6 ans de féminisme

Il y a certaines femmes pour qui être féministe a (quasiment) toujours été une évidence. Certaines ont grandi dans des milieux qui l’étaient profondément. D’autres ont eu des mamans, grand-mères, tantes, foncièrement militantes. Elles ont eu « cette chance » là. Je mets chance entre guillemets, parce que ça me fait toujours un peu de mal de considérer la lutte pour nos droits comme quelque chose de chouette et de positif; voir que tout n’est pas acquis et qu’il y a encore tellement de travail me peine beaucoup et ce n’est pas franchement une chance.

Je n’ai pas tellement connu ça, je n’ai pas vécu dans un milieu féministe. Petite, j’ai été « garçon manqué, pas assez coquette » comme disait ma mère et au fil du temps, je suis rentrée dans le moule. Je suis devenue pendant un temps le modèle ultra féminin attendu par la société. J’ai eu une période où je me suis détachée de ce modèle, fière de ne pas être une « nunuche qui aime les trucs girly », fière de ne pas être une « vraie fille ». J’y repense avec amusement, moi qui maintenant revendique pleinement mon identité de femme, aimant des choses qui ne sont soi-disant pas en adéquation avec mon genre mais qui, d’un côté, raffole aussi de tout un tas de choses qui y sont totalement conformes. Je suis juste moi, épanouie, assumant chacun de mes goûts avec fierté. Parce que de toute manière, quand on est une femme, on perd à tous les coups, alors mieux vaut ne pas trop se prendre la tête.

Comment ai-je découvert le féminisme ?

Juste après mon BAC et les grandes vacances précédant le début de la fac, je me suis inscrite sur Twitter. Dans un profond moment d’ennui où je n’avais plus tellement envie de tenir de blog mais où je désirais quand même trouver des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt que moi pour pouvoir partager ma passion pour tout un tas de sujets (fun fact : c’était d’Harry Potter dont j’avais surtout envie de parler, haha), j’ai décidé de tester ce réseau social.

J’envisageais de devenir Community Manager et il semblait in-con-tour-na-ble d’utiliser cette précieuse plateforme pour « réseauter » comme on dit. En réalité, je n’ai jamais eu une utilisation foncièrement professionnelle de Twitter, j’ai fini par lâcher l’affaire en termes de “se créer réseau” (bon.. dès que j’ai commencé à follow des comptes de Potterhead c’était foutu pour foutu) et j’en suis, au fond, ravie. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de me plonger sérieusement dans Twitter (j’avais déjà brièvement créé un compte à ses tout débuts sans vraiment y voir de l’intérêt, ça commençait à remonter à plusieurs années).

Je ne sais plus comment le féminisme est venu à moi sur Twitter alors que j’y étais surtout pour parler d’Harry Potter, mais je crois qu’il y a eu cette sorte d’enchaînement logique où je suis entrée dans les communautés amatrices de pop culture et que, forcément, je suis tombée sur des articles parlant de la représentation des femmes. Pourtant, à ce moment-là j’avais à peine 18 ans et j’avoue que mes convictions politiques étaient bien éloignées de celles que j’ai maintenant. Disons que j’ai peu à peu glissé d’une confiance profonde pour le libéralisme pur et dur en un revirement de plus en plus marqué pour les idées libertaires et anarchistes. D’où le fait que ça m’hérisse le poil quand des gens confondent les deux (libertarien/libertaire) : ça n’a franchement rien à voir.

Voilà donc comment j’ai fait un premier pas dans le monde féministe sans même me rendre compte que c’était le cas, simplement face à tous ces articles qui parlaient de la représentation quasi inexistante ou très mal faite des femmes dans les œuvres culturelles. Et à chaque fois, j’avais l’impression qu’on posait les mots sur quelque chose qui m’avait longtemps frustré sans que je réussisse à en soulever toutes les nuances et la complexité.

Cette même année, j’étais en première année de fac. J’ai fait un mois de droit, je me suis incroyablement emmerdée et j’ai vite amorcé une réorientation pour le second semestre où je suis partie en Histoire, prenant en options la Sociologie et l’Ethnologie. J’ai donc suivi plusieurs cours en amphi de sociologie, ainsi que plusieurs TD.

