Est-il possible d’avoir trop de principes ?

On m’a déjà sorti que j’étais “une facho”. C’était souvent des gens qui connaissaient pas vraiment le terme (parce que les abus de langage c tro swag), c’était leur manière à eux de dire que je ne tolérais pas leurs idées, que j’étais intransigeante. Forcément, dans ces moments-là mon côté pète-sec ressort encore plus et je finis par balancer qu’il serait bon de connaître la définition exacte du fascisme tant d’un point de vue politique que social et économique. C’est dans ces moments-là aussi, qu’on finit par me dire qu’en plus de ça, je prends tous les mots avec trop d’importance et qu’avec moi, faut toujours qu’on réfléchisse avant de parler, parce qu’on peut plus rien dire. Blablabla.

(note: cet article a été écrit après une énième dispute en compagnie des parents. youhou)

Bref. Avec le temps, j’ai appris à faire avec. 
Ces remarques, je les connais, on me les a sortis 40 000 fois:
 

Tu lis trop, ton avis ne sort que des bouquins. Regarde, moi je construis ma pensée qu’avec mon cerveau. Je me nourris de ce que je vois, moi. Toi t’es trop influencée par les livres.

Oui, parce que les livres sont dangereux c’est bien connu (on attend impatiemment le Point Godwin où on va nous citer Mein Kampf dans les commentaires, merci) et que les choses qui sortent de nos esprits sont le fruit du hasard et aucunement des réflexions structurées par des concepts intériorisés et véhiculés par des structures dominantes. Hein, dis-donc.

“Tu prends tout trop au sérieux. Tu critiques tout. Si on t’écoutait, on ne pourrait plus vivre.”

Effectivement, je suis profondément lassée des discussions autour des faits divers rocambolesques, des exemples lorsqu’on va parler de sexisme, de racisme ou d’homophobie qui ne tournent qu’autour des formes les plus violentes et les plus visibles. Du mépris pour les violences dites “symboliques”, les micro-agressions, les oppressions quotidiennes, latentes, plus discrètes, plus sournoises mais qui font perdurer toutes ces dominations parce qu’elles sont intériorisées, acceptées par dépit voire justifiées.

Alors oui, j’ai tendance à reprendre les gens quand ils utilisent des “mauvais” mots, se permettent des remarques qui s’inscrivent dans des systèmes oppressifs. Même si “tout le monde le fait”. Même si c’est “quotidien”. On se permet de dire que je cherche à culpabiliser les gens et que je suis dans une posture d’auto-flagellation, à parler de rapport de domination, d’oppression, à essayer de déconstruire les choses qui peuvent nous entourer. Je n’ai aucunement une posture bienveillante sur pleins de thématiques et je ne suis en aucun cas une pseudo “bisounours”.

Non, je remets en question mon attitude, son impact au sein de la société. Et effectivement, je n’ai pas envie d’évoluer dans un environnement toxique où je me sens mal et incomprise. Alors j’essaie d’expliquer aux gens ma posture, mes intentions, mes idées.

 

“De toute façon, tu te crois meilleure que tout le monde. Tu te penses parfaite. Tu sais tout. C’est pour ça que tu critiques sans cesse les autres.”

J’aimerai bien que ce soit ça mais pas tellement.
Ce que je raconte, ce que je dis, ma manière de défendre des choses qui me tiennent à coeur alors qu’elles ne me concernent pas forcément, ça ne m’est pas venu d’un coup, en tombant du ciel. Je me remets sans cesse en question. Quand je fais une “boulette”, quand on me fait remarquer que mon propos peut sembler ambiguë, mal formulé, passé à côté de certains éléments, je me tais et j’écoute. J’interroge oui, mais j’écoute aussi.

Quand quelque chose ne me concerne pas, que j’ai du mal à en cerner totalement le propos, là encore, je me tais et j’essaie d’être attentive. Je fais des recherches, j’essaie de réfléchir le truc jusqu’à bien cerner les tenants et aboutissants. Et parfois, c’est compliqué, oui. Parce que ce sont des questions complexes, nuancées, à approfondir avec soin.

J’ai de la chance, je suis très curieuse, avide de savoir, toutes ces problématiques me passionnent. J‘ai de la chance aussi, car autant les problématiques liées au sexisme sont importantes pour ma propre survie, autant d’autres choses ne me touchent pas personnellement le moins du monde. Faire l’effort de les comprendre est donc quelque chose de bien moins important qu’une personne directement concernée. Et puis, je trouve ça égoïste et insultant les gens ayant un haussement d’épaules dédaigneux face à des discriminations qui ne les concernent pas.

Alors non, je ne crois pas être meilleure que la plèbe, mais j’évite de me complaire dans l’ignorance. J’évite de trouver des excuses à des comportements ou remarques qui offensent. C’est parce que justement, je suis loin de me trouver parfaite que je fais ce travail de réflexion sur moi-même. C’est parrce que je pense qu’il y a beaucoup à revoir dans mon comportement, que je lis, m’informe, m’interroge et écoute. Et oui, je reprends les autres. Et ça me gave beaucoup cette susceptibilité dès qu’on pointe du doigt vos travers. Je me pense mieux que les autres? Pourtant, vous avez quand même beaucoup de mal à reconnaître vos torts. Vous montez sur vos grands chevaux dès qu’on essaie de vous expliquer les choses. Vous vous énervez, vous coupez la parole, et vous vous permettez de tourner en dérisions des problématiques qui vous échappent.

