Comment devenir végétarien/végétarienne ?

Quand j’ai écrit mon article où j’expliquais être devenue végétarienne, vous avez été pas mal à me demander sur Twitter comment s’était déroulé “ma transition”, et comment j’avais fait pour réussir à arrêter la chair animale étape par étape. C’est vrai qu’il peut être difficile de se lancer et de s’y tenir mais selon moi, la clé est de prendre son temps, histoire de ne pas se sentir frustré.e !

Comment arrêter la chair animale petit à petit ?

  • Y aller par étape
Lorsque j’ai décidé de réduire ma consommation de chair animale, le 01er janvier 2016, je savais que le chemin allait être fastidieux. En effet, c’était tout un tas de petits rituels que j’allais devoir oublier (les lardons dans les pâtes, le blanc de poulet sous vide quasi-quotidien..). Des gestes auxquels je ne pensais même pas quand je les consommais. J’ai décidé de me fixer des paliers en tenant un calendrier sur le long terme. Mais, mon cas est un peu particulier : je voulais réduire au maximum ma consommation de viande mais je n’avais jamais pensé réussir à totalement l’arrêter ou en tout cas, pas aussi rapidement (au bout de 3 mois, je devenais végétarienne sans l’avoir vraiment prévu).
Cependant, je pense que cela peut être un bon moyen pour se motiver : se fixer une date butoir fonctionne pour pas mal de gens. Après, rien ne vous oblige à la fixer aussi tôt : vous pouvez décider de devenir végétarien.ne dans 6 mois, 1 an.. D’ailleurs, là encore, si le fait de devenir végétarien.ne vous semble trop difficile (je pense aux gros.se.s mangeurs/ses de viande qui aiment en consommer quasiment à chaque repas), fixez-vous vos propres objectifs : “dans 6 mois je ne dois manger de la viande que 3/semaine etc.”  Forcément pour certaines personnes, ceci reste quand même énorme. Mais pour moi, il vaut mieux y aller à son rythme plutôt que de surestimer ses capacités. Concrètement, il s’agit de votre assiette, de votre rapport à la nourriture, de vos habitudes d’alimentation. N’allez pas plus vite que la musique ! Le plus important est de rester régulier/ère sur la durée.
Dans mon cas, voici comment j’avais décidé de fonctionner : 
Mois de Janvier : 3 repas par semaine avec de la chair animale grand maximum
Mois de Février : 2 repas par semaine avec de la chair animale grand maximum
Mois de Mars : 1 repas par semaine avec de la chair animale grand maximum
… les choses ont fait que mi-mars, je mangeais plus du tout de chair animale sans trop m’en apercevoir
  • J’aime beaucoup trop certain.e.s viandes/poissons, comment faire ?
Cela arrive ! Auparavant, j’affectionnais tout particulièrement le poulet et le saumon. Peu importe les reportages que je pouvais voir, je ne pouvais pas m’en passer, culpabilisant mollement une fois un repas en contenant terminé.. pour mieux en remanger par la suite ! Je savais que c’était “mes ennemis” et c’est bien pour ça que j’ai décidé de me concentrer dessus (oui, connaître ses faiblesses : c’est bien). D’abord, lorsque je réduisais ma consommation de chair animale, j’ai décidé de profiter au maximum des fois où je mangeais de la viande/du poisson en me tournant vers de la bonne viande, avec du goût, bien préparé et si possible, faisant partie de mes préférées.
 
  • Point positif n°1 : cela m’a empêché un sentiment de frustration et de “manque” qui m’aurait poussé à un gros craquage (en mode “osef, je me fais un énorme plateau de makis saumon même si j’ai déjà mangé de la viande cette semaine !“).
  • Point positif n°2 : à force d’en manger continuellement.. ben je m’en suis lassée. Ben oui, finir par manger du saumon encore & encore, ça me donnait un profond sentiment de répétition. Mais là, ce n’est que personnel.
En réalité, le fait de diminuer ma consommation de viande de manière drastique (puisque j’ai finalement tout arrêté) a été un formidable déclic pour réaliser à quel point le manque est quelque chose relatif. Et vers la fin, alors que les rares fois où j’en mangeais était essentiellement du saumon/du poulet, j’ai compris qu’avec le temps, je m’en détacherai (je trouve ça même ridicule tout le côté incroyablement solennel que j’utilise présentement pour parler de VOLAILLE et de POISSON).
A cela, s’ajoute qu’entrer dans une telle démarche implique également souvent une démarche “politique” : on s’informe plus, on regarde plus souvent des reportages, on a tendance à s’informer plus régulièrement sur ces sujets.. c’est bête mais effectivement, ça joue à prendre du recul, à nous sensibiliser à notre tour.
Aujourd’hui, je peux le dire tout à fait honnêtement : le poulet et le saumon ne me manquent pas plus qu’un autre aliment. Et je fais effectivement partie des personnes végétariennes qui éprouvent un profond dégoût à voir de la chair animale crue, là où avant cela m’indifférait. Je ne peux pas vous dire spécialement pourquoi (sûrement l’odeur qu’on n’a plus l’habitude d’avoir sous le nez et qui semble subitement plus forte) mais c’est un fait.