Cette année là donc, j’ai découvert pour la première fois ce qu’était la Sociologie. Une de mes chargées de TD était très cool. Avec elle c’était très « carré », très « scolaire », ce que je n’aime pas tellement mais qui s’est avéré une véritable chance pour pouvoir apprivoiser cette discipline avec des bases solides. Sachant très bien que la sociologie est un domaine très vaste et qu’il est difficile de pouvoir en lire tous les recueils mêmes les « basiques » (surtout en quelques mois et en L1), elle prenait le temps de nous faire travailler sur des classiques de la sociologie, nous faisant étudier les extraits incontournables, passant en revue les passages les plus complexes afin qu’on puisse avoir un socle de connaissances très général.

Durant plusieurs semaines, nous avons travaillé sur la sociologie du genre. Nous avons passé en revue ce champ d’études et d’où il prenait ses racines. C’est ainsi que j’ai entendu parler pour la première fois et ce de manière concrète de sexisme, de féminisme, de patriarcat, de domination masculine et de misogynie. Et à chaque fois qu’elle passait en revue une nouvelle thématique et que mon cerveau butait sur une nouvelle question, il me fallait juste attendre le cours suivant (et sans même rien demander, simplement en l’écoutant) pour avoir des réponses, des sources, des références, des concepts me permettant de comprendre, de réfléchir sur tout un tas de problématiques.

Au début, je bouillonnais par tout ce savoir. J’avais l’impression de comprendre plein de choses. J’avais constamment envie d’en parler. Forcément, je commençais à chercher beaucoup d’autres informations sur le net, oscillant entre les blogs militants, les articles journalistiques et les sources plus universitaires. Et en même temps, sur Twitter, je commençais à voir de plus en plus de personnes relayer des histoires de harcèlement de rue, de produits genrés (2 thématiques concernant beaucoup les femmes de mon âge), et autres joyeusetés.

On dit souvent que lorsqu’on réalise le sexisme de notre société, c’est un peu comme prendre la petite pilule rouge dans Matrix : il est impossible de retourner en arrière. Oui, c’est le cas.

Seulement, comme beaucoup, j’ai eu un sentiment d’illégitimité à en parler. Je suivais toutes ces «twitto/as féministes » mais je n’osais pas me revendiquer comme en faisant partie. Je n’arrivais pas à me détacher de tout l’aspect négatif de ce terme, de sa connotation péjorative. Je me confortais en me disant « égalitariste ». J’avais 18 ans et je trouvais ça plus « rassurant ». Je pensais que les hommes cis étaient forcément incontournables pour faire passer nos idées : « après tout, on les trouve si convaincant, même à tort ! ». Dès que j’essayais d’écrire sur le sexisme, je prenais un soin particulier à ne vouloir surtout pas heurter la sensibilité des hommes : s’ils réagissaient négativement à un des mes articles, cela voulait dire que j’avais tout foiré. Je continuais inlassablement à ne me référer qu’à l’approbation masculine…

Le problème c’est que plus vous partagez, relayez et écrivez sur ce sujet, plus vous suscitez des réactions et en premier lieu, celles des hommes (qui aiment bien avoir un avis sur tout et l’afficher sur la toile). Et au fil du temps, je me suis prise petit à petit les mêmes arguments. Toujours. Tous les « NotAllMen », tous les « féminazis », tous les «hystériques extrémistes ». Moi qui me planquais derrière des “humaniste”, des “féministe mais pas trop”, des “féministe mais modérée”… je subissais leur mauvaise foi constante. Et plus je continuais à m’informer sur le féminisme plus je découvrais ces « bingos » créés par les militantes qui me prouvaient, qu’hélas, ce genre de réactions était extrêmement courant même quand on essaie d’être la plus “soft” et pédagogue possible.