Dès qu’on sort des statistiques, des études, des articles, des travaux universitaires, dès qu’on cite des auteurs, on devient la petite prétentieuse de service qui pense connaître tout de la vie. Et puis n’oublions pas qu’une femme qui lit, ça fait peur hein, comme dit le proverbe “Les femmes qui lisent sont dangereuses“. C’est fascinant tout de même, que la personne qui remet en question son propre jugement et décide de s’informer et qui comprend qu’elle a eu tort est celle qui pense avoir la science infuse. Moi je trouve que c’est plutôt l’inverse, et que lorsqu’on décide de mépriser des gens qui se sont faits chier à problématiser des sujets en ne lisant pas leurs travaux, on ferait bien d’arrêter de se regarder le nombril.

“Avec toi on ne peut pas parler. Tu es contre la liberté d’expression, ce n’est pas très démocratique !”

Tout d’abord, il y aurait beaucoup à dire sur le principe même de liberté d’expression et qui en détient le monopole et a le plus tendance à l’utiliser à sa guise dans les médias. C’est facile de parler de liberté d’expression quand ce sont toujours les mêmes discours vecteurs d’une idéologie dominante qui sont mâchés encore et encore. Mais on va encore dire que je fais ma prétentieuse donc bon, je vais tranquillement laisser ce sujet de côté.

Je n’impose en aucun cas mon avis. Seulement, je considère que je n’ai pas forcément à débattre après avoir exprimé une idée me tenant à coeur. Ensuite, si quelqu’un veut absolument discuter avec moi (et que j’accepte), je ne vois pas pourquoi je n’ai pas le droit de pousser le cheminement plus loin, de rebondir sur chaque propos encore et encore. Pourquoi dois-je forcément me taire, et faire comme si les propos d’autrui ne me sortaient pas par les yeux? Pourquoi dois-je faire semblant ? Est-ce de ma faute si les gens paniquent et sont contrariés dès que la discussion “va trop loin” ? Est-ce de ma faute si cela les met mal à l’aise quand ils réalisent qu’il n’y aura pas de bavardages bon enfant mais de vraies confrontations d’idées ? 

Je n’impose rien.

Mais si tu veux discuter, alors attends-toi à ce que je démonte tes arguments point par point. Faire autrement n’aurait pas d’intérêt. Non, il ne faut pas de tout pour faire un monde. Je pense qu’on peut largement se passer des mecs qui t’expliquent que certaines victimes de viol l’ont bien cherché ou je ne sais pas trop quel autre argument malaisant/dangereux au possible.

Et si cela te gêne, alors fais comme moi la grande majorité du temps : ne débats pas, tout simplement. Dis ce que tu penses et casse-toi. Ou accepte de discuter avec des gens avec qui tu es en phase, où les divergences sont minimes mais qui permettent un développement bien plus productif et approfondi qu’il n’y paraît. Croire que parler avec des gens ayant les mêmes “positions” politiques est une manière de rester dans sa zone de confort est complètement faux. Tu ne feras pas changer quelqu’un de radicalement opposé à tes idées, même avec les meilleurs arguments du monde, même en le coupant net dans son propos. Si la sensibilité n’y est pas, si les valeurs sont trop divergentes, la conversation tournera encore et encore au sujet des mêmes thématiques. Pire, cela pourrait s’envenimer et vous énerver chacun de votre côté. Ce serait un débat sans fin, sempiternel et ennuyeux… où on finit par se sentir offensé et à avoir le sentiment que notre interlocuteur cherche à nous “embrigader”.

Croire que parler avec quelqu’un avec les mêmes convictions n’est pas productif est une erreur. Les domaines de spécialisation peuvent varier, s’arrêter sur des détails “minimes” où les points de vue ne sont pas totalement identiques est hyper enrichissant. De toute manière, pour pouvoir parler avec ces individus, il faut avoir fait un travail de “filtrage” avant, afin de savoir qui te correspond au mieux… et par conséquent, avoir débattu avec des gens dont tu ne partageais pas le même avis, sans forcément le savoir au préalable. Eh, comme quoi 😉

Mais je suis dubitative quand j’entends que le fait de ne discuter qu’avec des gens de son “camp”, est de la paresse intellectuelle. Je n’ai jamais autant appris, développé mon point de vue qu’en évoluant dans les sphères du féminisme radical. Parce que toutes les féministes radicales ne parlent pas des mêmes sujets, n’ont pas forcément les mêmes avis et la même manière de percevoir certaines problématiques. Et je prends l’exemple du féminisme mais c’est comme ça pour… tout, en réalité.

D’ailleurs, je n’ai aucun problème avec les gens qui ne partagent pas forcément mon avis (faut pas pousser non plus, hein). Mais j’aime les gens honnêtes. Ceux qui ne se cachent pas derrière des excuses toutes préparées, des retournements de vestes , qui ne veulent pas admettre que leur propos est paradoxal. Le fait de se mentir à soi-même me fout hors de moi.

“T’façon, t’es jamais contente ! Tu trouves toujours un truc à redire !”

