Féminisme, second degré et je m'en foutisme

L’idée de cet article m’est venu suite à la vidéo d’On Vaut Mieux Que Ca. Comme vous le savez, j’apparais dedans et il y a dans le décor juste derrière moi, ma fameuse tasse “Male Tears” qu’on retrouve également dans mes vidéos depuis peu. C’est un de mes amis qui me l’a offert, amateur d’humour un peu cynique, qui savait que j’avais très envie de l’avoir. L’occasion parfaite de faire un cadeau adapté à ma petite personne pour mon anniversaire. Globalement, la plupart des gens n’ont même pas remarqué la tasse, ou pas au point d’en faire un commentaire. Mais certaines personnes ont décidé qu’il était capital de s’y attarder. Trouvant que cette tasse était l’occasion parfaite pour s’interroger sur mes réelles motivations à être féministe et sur l’honnêteté dans ma démarche.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Je suis la première à trouver ça drôle d’écrire dans ma bio Twitter que je suis une méchante misandre et à faire des “points féminazies” quand je sais que mon propos va ramener tous les white cis het male désireux de m’expliquer que je dessers ma cause. Et si j’ai décidé de changer mon logo pour un macaron rose pipou avec écrit dans une typo cute “Misandre”, c’était totalement pour rester dans cet esprit. Peu importe si cela pouvait perturber les nouveaux visiteurs.

Justement, même. 

Si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que cet humour cynique quand je parle de féminisme, je commence à pleinement l’assumer. Et que je vois bien ce que cela peut engendrer. Quand OVMQC a commencé à faire parler dans les médias, des sites d’info ultra mainstream comme Libé ont jugé qu’il était pertinent de linker vers mon blog lorsqu’ils m’évoquaient*. Je me suis retrouvée avec tout un tas de nouveaux lecteurs et de nouvelles lectrices (même si ce sont des hommes, surtout, qui ont décidé de me certifier de leur présence).. et comble de l’ironie, l’un des articles présents sur la home page mettait en lumière mes positions féministes. Que je définis moi-même comme radicale.
Forcément, pour des novices en féminisme (ou des gens complètement réfractaires à ce courant), mes positions sont mal passées. Et je crois que comme d’habitude, on aurait pu faire un bingo des arguments que j’ai reçus. Le fait est qu’il y a quelques années, j’aurai essayé de lisser mon propos, de l’enrober et de rassurer mes congénères masculins sur le fait d’apprécier les hommes, qu’ils n’étaient pas tous à mettre dans le même panier et blablabla. Maintenant, disons le crûment je m’en tape un peu beaucoup les ovaires.. et je dis les choses comme je les pense.
* Je juge pas la démarche hein, je ne m’y attendais juste pas.

Et si je peux rajouter une petite couche de sarcasme par dessus le marché, je ne m’en prive pas.

Slate a écrit un excellent article sur ce sujet où il qualifie cette approche de “misandrie ironique“. J’ai beaucoup apprécié l’expression, qui me semble ici totalement adéquate. Face à des jeunes femmes essayant de mettre en lumière leurs idéaux féministes sur la toile dans un espace qui est très largement monopolisé par les hommes notamment quand il s’agit de politique, il a fallu apprendre à se protéger. Et je pense qu’en termes d’armes, on a fait bien plus violent que l’humour acerbe. Ce que pratiquent certains masculinistes comme le cyber-harcèlement, le troll, les insultes sexistes ou même les menaces de mort/de séquestration ou de viol sont quand même à un niveau au-dessus. Pourtant, à chaque fois, c’est de notre faute: parce qu’on serait agressive, parce que le fait de se “dévoiler” sur les réseaux sociaux et d’afficher nos idées seraient des arguments pour se montrer détestables envers nous (et encore je pèse mes mots).

Face à ça, nous avons décidé de répondre par la dérision. Nous avons décidé de nous soutenir entre femmes, de nous montrer enfin solidaires et d’être peut-être “girl power” à fond mais au moins, nous nous soutenons ensemble face aux multiples attaques auxquelles nous faisons face quotidiennement. Nous avons décidé d’avoir un train d’avance et de balayer d’un revers de la main ces insultes répétées. Et nous avons fait un choix : celui de nous les réapproprier pour nous en moquer sciemment. Et on peut dire ce qu’on veut, que nous sommes agressives et immatures, je trouve que nous gardons la tête froide et un maximum de recul vu tout ce qu’on se prend sur la gueule.