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D’égalitariste à féministe

Et je ne sais même plus trop quand, ni même comment, mais après près plusieurs mois à m’y intéresser j’ai commencé à me le dire, « féministe ». A demi-mot, d’abord, en prenant des pincettes, un peu hésitante. Mais je l’ai dit. J’ai décidé d’arrêter de vouloir brosser tous ces mecs dans le sens du poil, ces mêmes mecs qui me sortaient toujours le même baratin sans prendre le temps de lire ce que je relayais et qui étaient soigneusement documentés. Ces mêmes mecs qui, par leur mépris pour les femmes et qui aimaient me couper la parole, ont fait que j’ai commencé à me définir comme féministe, à m’approprier ce terme. Ces mêmes mecs qui m’ont fait ouvrir les yeux sur tout leur désintérêt pour la condition féminine. C’est balo hein.

Effectivement, moi aussi j’ai été de la génération « Madmoizelle ». C’est ainsi que j’ai fait mes « premières armes », compris la définition de certains termes. Et effectivement, ça me chagrine un peu (beaucoup) quand je vois ce que ce site est devenu (ou plutôt, a-t-il toujours été ainsi ?). Ca a été une entrée à la matière positive sur plein de points mais en même temps, malheureusement, négative pour d’autres choses, pas assez inclusives et laissant de côté tout un tas d’aspects du féminisme. Mais heureusement, Twitter était là pour m’aider à comprendre la complexité d’un tel mouvement, sa diversité et l’ensemble des revendications qu’on y trouve.

Après ma première année, alors que j’avais passé mes 19 ans, j’ai bien dû admettre que mon féminisme était très « mainstream », trop réformiste, ne s’attardant pas suffisamment sur les causes systémiques, profondes, de la domination masculine. Je crois que ce qui a été une vraie source d’émancipation pour moi, a été ma rupture avec un mec particulièrement dominateur, méprisant et je pèse mes mots. J’ai vécu une sorte de libération intense à ce moment-là, je m’échappais d’un an et demi de relation dont plus de 12 mois avaient été toxiques. Je revivais. J’ai mis les mots sur des choses qui m’étaient arrivées, qu’il m’avait fait. J’ai mis du temps, j’aime pas trop en parler de vive voix et j’en parle (paradoxalement) bien mieux sur le net avec des gens « éloignés » qu’avec mes proches mais j’ai fait ce petit pas dans ma vie.

J’ai fréquenté d’autres garçons entre mes 19 ans et mes 23 ans. Des garçons « pro-féministes », des profem manipulateurs, des mecs qui savaient pas trop comment se définir mais qui n’avaient pas foncièrement envie de me contredire et qui, surtout, me laissaient m’exprimer sans remettre en question mes convictions ou ma colère. Ces derniers ont été les meilleurs partenaires de vie, sans aucun doute. Depuis, je prends un soin particulier à ne sortir qu’avec des types de ce genre pour ma propre sérénité. Et je n’ai jamais eu de relations aussi saines que maintenant. 😉

La découverte du féminisme radical, anarchiste, inclusif

Mon féminisme m’a permis de percevoir d’autres pans de la société différemment. J’ai beaucoup réfléchi sur le libéralisme, le capitalisme, l’organisation étatique, sur les institutions. Là où on reproche à certains anticapitalistes de ne pas remettre assez en question le patriarcat comme forme de domination, moi ça a été le contraire : le féminisme a été une porte d’entrée pour découvrir ces valeurs. J’ai développé un féminisme plus radical, qui ici sous entend ce que je disais précédemment : être contre un féministe « réformiste », privilégiant plutôt un féminisme voulant changer la société de fond en comble.  Je me suis beaucoup tournée vers les mouvements inclusifs, anarchistes, queer, intersectionnels, pro-sexe/sexe positive pour développer mes positions etc.

Je suis devenue féministe militante. Ca me tient à cœur de l’ajouter derrière « féministe » car je sais que toutes les personnes féministes ne le sont pas. Et ce n’est pas un défaut, on peut être intimement féministe sans pour autant se positionner comme militante : le militantisme peut être fatiguant, très dur émotionnellement voire même dangereux. Alors je le comprends tout à fait, tout comme j’ai beaucoup d’autres convictions politiques pour lesquels je ne milite pas pour autant. Je ne peux pas être partout, je n’ai pas envie d’être partout, certains font mieux le travail que moi dans d’autres domaines. Même dans le féminisme, d’ailleurs. Je suis loin d’être parfaite et je ne pense pas avoir apporté quoi que ce soit de plus, mais je fais de mon mieux.