 

J’ai peut-être un esprit critique assez développé mais je ne me sens pas spécialement aigrie. Le jour où je serai blasée de tout et que plus rien ne m’indignera, inquiétez-vous. Se questionner sur quelque chose ne veut pas forcément dire qu’on fait du bashing. J’ai de profondes convictions, qui, je pense, sont notamment dues au fait que j’ai beaucoup de fierté. Depuis toute petite, j’ai toujours préféré être seule que mal accompagnée. Me mettre les gens à dos, même si tout le monde les trouve cools et gentils, si j’avais le sentiment qu’ils avaient des avis intolérants et oppressifs, ne me dérangeait pas tellement. J’assumais mon choix d’une solitude revendiquée, à préférer faire comprendre qu’on me sortait par les yeux plutôt que de faire semblant d’apprécier de les côtoyer.

Je ne supporte pas de ne pas réussir à me regarder en face dans une glace. Le fait d’avoir le sentiment d’avoir été malhonnête peut me bouffer et m’empêcher de dormir. J’ai besoin de me sentir en phase avec mes idéaux. Quitte à perdre des ami(e)s. Qui à perdre ma famille. Qui à déchirer mon couple.  
C’est dur, ça fait mal. Ca pèse. C’est terrible de ne pas savoir faire des concessions. 

 

C’est terrible d’être égoïste au point de préférer avoir le coeur léger et de finir par poursuivre sa route seule que d’accepter l’avis de quelqu’un opposé au sien parce qu’on le considère comme profondément immoral. C’est égoïste d’en avoir rien à foutre de les blesser en leur tournant le dos, parce qu’eux, ils acceptent vos idées. Évidemment qu’ils les acceptent. Vos convictions cherchent à mettre tout le monde au même niveau. A mettre fin aux discriminations, à l’oppression, aux violences physiques et symboliques, aux dominations systémiques. Y a plus flippant, au fond.

C’est terrible parce qu’on laisse des gens qui nous appréciaient plutôt bien sur le bas côté de la route en leur disant “finalement non, tu n’es pas fréquentable“. C’est terrible parce que ça fait peur de bouleverser son quotidien à ce point. D’avoir des gens qui vous manquent mais qui au final, sont trop mauvais sur bien des points pour  pouvoir fermer les yeux. C’est terrible de voir les gens réussir à faire avec, faire semblant, prendre sur eux alors qu’en “off” ils vous diront “ouais j’avoue, moi aussi je peux pas le supporter quand il/elle dit ceci ou cela“.

Car là on ne parle pas de caractère ou de personnalité (à ce niveau-là, je m’accommode d’à peu près tous les défauts du monde *oui, cela va vous surprendre mais on me fait souvent remarquer que je suis assez facile à vivre au quotidien*). On parle d’idées parfois dangereuses, parfois intolérables, de la bêtise pure et dure, ignorante, blessante, oppressive. C’est terrible. C’est chiant. Ca fait mal. Mais sur le long terme, c’est ce qui permet d’aller bien, d’aller mieux. De se protéger. C’est ainsi que j’ai pu me faire de nouveaux/nouvelles ami(e)s. Conserver les amitiés les plus belles, les plus fortes, les plus sincères. C’est ainsi que j’ai pu faire des choix importants pour mon avenir. Que j’ai pu me construire et me dire, qu’au moins, à mon échelle, je fais du mieux que je peux.

 

Tout n’est pas parfait. Mais je m’interroge justement, je ne me cache pas derrière des arguments tout faits, comme quoi c’est ainsi que marche le monde, que c’est la vie, qu’on ne peut pas faire autrement et que la vie est moche, méchante et injuste, pour ne pas avoir à me remettre en question et écraser le voisin. Oui, parfois je décide de couper le contact avec des gens que j’aime très fort mais parce que ce n’est plus possible de les écouter. Oui, je sais que si j’avais fermé les yeux et m’étais contentée de sourire, j’aurai pu tirer l’avantage de pleins de situations. Mais c’est que j’y arrive pas. J’ai essayé hein. D’assouplir mes convictions. Mais je finis sous ma couette, à me ronger les sangs et à avoir envie de vomir parce que ce manque d’honnêteté me rend littéralement malade.

Donc, je continuerai à boycotter certaines marques dont je n’aime pas les politiques de production ou leurs positionnements politiques. Je continuerai à essayer de manger bio et à avoir pour but d’être végétarienne, puis végétalienne parce que que c’est ce qui a le plus d’impact écologiquement parlant. Je continuerai à boycotter certains événements sportifs, quitte à finir par être la seule en soirée à ne pas regarder l’écran télé et à contempler mon assiette (comme j’ai fait pour les JO. Et la coupe du Monde. Et.. à peu près tout). Je continuerai à refuser de voir certains films, écouter certaines musiques, à cause des artistes qui sont derrière ou à cause des conditions de production/réalisation. Je continuerai à refuser d’employer certains mots, même pour le “lol” et devenues des insultes du langage courant, parce que ma bouche n’arrive même pas à les prononcer. Je continuerai à refuser de faire ami-ami avec des blogueurs-ses/vidéastes si populaires et qui ont l’air si cool et sympa et qui, pourtant, ne sont pas forcément éthiques sur bien des points*.  