Nous avons décidé d’aller encore et toujours plus loin dans l’humour noir, de tomber parfois dans le cliché grotesque du complot féministe illuminati qui semble faire fantasmer un bon nombre de mecs. Toujours plus loin, toujours plus voyant, juste pour montrer la stupidité d’une telle idée, celle de nous considérer comme des haineuses d’hommes voulant régner sur le monde tout simplement parce que nous sommes bien décidées à poursuivre notre lutte et à vous retirer vos privilèges.
On pourrait dire que cette démarche est trop “underground” pour être comprise par la grande majorité des gens. Qu’il faut en saisir les codes pour la déceler et que c’est dommage. Je confirmerai ce que dit un des passages de l’article de Slate: qu’on soit homme ou femme, il suffit d’avoir une sensibilité féministe (même complètement apolitique, dans le sens le plus général du terme), pour comprendre que nous en blaguons. Ceux et celles y voyant quelque chose de sérieux ne cherchent qu’à nourrir les préjugés qu’ils ont déjà sur le mouvement féministe.

Et les féministes ont décidé d’arrêter d’être toutes sages et gentilles comme si elles vendaient un produit marketé. Pour une fois, elles font comme bon leur chante.

On pourra nous dire que cette tactique est dangereuse, que comme d’habitude elle dessert notre cause et met tous les hommes dans notre panier. Ces arguments appuieront encore et toujours notre propos, puisque ces opinions-là, nous les entendons déjà constamment pour dire que nous “voulons aller trop vite”, que notre désir d’égalité et de justice est une utopie et qu’au final, nous sommes trop peu délicates avec les hommes.
J’ajouterai simplement que l’humour est un instrument politique qui peut être aussi bien oppressif que libérateur. Autant il existe bien des féministes profondément racistes et excluantes, ayant décidé de mépriser certains groupe de femmes; autant les féministes misandres ayant muselé les hommes et leur parole dans l’espace public sont littéralement absentes et simplement présentes dans votre ego, à chaque fois qu’on vous envoie bouler parce que vous avez cru bon de donner votre avis sur tout et pour tout.
Quand on entend pour la énième fois une chanson ou une blague profondément sexiste, on nous explique que c’est un “personnage”, un “rôle qui sert à dénoncer” et on nous explique que nous sommes des vilaines bien-pensantes sans humour. On préfère applaudir une subversité et un pseudo-humour qui ne faisait déjà que vaguement sourire il y a 50 ans et remettre en question notre humour, nos blagues qui, elles, s’inscrivent dans une génération plus moderne, plus désireuse d’émancipation et ayant émergé avec la pop culture et la culture Web.

On préfère dire que nous sommes gênantes, que nous mettons mal à l’aise et que nous faisons mauvaise impression,  avec nos gif à base de bites et nos gâteaux en forme de vulves. Tant mieux. Nous continuerons à appeler les choses comme elles sont, à parler de cette société sexiste où les hommes restent privilégiés parce qu’ils sont simplement hommes. Nous continuerons à refuser d’ajouter “certains hommes sont bons & gentils” à chaque fois pour ne pas faire de généralités pour ne pas vous froisser. Nous continuerons de dire que la priorité est de sensibiliser et d’intervenir auprès des femmes, même si elles intègrent aussi le sexisme, parce que ce sont elles qui subissent encore et toujours cette oppression.
Nous continuerons de refuser de dire que vous êtes différents car vous n’avez jamais harcelé, violé ou que sais-je comme si vous méritiez une médaille alors que c’est tout simplement normal et qu’un comportement sexiste n’a pas besoin d’être aussi violent pour exister. Nous continuerons de refuser de vous rassurer sur votre comportement dès que vous vous sentez visés par nos propos, alors que si vous vous sentez visés, c’est qu’il y a peut-être une raison. Nous continuerons parce que c’est ainsi, en montrant que tous les hommes sont concernés, que nous vous ferons revoir votre comportement, même ce qui vous semble anodin.

Et on a peut-être de l’humour mais cette fois-ci, on rigole plus.