Là où certaines féministes se forment « sur le terrain », ou via les interactions sur les réseaux sociaux, je me suis en priorité réfugiée dans les livres, les essais, les articles universitaires, les revues critiques et les trucs dans ce genre. Alors après, l’un empêche pas l’autre et Twitter est encore une très belle porte d’entrée et m’aide quotidiennement, mais c’est surtout ma lecture d’ouvrages théoriques qui a été un savoir précieux. Je crois que ça m’a aidé à poser des mots sur des choses que je n’arrivais pas à définir. Poser des mots sur mon propre vécu. Ca m’a aidé à survivre, à me relever, à avancer. J’ai encore une liste de tout un tas d’œuvres/travaux que j’ai envie de voir, de lire. Et je comprends que ce ne soit pas le cas de toutes les militantes. Et quoi qu’on en dise, on n’a pas spécialement besoin des bouquins pour se « former au féminisme » (je ne sais même pas si ça veut dire grand-chose en vrai), le féminisme est certes un champ d’études pouvant être apprivoisé sous bien des angles différents mais c’est aussi et avant tout un vécu de notre quotidien, des histoires très dures, des témoignages qu’on veut mettre en lumière et une manière d’agir collectivement.

L’an dernier, avec « On vaut mieux que ça », j’ai fait quelques apparitions médias. Une fois, à la radio, la journaliste a dit que j’étais « très féministe ». Sur le coup, ça m’a fait un peu bizarre dans une présentation très courte d’avoir immédiatement ce terme qui venait s’accoler à mon travail et à ma démarche militante. Pendant un énième de seconde, j’ai été mi-angoissée mi-gênée : étais-je légitime ? Suis-je une « si bonne » féministe que ça ? Je ne sais pas si je suis une bonne féministe, et d’après ce que je vois sur les réseaux sociaux, une bonne féministe a surtout l’air d’être une féministe qui ferme sa gueule pour pas perturber les hommes dans leur masculinité. Alors bon, plus je gêne et plus j’emmerde le monde, plus je sais que je suis une bonne féministe selon ma propre échelle de valeurs.

Avec cette soudaine visibilité, j’ai été contactée par d’autres journalistes (pas mal de mecs) qui avaient trouvé le bon filon pour venir me faire parler sur à peu près tous les sujets possibles et inimaginables liés aux femmes dans les médias. J’ai refusé leurs propositions, eux qui avaient toujours fait preuve de beaucoup de condescendance et mépris et qui surfaient juste de façon opportuniste. Pendant un moment, j’ai un peu regretté mon choix : c’était peut être ma chance pour faire bouger les choses, non ? Et puis non. Mon blog, ma chaîne, mes réseaux sociaux : je ne touche peut-être pas autant de gens d’un coup mais je le fais avec plus de conviction, sans devoir suivre un fil conducteur imposé. Je me sens épanouie et bien dans mes baskets. Tant pis pour la visibilité et la « gloooaaare », j’aime ce que je fais, comment je le fais, cette impression de tout construire lentement mais de manière durable. Pour le moment, j’ai essentiellement confiance dans les femmes journalistes féministes rencontrées grâce à mon militantisme et avec qui je n’hésite pas à faire part de mes avis car je trouve qu’elles ont beaucoup de courage pour faire ce métier et si je peux les aider, c’est avec plaisir. Le reste, je m’en moque un peu.

Au dernier Noël, c’était la première fois que je recevais des bouquins sur le féminisme par mes proches. Ca m’a beaucoup fait plaisir et ça m’a beaucoup touché. Souvent, aussi, on me partage des articles, des liens, des vidéos. On me demande parfois mon avis et j’ai pas toujours la force de faire des analyses concises (j’ai pas forcément envie, je suis pas une machine) et même que ça m’embête un peu quand on me prend pour Google, Wikipedia ou une bibliothèque. Mais j’assume qui je suis. J’aime et j’assume cette étiquette féministe radicale. J’aime être sarcastique dessus, jouer à la misandre, ça m’amuse de voir les gens être gênés et un peu décontenancés par ce renversement de rapport de force (symbolique, certes).