Et tant pis si ça me fait perdre en visibilité et si je passe pour la chieuse de service, la nana qui ne fait pas de la lèche et qui se coupe une partie de son “réseau”. Je refuse aussi de participer à des événements, mettre en avant des produits sur mon blog ou en avant sur ma chaîne quand je trouve ça trop éloigné de mes convictions, de mes aspirations et de ce que vous voulez (ce qui est… à peu près toujours le cas quand je reçois un mail). Et tant pis si c’est le modèle économique qui veut ça, s’il faut mettre de la pub partout pour gagner de la thune en faisant ce qu’on aime. Je peux pas, j’y arrive pas.

 

Alors oui, j’ai des contradictions. 

Pourtant, il n’empêchera que je continuerai à parfois acheter des marques ou des objets qui me plaisent, par envie, ou parce que je n’ai pas d’autres choix financièrement même si la multinationale qui se cache derrière est pas clean du tout. J’ai encore du chemin à faire avant de devenir végétarienne (puis végétalienne, hé). Et parfois j’aime bien manger des aliments qui ne sont pas produits localement. Et j’ai pleins d’autres choses à revoir sur ma consommation de manière générale, à utiliser beaucoup trop de produits jetables et à user énormément d’énergie rien qu’en tweetant, bloguant et autres (ah beh oui, ça compté hé). Je continuerai à parfois apprécier des célébrités “problématiques” parce qu’elles m’ont beaucoup apporté et époustouflé.. mais à côté, j’évite de faire leur promo à tout bout de champ.

 * Par contre, ça, faut pas exagérer. Non, je ne ferai pas de la lèche. Non, je ne vendrai pas ma mère pour des placements de produits ou pour être listée sur un événement trop swaggy.

J’admets ces contradictions, que j’essaie de corriger avec le temps… mais surtout, je ne les nie pas. Jamais je me trouve de fausses excuses, jamais je me mets à chouiner quand on me les fait remarquer. Parce que j’ai déjà réfléchi à ces questions.

Je ne suis pas parfaite mais effectivement, je deviens de plus en plus intransigeante et je sais qu’il y a encore deux ans, j’étais  souple sur d’autres choses qui désormais me semblent impensables. Je grandis, j’évolue mais en restant dans cette même mentalité. Alors je vais devenir encore plus intraitable, tant pis si ce sont des détails minimes, tant pis si on me voit comme la chieuse de service. Et je sais que mes contradictions, comme celles d’avant, vont s’effacer peu à peu. Je peux pas faire autrement. C’était déjà le cas, ça ne changera rien. J’essaie de plus en plus d’atténuer ces contradictions dans les démarches que j’entreprends. J’essaie au moins de le faire.

J’essaie au moins d’entamer un premier cheminement, un premier travail sur moi-même sur tout un tas de choses. J’essaie. J’évite de rester là, assise, désabusée, à dire que tout est inutile, que ça ne sert à rien.  Et oui, plus le temps passe plus ça empire : moins je ferme ma gueule, plus j’approfondis tous ces trucs qui me tiennent à coeur, plus je mets en pratique mes principes. Parce que la première personne envers qui je suis très critique, c’est moi-même.

J’aimerai, hein. Fermer les yeux. Me dire que personne n’est parfait, me conforter dans l’idée que je suis humaine et donc m’octroyer d’arrêter de suivre tous ces principes qui me font passer pour une Grand-Mère ronchon.  Seulement, j’en ai sincèrement marre. 

 

Marre de voir des gens se complaire dans leur égoïsme et ne pas faire grand chose pour essayer de faire au mieux. Marre de voir les gens dire que ce que je fais “ne sert à rien”, que le monde ne changera pas, que c’est perdu d’avance, que je suis seule dans mes convictions, que ça ne fera rien bouger.

Et alors, merde? Et si j’ai juste envie de me sentir “bien”, de faire au mieux. Et si j’ai envie de ne pas me plier à certaines contraintes car j’ai encore le choix, pourquoi je ne pourrai pas tout simplement car je ne “gagnerai” pas? Pourquoi est-ce que ça vous fait autant chier de m’entendre dire à votre meilleur pote si apprécié que c’est un connard d’homophobe? Qu’est-ce que ça peut vous foutre que je refuse de manger tel aliment importé de je ne sais quel pays dont je n’aime pas les positions politiques? Qu’est-ce que ça peut vous foutre que je refuse de participer à tel événement? Qu’est-ce que ça peut vous foutre que je refuse de regarder tel film à succès parce que les valeurs me déplaisent?

Pourquoi est-ce que je n’aurai pas le droit de dire “bah moi, je suis pas d’accord/j’ai pas envie” parce que vous êtes plusieurs à gueuler l’inverse? Pourquoi est-ce que ce serait moi, à ma petite échelle, la chieuse, l’emmerdeuse de service alors que je me retrouve en position d’infériorité dans ces moments-là? Pourquoi est-ce que vous vous efforcez à réduire à néant mes principes en les disant inutiles car ils n’ont pas un impact immédiat et mondial ?

Pourquoi serai-je la naïve, l’utopiste, l’idéaliste juste parce que j’essaie de faire des choses “meilleures” ? Pourquoi est-ce que vous mettez autant d’ardeur à mépriser mes avis et mes propos et à me décrire comme chiante et intolérante si, au final, je ne sers pas à grand chose? Si tout ce que je fais n’a aucun impact ? Pourquoi est-ce que ça vous énerve autant ?