  1. Elledar

    4 avril 2016 at 11 11 35 04354

    Non mais c'est vrai que t'abuses, tu pourrais au moins rajouter un #NotAllMen à la fin de chaque phrase.

    Blague à part, le plus « drôle » dans tout ça, c'est que les personnes qui hurlent à l'émasculation seront les premières à vous dire qu'il va falloir arrêter de réagir à tout va si vous voulez continuer à arpenter les Internets (« grow a thicker skin »).
    Sweet, sweet irony.

  2. Emma

    5 avril 2016 at 8 08 22 04224

    (excellent article comme d'habitude!) J'avais envie de te faire partager quelque chose qui est arrivé vendredi dernier en cours. Je fais des études de Lettres et of course, l'écrasante majorité des étudiants sont des étudiantes. Dans mon cours sur les échecs, la prof demande “pourquoi est-ce que le génie d'échec est-il toujours représenté par des hommes? Pourquoi les champions d'échecs sont-ils presque toujours des hommes?”. Il y a deux garçons dans le cours, et une vingtaine de filles. La première chose que j'aimerais souligner c'est que les deux mecs ont de suite pris la position sexiste de dire que “c'était comme ça c'est tout” que c'était mental, que les hommes étaient mieux “mentalement équipé” pour jouer aux échecs ,un jeu de calculs et de logique, et que les filles étaient plus dans l'art, la reverie pas les maths, c'était incroyable que des gens qui évoluent toute la journée avec des femmes, qui reçoivent des enseignements culturels variés continuent à penser des choses aussi stéréotypées! Le bon côté des choses c'est que la plupart d'entre nous (filles) avons réagit, et beaucoup ont opposé des arguments scientifiques et prouvés, des études et des idées. Et ça, ça m'a fait plaisir, parce que ça veut dire qu'il y a de l'espoir, qu'il y a de plus en plus de femmes engagées, qui s'informent et ne se laisse pas faire, ça m'a rendu fière pour une raison un peu obscure haha. J'ai pensé à ce petit débat qui a bien duré 30 minutes lorsque tu disais “tous les hommes sont concernés” parce que ce n'est pas la première fois que j'entend des mecs qui ne se considèrent pas du tout comme sexiste sortir des aberrations du style.

  3. Anonyme

    5 avril 2016 at 18 06 20 04204

    Oui d'accord avec l'article. Le côté “misandrie ironique”, on l'a vite pigé, c'est une façon de dire aux gens qui parlent de misandrie que oui oui, vous êtes comme ils (et elles) disent, et de vous foutre la paix avec ça. J'ai une question.

    “Nous continuerons à refuser de dire que vous êtes différents car vous n'avez jamais harcelé, violé ou que sais-je comme si vous méritiez une médaille alors que c'est tout simplement normal”
    Très bonne façon de présenter les choses. Mais, en toute logique, ne peut-on pas étendre cette phrase pour dire que, étant anormal de récompenser un comportement normal et de filer des médailles à quelqu'un pour n'avoir pas été violent, sexiste, etc., il est tout aussi anormal de s'en prendre à quelqu'un qui n'a pas été violent, sexiste, etc. de la même façon que s'il (ou elle) l'avait été ?
    Je sais que cet argument ressemble au fameux “Sexisme inversé !” qu'adorent les masculinistes. C'est pas ce que je dis ici : le sexisme est un système de pouvoir, c'est un fait acquis, le sexisme inversé dans une société patriarcale ça n'a pas de sens. Ca ne veut pas dire que des comportements basés sur des généralisations injustes, à l'échelle individuelle et non structurelle, ne sont pas possibles. En prenant une approche structurelle, oui, tous les hommes sont concernés. Seulement les structures sociales sont distinctes des agents sociaux.
    Je pose la question moins pour dire “Ne soyez pas ci”, ou “Ne faites pas ça”, vous faites ce que vous voulez, en tant que gens ou que mouvements, et au final c'est votre choix. Mais cet argument n'a pas sa réponse dans l'article, je me dis que ça vaut le coup de le présenter.