Cette étiquette fait partie de moi, elle m’est importante car elle est très liée à mon identité en tant que femme. Ca me tient à cœur, c’est une part capitale de mon histoire. C’est ce qui fait ce que je suis.

Et maintenant ?

C’est la première fois que je pose un regard sur tout ça. C’est compliqué. Je suis toujours rassurée de voir que tous mes anciens écrits et mes analyses passées me semblent souvent trop « modérés », peu « approfondis ». Ca me conforte dans l’idée que j’avance, que cela signifie que mon militantisme évolue et que je ne fais pas du surplace. Mais cette insatisfaction permanente me frustre énormément, et j’ai tendance à supprimer beaucoup de textes qui me tenaient à cœur d’un point de vue « personnel/sentimental » car je les trouve « insuffisant » et que ce côté trop “individuel” est utile mais jusqu’à un certain point. Parce que je me souviens qu’on me lit, qu’on me dit que j’aide/que j’inspire (parfois)… et même si ça me fait tout bizarre et tout drôle, je prends ça hyper au sérieux parce que je veux abandonner personne.

C’est pourquoi j’ai un peu de mal parfois avec cette sorte de posture « publique », le fait de devenir féministe « pour les autres », avoir une sorte de rôle à jouer. J’aime pas trop, j’ai l’impression qu’on nous fout un truc sur le dos qu’on n’a pas demandé. Je ne représente rien si ce n’est moi (encore plus alors que je ne suis membre d’aucun parti ou autre).

J’ai aidé des femmes, ouais. Et ça, c’est quand même chouette en y pensant. J’ai aidé des femmes à sortir de relations toxiques, destructrices, dangereuses, j’en ai aidé d’autres à mettre un mot sur ce qu’elles niaient, j’ai essayé de conseiller comme je pouvais. J’ai reçu des mails de plusieurs pages avec beaucoup de tristesse, de désarroi, de peur, de colère et de violence. J’ai fait comme j’ai pu, j’ai dit ce que j’aurai aimé qu’on me dise, j’ai fait un bout de chemin avec ces femmes là en me disant que je pourrai être leur confidente le temps de quelques messages, l’oreille attentive dont elles ont eu besoin pendant un moment avant de se relever et d’avancer. J’ai eu le sentiment sincère d’être utile, de faire quelque chose de concret à mon échelle. D’être une petite pierre à l’édifice si instable mais si nécessaire qu’est notre lutte.

J’aimerai faire grandir tout ça, toutes mes idées féministes. Dans mes rêves, j’ai plein de projets en tête. Des envies que je désire concrétiser et que j’essaie de mettre en forme une par une. J’aimerai tellement faire plus pour toutes ces femmes battues, violentées, perdues, humiliées, effrayées. Je réfléchis à des choses. Je veux faire ça bien, continuer de construire la communauté que j’ai, avoir une vie professionnelle plus stable et de vraies ressources pour pouvoir me consacrer à tout ça entièrement à côté… ou pouvoir l’intégrer à mon métier? Je ne sais pas, ça prend du temps. Mais j’y arriverai.

Avec vous peut-être ?

10 Comments

  1. Chiquita (@jullamenace)

    29 mars 2017 at 13 01 00 03003

    Il est très chouette cet article, c’est toujours intéressant de prendre en perspective son évolution 🙂 J’ai aussi été sensibilisée par le féminisme sur Twitter, tu y as hautement contribué donc je t’en remercie ! Bonne continuation dans tes réflexions et agissements en tout cas

  2. Anonyme

    29 mars 2017 at 16 04 28 03283

    J’ai vécu dans un milieu relativement ouvert et tolérant,et je pense avoir toujours été féministe, mais je n’en ai pris que pleinement conscience vers mes 13 ans, quand j’ai découvert le site madmoizelle.com… J’aimerais me définir de féministe militante mais pour l’instant j’ai du mal à m’exprimer ouvertement, bien que tous ceux qui me connaissent un temps soit peut savent que je suis très engagée de ce côté. Et c’est énervant de voir que pour eux c’est moi, féministe, qui suis étrange alors que eux, enfermés dans leurs idées reçues, sont “normaux”
    Bref, c’est vraiment un super article ^^ (#Potterhead *_* )