Suis-je vraiment celle qui impose un mode de vie ? Suis-je vraiment celle qui est dangereuse ? Qui bouffe les libertés d’autrui ?
Alors non, avoir trop de principes, n’est pas “mal”. Essayer d’être la plus honnête possible, même si ça prend du temps et beaucoup de remises en question, c’est possible.

 

Et ça vous emmerde. Parce que veut dire que des gens, un jour, se permettront d’ouvrir leur gueule pour vous remettre à votre place, même indirectement. Et qu’il est facile de dire que je me pense parfaite alors que ce n’est pas le cas mais un peu moins qu’on vous rappelle que vous ne l’êtes pas non plus, et que vous faîtes rien pour vous améliorer.  On m’a déjà dit que j’étais désagréable, froide, antipathique, intransigeante, narquoise, chiante. Mais en tout cas, s’il y a bien un truc qu’on ne m’a jamais balancé, c’est que j’étais quelqu’un de malhonnête.

Ouais, j’crois que je peux dormir sur mes deux oreilles.


 

  1. Nico

    21 avril 2016 at 9 09 28 04284

    La remarque sur les gens qui “reprennent” trop de pensées d'auteurs et qu'il vaut mieux créer sa pensée soi même est naïve. On ne peut pas lire une pensée d'un auteur sans la mettre en perspective avec tout un tas d'autres éléments (notamment son propre vécu et ses autres lectures). Ne pas s'intéresser à ces livres c'est une solution de facilité, c'est aussi potentiellement passer à côté de gens qui ont le même point de vue en beaucoup mieux développé ou qui pourraient apporter de l'eau à leur moulin…

    DONC LISEZ LES GENS !!!

    Je commente pas le reste de l'article c'est trop long j'ai pas lu.

  2. hadiya

    21 avril 2016 at 10 10 31 04314

    Très rafraîchissant à lire. J'ai moi-même eu le même problème récemment où dans mon groupe d'ami, tout le monde m'a spontanément décrit comme “quelqu'un à principes”. J'ai été comme hébété après avoir reçu ce qualificatif dans la tronche, je ne sais toujours pas vraiment ce que ça signifie mais ce petit texte m'a donné un début de réponse je pense.
    Merci.

  3. Ygsendd

    21 avril 2016 at 11 11 12 04124

    🙂

    Voilà. Je sais pas quoi “dire” d'autre. Je te soutiens. J'écris d'ailleurs ce message pour dire que “Je suis passé par là, J'ai lu, je comprend” je partage ton avis. Et j'applique les même décisions que toi pour les choix de vocabulaire. Pour le reste, je suis bien trop fainéant et ignorant pour prendre des décisions comme les tiennes sur ma manière de vie. Mais l'honnêteté est pour moi très importante aussi. C'est pour ça que je ne mens jamais sur des sujet sérieux et qui me tienne à coeur. Je préfère me taire et partir si je n'est pas la force de sortir la vérité.
    Je comprend parfaitement tes choix et je te soutient. Juste en te disant que je te comprend. Car je ne peux rien faire d'autre à mon échelle.

    Bonne journée.

  4. Anonyme

    21 avril 2016 at 15 03 36 04364

    Belle intervention, je me reconnais sur plusieurs points et ça fait du bien de te lire.

    Je pourrais passer des heures à expliquer point par point tout ce qui est cool dans ton article, mais je vais plutôt me contenter d'une phrase:

    Heureux de voir que tu es un colibri.

  5. Anonyme

    21 avril 2016 at 18 06 15 04154

    wow ! J'adore cet article ! Que dire d'autre à part que je suis complètement d'accord avec toi

  6. Adrien Horgnies

    22 avril 2016 at 22 10 14 04144

    C'est le premier article que je lis de ta part et ta position me plaît beaucoup, j'ai l'impression que tu encourages la réflexion engagée. Par contre, je ne vois pas trop quel effet bénéfique pourrait avoir un tel article sur les personnes que tu critiques. A mon avis, tu vas les butter.

    Si j'ai bien compris, tu regardes encore la télévision? Sur ce point, tu es plutôt souple. Je dirai même que c'est incohérent avec tes propos sur la liberté d'expression.

    Par contre, le féminisme n'est pas une position facile à défendre tant les médias en donnent une image dégradante.

    Refuser la complaisance te fera avancer et tu laisseras forcément des proches sur le carreau mais tu rencontreras des nouvelles personnes.

  7. Vanessa

    23 avril 2016 at 0 12 07 04074

    J'ai beaucoup aimé l'article. Moi aussi j'essaye aussi d'être comme ca, je me suis reconnue dans beaucoup de choses. Et je voulais te demander si tu ressentais ca, parce que, pour moi, le plus dur c'est par spécialement le regard des autres, mais plus le choix de mes propres causes, prises de positions ou plus précisement de savoir ce qui est problématique ou non dans la vie de tout les jours. Un peu le sentiment que quand on commence à se poser ce genre de questions, il n'y a plus vraiment de retour en arriere et on arrête pas de réflechir à pleins de choses (bon j'ai pas tes talents d'ecriture mais je vais essayer de faire passer ce que je veux dire :p) .