  4. Buffy Mars

    7 avril 2016 at 7 07 41 04414

    GIRL POWER EN FORCE !!! C'est bien de l'avoir ouvert 🙂

  5. Buffy Mars

    7 avril 2016 at 7 07 42 04424

    Ta question montre juste que tu penses qu'on s'en prend aux gens non sexistes, violents etc. Y a personne qui fait ça. Ou alors tu parles de ceux qui chouinent et font les white knight qu'on renvoie chez eux car ils sont paternalistes :). Dans ce cas ils sont sexistes, et blessés dans leur ego 🙂

  6. Anonyme

    7 avril 2016 at 18 06 13 04134

    Justement, je n'y connais rien, donc je pose la question. Je ne suis pas dans ces débats, donc je me renseigne, en toute curiosité.

  7. Anja

    18 mai 2016 at 23 11 09 05095

    Salut Anonyme,
    Ta question m'a intriguée, du coup j'avais envie d'y répondre, même si c'est un peu tard et que du coup tu ne verras probablement pas la réponse ^-^. Parce que souvent la plupart des gens qui notent cela ont eu cet apriori en étant sur Twitter. Si je peux te donner un conseil, et si tu as envie de t'éduquer et d'en savoir plus, je te conseille en tout sincérité d'éviter ce site le plus possible, et d'aller plutôt sur des forums (comme madmoizelle.com (qu'on aime ou pas avec la ligne éditoriale, il y a vraiment des débats intéressants, et rarement de menaces/clashs etc..), ou sur youtube (tout ce que j'ai appris sur l'afro féminisme et les thématiques LGBT c'est “Naya La Ringuarde”, “Princesse LGBT” (Cornellia) qui m'ont apprises des trucs, certainement pas twitter, ou 90% des échanges se résument à des injures toutes faites (« socialope gauchiasse bienpensante », « bobo » etc..). Du coup si des mecs se sentent sincèrement vexés d’être identifiés comme « mec cis blanc » sur un tweet avec un ton sec, j’aurais envie de répondre que c’est vraiment une pichenette vis-à-vis de tout ce que pourra se prendre en shitstorm un(une) militante qui critiquerait un artiste populaire pour son sexisme/racisme. Et si tu parles bien anglais, il y a le Reddit “AskFeminism” (pour une fois qu'il y a quelque chose de bien sur Reddit), qui est spécialisé sur le “féminisme 101” et les personnes qui répondent aux questions sont vérifiées.
    La raison à mon avis pour laquelle Twitter est ainsi (j’y ait été pendant 2 ans) c'est que les gens prennent ce site pour un espace de débat alors que la plateforme ne se prête mais pas du tout à cela. Ce serait plutôt un immense ring de catch sans arbitre ou tous les coups sont permis, chaque « camp » le fait, et les féministes/lgbt/racisé(es) sont bien plus souvent les défenseurs que les attaquants