  3. Rebecca

    29 mars 2017 at 17 05 58 03583

    T’inquiétes Buffy, on renversera le patriarcat. Tout.e.s ensembles

  4. Cile Estendra

    29 mars 2017 at 21 09 18 03183

    C’est aussi grâce à Harry Potter si j’ai découvert le féminisme. Et grâce à toi, parce que c’est tes deux articles sur HP qui m’ont donné envie de te suivre, et tes articles et vidéos ont par la suite été pour moi un sorte de pont entre mes questions et ma vision actuelle. Grâce à tout ce que tu fais, je me pose des questions, je me renseigne à droite à gauche, j’accepte aussi certaines idées, je me rends compte de certaines autres choses. Mon regard change, je sens que je change et que j’accepte moins certaines remarques ou autres. Et j’aime ça, j’aime arriver, juste en pensant parfois à tes mots, à ceux d’autres femmes, à m’opposer à des hommes (parfois, souvent, de ma propre famille), à faire entendre ma voix, et dire quand je trouve des choses risibles ou indignes, etc.
    Je ne suis pas encore militante, mais je sens que j’ai déjà fait beaucoup de progrès, juste en arrêtant parfois de me laisser marcher sur les pieds, en arrêtant de m’écraser pour ne pas heurter l’autre, quand ce dernier ne se gêne pas de me heurter moi, etc.
    J’espère que mon message ne te mettra pas de pression, ce n’est pas le but. Il s’agit juste ici pour moi de te remercier, et de chercher à te montrer que tes mots m’ont éveillé, et que c’est une cadeau immense que tu m’as fait simplement en t’exprimant, et ça me donne envie de m’exprimer aussi, pour pouvoir éveiller d’autres personnes, leur faire comprendre que non, on ne peut pas dire ou faire n’importe quoi.

  5. Mii

    29 mars 2017 at 21 09 25 03253

    Je n’ai pas grandi dans un milieu féministe, mais dans le monde où on voyait le plus d’inégalités H/F possible. Mère soumise et violentée. De fait, dès mon plus jeune âge, j’ai voulu renverser la situation.
    Je me considère comme féministe depuis mes 5-6ans, et c’est une très grande fiéreté pour moi. Je me suis pas mal épuisée à défendre nos droits, tenter de les faire comprendre aux plus immondes personnes à quel point nous étions égaux et qu’une femme peut se vêtir comme elle veut, qu’on mérite les mêmes droits… que parfois, j’ai eu un gros vide en moi, une perte d’énergie, surtout en voyant ce qu’il reste à faire, et qu’à ma petite échelle, les choses ne pourront jamais changer comme je le souhaite…
    Mais Diantre ! Ce combat est l’un des plus beaux de ma vie !

  6. Récap’ #15 – Coco Pop

    31 mars 2017 at 18 06 39 03393

    […] Buffy Mars revient sur ses 6 années de féminisme et ça permet d’apprendre plein de trucs si on veut s’y mettre : […]

  7. pomme

    7 avril 2017 at 14 02 25 04254

    Le patriarcat ça pue, il est difficile de le combattre, et de savoir être juste, mais franchement, entre nous, tu regrette pour le technicien ? L’avis des gens inonde internet mais j’aimerais bien connaître le tiens !

    1. Buffy Mars

      7 avril 2017 at 16 04 47 04474

      rien d’autre à ajouter que l’article de nadia daam à ce sujet

  8. Fhala

    17 août 2017 at 16 04 58 08588

    Merci pour ce témoignage, j’ai beaucoup appris. Le féminisme “assumé” est encore quelque chose de nouveau pour moi, j’ai du mal à me sentir légitime, à m’exprimer sur le sujet sans bafouiller ni m’embrouiller, à avoir les idées claires, précises et résumées. J’ai envie de tenir tête aux personnes tenant des propos sexistes, mysogynes, lgbt+phobes etc., j’aimerais plus souvent m’exprimer à ce sujet. J’ai très peu de personnes bienveillantes avec qui partager cela dans mon entourage, ça n’aide pas non plus.
    Toujours est il que cet article est très inspirant et motivant, merci !

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