    Je m'explique, par exemple, quand tu parles des aliments importés de tel ou tel pays, vu que si on y réfléchit, pas un seul gouvernement au monde n'a une politique ethique à proprement parler, ni même d'entreprises agricoles d'ailleurs (même dans le bio il existe des scandales), du coup forcément le choix est hypocrite. C'est une question que je me pose aussi quand il y a un boycott quelconque.
    Un autre exemple, j'ai un très bon ami qui est passioné par la Russie, qui a appris la langue, lit les livres etc. Si j'appliquais les principes strictes à la lettre, je devrais complétement couper les ponts à cause de ca et les lois homophobes là bas, et d'un autre côté je me dis que c'est juste complétement con de faire ca, si il n'approuve pas, qu'il n'y est pour rien et qu'il s'interesse à la culture et au pays pour autre chose (en occurence la musique), et que j'aurais moi aussi des choses à apprendre d'autres perspectives de vie et cultures.

    Je dis pas ca pour vouloir raconter ma life, mais c'est juste que c'est un exemple parmi d'autres (qui peut s'appliquer aussi pour le cas du véganisme par exemple (dans une logique “pur et dure” je devrais rejetter les gens non-végans de ma vie ou du moins ceux qui ne cherchent pas à le devenir, mais à la fois j'ai pas envie (et je m'en veux en partie de pas avoir envie) et je suis la seule vegan de mon entourage (mais c'est un peu une raison egoiste je me dis aussi) de la façon dont, depuis qu'on a pris la “pilule rouge” et qu'on essaye de lutter contre les choses problématiques que l'on peut cautionner ou assister dans la vie de tout les jours, il y a plus vraiment de retour en arriere, et on est condamné à soit chercher à être puriste, à chaque situation se demander si ceci ou cela est problématique, jusqu'à ce que je finisse par me dire que oui c'est problématique (et au bout du compte tout est problématique, vu que la plupart des choses que l'on consomme viennent de grosses entreprises, les musiques/films sont souvent racistes dans leur choix de casting ou incluent des personnes qui ont dis des choses problématiques à un moment donné)

    J'ai le sentiment que c'est comme si j'étais malade en quelque sorte, que quand on commence à se rendre compte de toutes ses choses, ca ne finit pas, et que là ou on ne voyait rien de mauvais il y a quelques temps, on va finir par trouver quelque chose de problématique. Que c'est une forme de processus de pensée qui ne méne finalement à rien mais dont on peut plus s'en passer une fois qu'elle est installée dans la tête (parce que je sais que quand à la fin, j'aurai rien changé au monde à ma petite échelle), qui me force à ne plus aimer des choses que j'aimais avant, à me prendre constament la tête pour des choses qui paraissent absurdes à la majorité des gens.

    Desolée pour mon commentaire sans vraiment queue ni tête , mais je me demandais juste si ressentais cela aussi.

  8. Thomas Noiret

    23 avril 2016 at 3 03 08 04084

    Bonsoir,

    Il m'arrive de lire de temps en temps votre blog (après avoir découvert vos vidéos sur le net). J'avoue que lire par écrit mes frustrations quotidiennes (sauf sur le sexisme, étant un mec, je n'ai pas ce problème, même si je le perçois dans mon environnement)… ça fait du bien merci ^^.

    Etant dans une boîte de consulting, je passe mon temps à côtoyer des ingénieurs, formatés, se prenant pour l'élite. Et quand un chieur comme moi met le doigt – par une argumentation que j'estime rigoureuse (mais n’ayant pas de feedback en face, j’ai parfois du mal à m’assurer que c’est le cas, même si je me suis aperçu après coup à plusieurs reprises de ma mauvaise foi dans certains cas liée à mon état mental fluctuant de ces dernières années) – là où ça pèche, ou par le biais de “questions-baffes” (j'aime bien cette notion), j'ai droit à de la mauvaise foi saupoudrée de mensonges éhontés, qui montre l'incapacité de la personne à prendre du recul sur sa situation et à préférer retomber sur autrui. Du coup, en réponse, la personne en question se prend un tir avec des arguments qui démonte chacun de ses points.

    Il y a aussi la question de la (p****) de famille. Ayant été (apparemment selon mes psys, toujours pas fait de test) un enfant précoce (et donc étant apparemment un adulte surdoué/zèbre), j'ai fait preuve de curiosité depuis mon enfance, face à une famille incluant notamment une tante alcoolique et violente lorsque acculée dans ces arguments par un gosse de 10 ans, les autres membres se contentant de l'infantilisation comme mode d'argumentation… ça n'a pas changé malgré mes 29 ans.

  9. Thomas Noiret

    23 avril 2016 at 3 03 08 04084

    (Partie 2)
    Comme vous, je suis mon plus grand juge. Je m'autocritique sans cesse (c'est peut-être à cause de mon perfectionnisme “malsain” car destructeur sur certains points) et depuis deux/trois ans, j'ai pris conscience (via de beaux épisodes dépressifs à tendance suicidaire) du mal être dans lequel je vivais, conséquences à mon avis d'une famille destructrice et peu ouverte d'esprit (d'ailleurs le chantage affectif inhérent à la sphère familiale n'a pas aidé) et d'une société toujours plus dans le nivellement par le bas (absence de prise de recul, argumentation de plus en plus fallacieuse pour répondre dans l'urgence, “intello”/”bisounours” = insultes, etc.) et l’émotif à tout pris dans l’urgence (au détriment de la réflexion et de la prise de recul). Je ne remets en cause les émotions, étant moi-même hyperémotif, mais de l’utilisation de nos émotions pour convaincre plutôt de vrais arguments rigoureux. Déjà à mon époque (dixit le vieux de 29 ans ^^), pour survivre à la scolarité, mon expérience personnelle m’a amené à conclure il fallait être dans la moyenne, ni au-dessus (sinon souvent humiliation par les profs) ni en-dessous (sinon moquerie), et réduire son esprit critique au minimum.