  8. Anja

    18 mai 2016 at 23 11 09 05095

    Le hate-follow, retweeter un avis opposer(pour envoyer un message implicite à tes followers « iel est dans la camp ennemi. Mettez sur la gueule ». Y a AUCUNE modération dessus, je ne comprends même pas que la plateforme soit légale en France, tu trouves des gens de Daesch, des néo-nazis, des pédophiles, des pro-viols. Y a régulièrement des # homophobes/racistes en TT, des filles qui n’ont rien demandé à personne et qui se retrouvent avec des images nues d’elles en TT. Ils s’en battent les reins complétement. Du coup quand on parle d’« agressivité » des militant(es) sur Twitter, il faut aussi mettre en perspective avec le fonctionnement du site.
    Alors après, oui, on peut trouver quelques personnes qui auront un comportement malsain(je reste méfiante parce que le plus souvent ce genre de comptes ont moins de 10 followers, aucune photo d’eux, pas de nom …..- si des gens du 15-18/4chan veulent créer un compte pseudo-féministe juste pour insulter des gens et troller, c’est très facile à faire, je dis ça je ne dis rien) aussi chez certaines personnes dans le twitter militant. Certaines personnes ont cette attitude qui consiste à s’en prennent généralement exclusivement à d’autres comptes militants (et surtout youtubeurs, d’où le fait que je sois particulièrement suspicieuse de leurs intentions réelles). La stratégie est simple : on veut attaquer X, il faut trouver quelque chose (démarche inverse du ‘call-out’ feministe ou on attaque ce que l’a personne a dis/fait, et ou la personne a la possibilité de s’excuser (par exemple EnjoyPhoenix avec le N-word)) – ils redescendent tout les tweets, fouiller tout ce qu’iels peuvent trouver comme truc, jusqu’à trouver quelque chose à interpréter différemment, ou alors qu’iel aime une personnalité qui a un jour à participer ou dis quelque chose (et si ils trouvent rien, ce sera sans doute le frêre du cousin de la demi-tante par alliance , qui a un pôte qui un jour a dit ceci/ceca dans une soirée, donc « cette personne a un entourage problématique, il faut faire le nettoyage, le dégager » ; ensuite on essaye un max d’en fait tout une affaire, d’engrainer d’autres gens pour s’y interesser, et ca pourrit une chaine ou le compte d’une personne. Parfois ca peut aller assez loin, jusqu’à ce que certaines personnes se permettent de menacer de contacter chaque follower de la personne et lui demander d’unfollow (sous peine de subir la même chose) ; ou alors parfois ça se finit en doxing (c’est arrivé récemment à un youtuber (Pouhiou) qui m’avait appris énormément de choses, et notamment m’avait aidé à mieux comprendre ma propre asexualité. Une poignée de personnes ont décidé qu’il été problématique (à mon avis juste du troll), et, avec un égoïsme incroyable, en méprisant l’opinion toutes les personnes concernées qui pouvaient avoir un autre avis, ont utilisé une basse « affaire » (non-prouvée) d’argent de je ne sais pas combien de temps, sont allés jusqu’à l’insulter en masse sur son téléphone, harceler son employeur pour chercher à le faire virer et l’isoler socialement, ont menacé sa famille en disant qu’iels savaient ou ils habitaient, et qu’iels pourraient leur faire du mal. Iels ont gagné, il a dû arrêter sa chaine. A titre personnel, je fais partie des gens qui considèrent cela comme dégelasse, et oui ca crée un climat tendu et de suspicion (par exemples, plusieurs youtubeuses militantes lui ont adressé leur soutien sur sa page youtube, mais pas sur twitter. Je les comprends, parce que le Pouhiou de demain, ça peut être elles si d’autres le décident, et le fait de l’avoir soutenu peut être utilisé contre elles)

  9. Anja

    18 mai 2016 at 23 11 10 05105

    Donc, oui, il peut y avoir des attaques injustes. Mais ce n’est pas lié en aucun cas au militantisme, mais à fonctionnement d’une addition de trolls isolés (les Américains appellent ce comportement précis « Social Justice Warriors») , et sur un site particulier fonctionnant exclusivement sur le buzz immédiat, le rabaissement de l’autre, et le harcèlement de tout le monde contre tout le monde, et crée par une entreprise ne payant aucun impôt, ne respectant aucune loi, et qui nous fait découvrir aujourd’hui Périscope, sa nouvelle application qui fait du suicide, où de l’agression d’inconnus dans la rue (« a 40 followers, un ko ») un nouveau moyen « swag » de faire le buzz.

  10. Lunjei Teohmacl

    12 septembre 2016 at 2 02 03 09039

    Haha :), j'avais vu la tasse sur une photo (je crois… ou la seul vidéo que j'ai vu de toi… ça fait pas longtemps que je commence à lire tes articles) mais je n'avais pas réfléchit plus que ça “à son message”

    Tu m'étonnes que les males vont chouiner, perdre le pouvoir de dire “ferme ta gueule et/ou je t'en mets une…”

    Le comble de la “virilité”… Cette érection à la force si prodigieuse que le simple de ne plus la brandir la fait dégonfler.
    ^^

  11. hippokrampus

    14 février 2017 at 11 11 46 02462

    Bonjour Buffy,

    Un peu de miel en intro pour dire que j’aime beaucoup ce que t’écris, que depuis pas mal de temps t’as participé avec d’autres à ma “formation” en tant que féministe et pour ça je te remercie sincèrement !

    Y a un truc qui me taraude un peu avec cet article et j’aimerais savoir ce que t’en penses si jamais t’as 1/ le temps 2/ rien de mieux à foutre. Pas d’amour propre en mosaïque si tu réponds pas !

    J’ai toujours bien ri sur le truc des white tears et des male tears, j’ai toujours vu le truc balancé à la tronche de personnes que j’apprécie pas des masses et qui le méritent, ça les ramène à la fragilité de leur blancheur / masculinité qui au final tient pas à grand chose dans beaucoup de cas et jusqu’à très récemment je trouvais vraiment pas ça problématique.