Gare aux personnes souffrant de TCA ! 

Comme beaucoup (trop) de femmes, malheureusement, j’ai souffert de Troubles du Comportement Alimentaire durant mon adolescence. Même si j’estime désormais manger sans problème, je ne pense pas rester à l’abri d’une rechute (il suffit d’un passage à vide dans sa vie pour faire resurgir pleins de trucs moches, je ne vous l’apprends pas).
J’ai déjà lu pas mal de témoignages sur Twitter de personnes racontant avoir vécu l’enfer en devenant végétariennes alors qu’elles souffraient de TCA. Ce n’est pas étonnant : changer ses habitudes alimentaires ce n’est pas rien, surtout quand on a un rapport compliqué avec la nourriture. Il me semble qu’il est primordial d’en parler avec votre psychologue/nutritionniste/médecin si vous avez un suivi vis-à-vis de votre alimentation. Ce sont des personnes à même de vous aider à effectuer cette transition de la façon la plus saine.
Malheureusement, beaucoup de personnes continuent de faire face à leurs TCA sans pouvoir avoir de suivi. Je ne peux donc vous faire part que de ma propre expérience pour vous donner quelques pistes (et encore, tout ceci reste très personnel) :
  • ne pas changer d’alimentation si vous n’allez pas bien moralement : non, l’alimentation n’est pas “la clé” pour aller mieux et ne pourra pas vous faire oublier vos problèmes
  • effectivement, le végétarisme permet d’avoir une alimentation souvent plus “saine”, mais il ne faut pas pour autant se projeter dedans comme une solution miracle pour réussir à manger mieux si vous avez du mal à avoir une alimentation “stable”
  • d’ailleurs, je ne pense pas que vouloir devenir végétarien/ne pour perdre du poids soit une raison très saine.
Bien entendu, ici, je parle pour les personnes souffrant de TCA et pour qui la culpabilité de manger et l’obsession vis-à-vis la nourriture peuvent (re)surgir très facilement. Mais, je tiens à rappeler qu’avoir des TCA n’est pas une fatalité et que je ne suis pas en train de dire que devenir végétarien/nne est impossible quand on en souffre. Je pense juste qu’il est important d’apprendre à s’écouter et de savoir se demander comment on va et si on est dans une période “favorable” pour changer d’alimentation.
D’ailleurs, un autre point important serait aussi d’arrêter de croire en l’orthorexie. J’en ai déjà parlé dans un autre article mais je le remets ici : l’orthorexie (“l’obsession à manger sainement”) n’a jamais été prouvé scientifiquement ni validé médicalement. Cependant, s’il y a bien quelqu’un qui adore en parler et la promouvoir dans les médias, c’est est la multinationale Nestlé (ils en parlent d’ailleurs sur leur site). Je pense que vous n’êtes pas naïf/ve et que vous savez très bien pourquoi cela arrange une telle compagnie de vous faire penser qu’avoir une obsession dans le fait de manger sainement est possible : vu ce qu’ils aiment nous vendre, ce n’est pas compliqué à deviner.
Attention, je ne dis pas que si le fait de “manger plus sainement” devient une obsession pour vous, c’est un faux problème que vous auriez imaginé. Absolument pas ! Mais, cela n’est pas de l’orthorexie. Cela peut-être un Trouble du Comportement Alimentaire “non spécifié” comme on dit, ou encore de l’anorexie, ou autre. Cela veut dire que le problème est plus profond que le fait d’avoir voulu manger “sain”, cela veut dire que l’intérêt porté à votre alimentation prend une tournure qui pose problème car vous avez (peut-être) d’autres problèmes. Et dans ces cas-là, il est important d’en parler.

Pour le moment, il me semble avoir dit le nécessaire ! Dans un prochain article, je vous donnerai tout un tas de recettes végétar/liennes ultra simples et faciles à adopter qui raviront vos papilles. Ainsi que quelques bonnes alternatives pour remplacer la chair animale si le goût (ou la consistance, ce qui est sensiblement différent) vous manque !

Note : et je vous donnerai quelques conseils pour remplacer la chair animale par des produits végétaux afin de ne pas avoir de carences 🙂

Je suis Buffy Mars et je suis la créatrice du blog "Tout est Politique" et de la chaîne Youtube du même nom. Féministe à tendance libertaire, j'ai ouvert ce blog afin de vous partager mon point de vue sur des sujets de société qui m'intéressent. Parfois via des articles de vulgarisation que j'essaie de sourcer au mieux (notamment grâce à mon intérêt croissant pour la sociologie) parfois via des billets d'humeur plus ou moins spontanés.
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Written by Buffy Mars
Je suis Buffy Mars et je suis la créatrice du blog "Tout est Politique" et de la chaîne Youtube du même nom. Féministe à tendance libertaire, j'ai ouvert ce blog afin de vous partager mon point de vue sur des sujets de société qui m'intéressent. Parfois via des articles de vulgarisation que j'essaie de sourcer au mieux (notamment grâce à mon intérêt croissant pour la sociologie) parfois via des billets d'humeur plus ou moins spontanés.