    Il y a néanmoins deux points que je voudrais reprendre :
    – la zone de confort relative aux “mêmes opinions” : de ce que j'en perçois en m'étudiant et en étudiant ce qui m'entoure (professionnel, dans la rue et personnel, car j'ai du mal avec la socialisation compte tenu de tous ces signaux “sociaux” perçus mais dont je perçois l'hypocrisie et donc, pour moi, l'absence d'utilité dans le fond), dans la majorité des cas, côtoyer les personnes ayant les mêmes avis permet de se conforter dans les siens et de réduire la remise en question et donc la prise de recul. Il ne s'agit ni d'une vérité ou d'une généralisation, mais de la conclusion de mes expériences sociales. Je pense que dans la société actuelle, les groupes de personnes qui se développent sur la base de mêmes opinions est infime devant les groupes de “complaisance”. J'en connais quelques-uns (heureusement !) mais dans le monde d'ingénieurs que je côtoie (dont les nouveaux arrivants sont encore plus méprisants et abus d'eux-mêmes que les années passés), le formatage et le “surdéveloppement” de la forme (au détriment du fond) avec l'absence de remise en cause a pris le pas sur la réflexion et le développement de soi. Le développement personnel dans un groupe avec des mêmes opinions résulte plus à mon sens d’une volonté propre que d’un mécanisme de groupe (même si des groupes de réflexion sur divers “fonds” favorisent ce développement… je ne sais pas si je suis bien clair, car j’ai tendance à voir le monde en schémas et algorithmes, avec des rétroactions entre les différentes structures/concepts que je perçois ?!). C’est mon avis que votre volonté (qui semble prononcé au vu de vos propos) a joué un rôle plus que significatif mais qui n’est pas forcément transposable à la majorité.
    – Cette dernière phrase m’amène au second point : bien que d’accord sur la frustration qui vous gouverne et le fond de vos propos, je vais vous dire trois mots que je déteste entendre, car cela revient à ne pas être considéré comme un être à part entière, apte à la différence : “vous pensez trop !”. Or, “trop” signifie de comparer à une référence et par rapport à la majorité des êtres humains vous pensez trop, car semblez prendre en compte bien plus de paramètres que la plupart des êtres humains. Or la frustration est ici un moyen de vouloir balancer à ces conn**** “vous ne pensez pas assez de mon point de vue” (c’est en tout cas ce que j’ai envie de leur rétorquer à chaque fois et peut-être que je transpose ma situation à la vôtre qui n’est pas comparable, auquel cas j’ai mal compris votre billet).

  10. Thomas Noiret

    23 avril 2016 at 3 03 09 04094

    (Dernière partie)
    Pour ces derniers points, je n’essaie pas de dire comment vous devriez voir le monde (si vous l’avez pris dans ce sens, alors je m’excuse car je me suis mal exprimé… et j’avoue avoir quelques soucis de communication, que je compense en faisant des pavés comme celui-ci pour bien expliciter mes propos, conscient que nos avis génèrent des filtres voire modifient le sens de certains mots / tournures), mais juste d’exposer mon point de vue. Je maintiens que votre billet (de relâchement de pression si j’ai bien saisis) a également décrit cette frustration qui me gouverne.

    Malgré mon côté cynique et désabusé, je ne pense pas que l’être humain est con, mauvais (et autres adjectifs péjoratifs), mais que notre société actuelle ne génère pas des personnes sensées et responsables mais formate à une certaine médiocrité, qui se traduit notamment par le jugement d’autrui plutôt que la remise en cause de soi et surtout par ce que je nomme “l’absolu du point de vue” (considérer son point de vue comme réalité plutôt qu’interprétation de cette réalité et j’hésite entre dire que son origine est l’égoïsme ou l’égocentrisme exacerbé par l’individualisme de nos sociétés). Pour moi, la meilleure solution que j’ai trouvé est la mise en place d’une approche “stoïque” (ne pouvant affecter mon environnement, je travaille sur mes mécanismes de réception) avec un côté “OSEF”.

    Bon, je pense que je vais arrêter de raconter des conneries et que je vais me morfondre dans les jeux vidéo pour me défrustrer. Au vu de l’heure, bonne journée ^^.

  11. Buffy Mars

    26 avril 2016 at 12 12 10 04104

    On est d'accord 😉 ! Merci à toi !

  12. Buffy Mars

    26 avril 2016 at 12 12 11 04114

    Merci Adrien. Et non je ne regarde pas la télévision 🙂

  13. Buffy Mars

    26 avril 2016 at 12 12 14 04144

    Hello Vanessa, je comprends totalement ton avis :).
    Pour ce qui est de la langue russe (je reprends cet exemple car il me parle) : j'adore la littérature russe, je lis beaucoup de livres russes.
    Le fait est que c'est en m'intéressant à ce pan de la culture russe que j'en ai appris plus sur le pays et que 'jai découvert des choses clairement pas reluisantes ! Comme quoi 🙂
    Tu peux aimer quelque chose et avoir un avis éclairé dessus. C'est même comme ça que tu as un propos nuancé je pense. Parfois ça va complètement te rebuter et parfois simplement t'empêcher de tout voir de manière positive ou négative. Moi je me sens pas “malade” vis-à-vis de mon féminisme par exemple même si j'ai réalisé pleins de choses. Je pose plus facilement les mots sur certains problèmes, et au fond, c'est bien plus “sain”

    Merci pour ton avis en tout cas !

