte.
    Puis je réflechissais, allait au loin, dans mon enfance, mon éducation, les films que je voyais, etc., et je me suis rendue compte que dès la petite enfance, on dit aux petites filles de serrer les jambes, de les croiser. Déjà quand elles portent des jupes, mais aussi pour l’élégance.
    Alors qu’aux petits garçons, d’emblée, on leur laisse cet espace, on ne leur dit pas de serrer les jambes.
    Et je pense que le problème vient aussi terriblement de là.

    De mon côté, je suis avachie, et j’ai les jambes assez écartés, jupe ou non. Mais quand quelqu’un arrive, je resserre mes jambes pour laisser de la place.
    C’est du savoir vivre.
    Mais ça, ça passe au-dessus de certains qui pensent être tout-puissants…

  2. fledered

    16 juin 2017 at 16 04 41 06416

    Il est sans doute inutile de rappeler que tous les hommes ne sont pas des sans-gênes (contrairement à ce que pourrait laisser croire le nombre incalculable de propos sexistes sur les réseaux sociaux), mais dans tous les cas, très bon article.

  3. julienselignac

    16 juin 2017 at 16 04 50 06506

    Article nécessaire (certains pensent déjà tout savoir… je ne donnerais pas de liens pour ne pas faire de publicité^^) et sur un sujet pas facile à vulgariser, donc bravo! (je dois dire honnêtement que ça fait déjà un moment que ta capacité de vulgarisation sur des sujets complexes m’impressionne: tout semble très accessible, et j’ose pas imaginer la somme de boulot derrière)

  4. AgapiTztz (@AgapiTztz)

    16 juin 2017 at 21 09 24 06246

    Moi je suis toujours preneuse pour un aménagement de l’espace plus égalitaire, même si la proposition d’élargir les trottoirs me paraît vaine (ce serait toujours ça de pris).

    Quand un homme veux te coller, il te colle. Combien de fois j’ai eu des petits pics d’angoisse de réaliser que je n’étais pas seule sur le trottoir dans un rayon de 3m, mais qu’un mec s’était collé à 1cm de moi de tout son long du côté ou je ne regarde pas ? A me demander depuis combien de temps il était comme ça et si il en avait profité pour me toucher comme j’en ai déjà surpris en train de le faire ?
    Il y a même un quartier ou j’ai vécu ou c’était un “jeu” d’utiliser cette technique pour toucher les fesses des femmes. Quand je me retournais au moment ou je sentais quelque chose le type derrière faisait un signe à ses potes qui lui faisaient la holà. Je ne me suis jamais assez attardé pour voir si c’était toujours les même tellement je ne pensais qu’à les fuir. J’en ai vu un le faire à ma meilleure amie dans un escalator, je suis restée pétrifiée, ce n’était pas furtif, et pourtant elle n’a rien sentie. On dirait qu’ils en font un art, c’est terrifiant de se sentir chosifiée de la sorte.
    J’ai constaté que ça arrivait n’importe où, sauf que hormis dans ce quartier, les types fuient du regard quand on se retourne sur eux et s’en vont tranquillement.
    Mais le truc qui me rajoute encore une couche d’angoisse, c’est que ces mecs n’ont pas peur d’être vus par les autres, ils font ça en public aux heures de pointes.

    Merci beaucoup pour ton travail en tout cas. C’est déjà rassurant de voir que certains prennent le problème en main, recherchent, informent, diffusent… ça apporte autre chose que la peur et la culpabilité de sortir.

  5. Anonyme

    17 juin 2017 at 8 08 31 06316

    Super article <3
    Et inclusif !

  6. chachou

    17 juin 2017 at 10 10 17 06176

    Le genre et la ville est un vrai sujet et il faut sans cesse le souligner !!
    A lire également sur ces sujet : Yves Raibaud et Édith Maruéjouls. Édifiantes leurs études… Et sur l’absence de déterminisme et d’une domination masculine naturelle : Catherine Vidal.

  7. La jupe, émancipatrice ou oppressive? – Buffy Mars

    20 juin 2017 at 22 10 13 06136

    […] prendre en intégrant des normes liés à notre rang social, à notre genre etc) on parle de “manspreading” pour qualifier la posture des hommes qui ont tendance à “s’étaler” dans […]

  8. leventdanslespages

    1 septembre 2017 at 22 10 58 09589

    […] une femme » et à lire de toute urgence. ¤ et enfin l’article de Buffy Mars sur le manspreading et le harcèlement de rue, appuyé par des recherches en sociologie urbaine qui m’ont fortement intriguée (je ne […]

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