  14. Buffy Mars

    26 avril 2016 at 12 12 16 04164

    Bonjour Thomas, merci pour ce commentaire, il est très instructif je trouve et j'espère que mes lecteurs et lectrices le liront 🙂

  15. Unknown

    29 avril 2016 at 2 02 08 04084

    Non mais en fait, je crois que nous autres anarchistes, on passe tous pour des casse burnes, je suis une copie carbone de toi. On me fait exactement les mêmes remarques.
    Petite remarque : les auto-critiques que nous nous faisons et dont tu parles, ça fait pas de nous des gens parfaits, par contre, ça fait de nous des gens biens. 🙂 Et oui, j'ai un gros ego :p Bref superbe article.
    J'aimerais mettre un lien vers l'article depuis mon blog, je peux ? 😀

  16. Jeremy

    18 juin 2016 at 15 03 11 06116

    T'as un côté Cyrano de Bergerac 🙂

    En tout cas intéressant. Et c'est bien que tu mentionnent tes contradictions ça appuie ton propos de quand tu dis que non t'es pas parfaite et que tu ne sais pas tout etc… c'est pour moi la partie qui donne du relief au texte, un peu par un effet contraste, un peu comme une ombre sur un dessin en perspective.

    Sinon je serai assez intéressé que tu me fasses ta “pretencieuse” un jour (il faut ici comprendre avoir une discussion sur ces sujets socio-je ne sais quoi. Enfin si t'en as le temps et l'envie etc…). Ça faut grosso modo un an que je m'interesse pas mal à ces sujets (dont féminisme), mais j'ai toujours pas mal de points sur lesquelles j'ai toujours pas tranché. 'Fin c'est pas clair pour moi, donc ton avis m'interesse.

    Mais peut-être je devrais commencer par voir le reste du blogue: je n'ai lu que 3-4 articles jusqu'à présent, donc je peux pas en dire grand choses, mais de ce sue j'ai vu tu parles pas m'a de ton vécu des choses etc… Est ce que t'as des articles traitant plus du fond avec tout les arguments, contre arguments etc ?

  17. Anonyme

    20 juillet 2016 at 0 12 46 07467

    Bonsoir, je découvre avec joie ton (je ne sais jamais comment répondre à un poste de blog, je tutoie ? ) blog, après ta chaîne youtube et je te trouve excellente, de pertinence et de réflexion dans ces deux domaines. Cette article retient encore plus mon attention, car je le trouve très, très motivant et qu'il exprime bien mon ressenti. Tout d'abord, pourquoi je continuerais d'être ce mec en soirée qui reprendra quelqu'un qui utilise “tapette” comme insulte en expliquant pourquoi c'est homophobe et follophobe et empreint de sexisme. pourquoi. Mais je me retrouve aussi dans cette recherche et cette curiosité : quand j'ai commencé à suivre des féministes j'étais d'abords choqué de certains propos (“quoi je ne peux pas être féministe ?! “) mais je n'ai rien dit et j'ai lu, essayer de comprendre les dynamiques de dominantes, je me suis simplement renseigner. Pour enfin comprendre pourquoi, mon rôle dans le féminisme n'était que de relais des informations mais aussi pourquoi au contraire je pouvais parler, m'exprimer plus grandement sur l'homophobie ou même la follophobie.

    Je crois que le seul point de divergence est sur mes motivations, j'ai créé cette habitude dans l'espoir, -oui, idéaliste- d'arriver à des égalités dans notre société mais aussi pour moi même, ne jamais être pris en défaut et surtout ne jamais blessé quelqu'un par mon manque de connaissance : faire une bourde sur la transidité, ou sur la grossophobie et bien d'autres sujets.

    En tout cas, merci pour ce bel article !

  18. Nassim

    20 janvier 2017 at 5 05 33 01331

    Personnellement ce que je préfère c’est d’échanger avec des gens dont je partage les valeurs, mais pas forcément les convictions ou idées qui en découlent ; ça aide à remettre des choses en perspective et à modeler ses croyances. Les valeurs que je porte (égalité, liberté, solidarité, écoute, respect, importance de la culture et de l’éducation… original je sais) n’ont pas vraiment changé avec les années, mes convictions et idées restent elles très mouvantes, en partie parce que je trouve la discussion et la construction des idées plus intéressante que leurs conclusions, et sans doute aussi parce que je n’ai toujours pas trouvé une idéologie qui me satisfassent complètement.
    Donc pour répondre à la question initiale (ça manque de thèse/antithèse/synthèse mais je suis jetlaggué), je pense qu’on ne peut pas avoir trop de convictions et de valeurs, mais qu’on peut en avoir tirer trop de conclusions définitives.

  19. Cenarion

    23 janvier 2017 at 21 09 21 01211

    Faut lire Platon ! 😛

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