    En tant qu’homme cisgenre hétéro blanc, dans mes pérégrinations littéraires (je lis quasiment que de la socio / féminisme depuis deux ans), j’ai récemment décidé de me pencher sur mon propre cas dans le féminisme, c’est à dire lire des trucs qui parlent de la place de l’homme et qui situent l’homme dans la réflexion féministe (le boys don’t cry de Delphine Dulong, Christine Guionnet et Erik Neveu notamment que je n’ai pas encore terminé).

    Je suis tombé sur énormément de choses avec lesquelles je suis d’accord qui expliquent que les hommes ont aussi beaucoup à gagner dans l’annihilation des rôles de genre et dans la lutte contre le patriarcat.

    Je suis désolé de partir sur des thèmes qui sont chers aux masculinistes mais c’est qu’effectivement, les hommes sont plus enclins au suicide que les femmes, je vais pas te faire la liste des autres trucs qui affectent les hommes dans le patriarcat, tu la connais, je la connais.
    Là où je leur crache à la gueule sans aucun remord c’est que ces sombres bâtards se servent de leurs frères qui crèvent uniquement pour maintenir un statu quo et tenter de tenir en échec les féministes en disant qu’en gros “non mais nous aussi on a nos problèmes alors arrêtez d’essayer de gratter des droits”… plutôt que de rallier le féminisme puisqu’à l’heure actuelle, c’est bien le seul mouvement qui tente de mettre fin à ces rôles de genre. Si ils en avaient quelque chose à foutre du suicide masculin, ils se battraient de notre côté, en réalité ils sont juste misogynes.

    BREF, désolé, j’en chie à faire des trucs courts. De t’avoir lu je pense qu’on est d’accord sur le fait que la destruction des rôles de genre fasse partie des objectifs de la lutte.
    J’ai un souvenir assez vivant de ton article sur ton père qui a fait grand écho en moi parce que j’ai vu la même chose à la maison avec un père dont la santé s’est dégradée brutalement et je sais que tu sais que les rôles de genre masculins n’ont pas que des avantages pour les hommes.

    Et c’est là que le Male Tears me gêne alors que le White Tears ne m’a jamais gêné.

    En parlant de male tears on repart directement sur cette idée qu’on peut se moquer de l’homme qui pleure parce qu’il n’a pas à le faire et que c’est humiliant. On repart dans toute cette attitude où l’homme qui exprime ses sentiments n’est pas dans son rôle, n’est pas un vrai homme et c’est ça qui entraine une certaine gêne quand je vois ça.

    Dans une classe de maternelle, les garçons et les filles pleurent autant et en vieillissant, on se rend vite compte que les garçons ne pleurent plus. Avec le temps le fait de ne pas pouvoir exprimer ses émotions va chez certains entrainer des dépressions, des suicides, une froideur ou une grande solitude, un vide émotionnel etc…

    Sans reprocher quoi que ce soit à celleux qui utilisent le terme de male tears, j’ai vraiment l’impression depuis quelques temps que finalement c’est une sorte de reverse “go-make-me-a-sandwich” dans le sens où ça puise dans des fondements patriarcaux et que cette expression précise peut être à terme assez dommageable et perpétue une forme de maintien des rôles de genre dans ce qu’ils ont de plus toxique.

    Je suis pas en boule ou tout remonté ou super pas content ou en train de traiter qui que ce soit de quoi que ce soit, je tiens à souligner que je viens avec une attitude bienveillante et que je veux juste réfléchir à plus qu’un cerveau puisque sur cette réflexion je suis dans une impasse, je pense que c’est pas trop de le souligner avec ce que je t’ai vu ramasser tous les 4 jours en ligne et surtout récemment.

    J’espère que tu pourras me répondre parce que globalement sur ces questions tu fais partie de celles dont je valorise beaucoup l’avis, aucune injonction bien entendu, avec le pavé que j’ai pondu je comprendrai très bien une absence de réponse.
    Mes excuses si des trucs sont mal formulés par ailleurs, je fais encore des gaffes sur pas mal de termes / concepts.

    Merci de m’avoir lu, un milliard d’excuses pour les fautes d’orthographes et excellente journée !

    1. Buffy Mars

      14 février 2017 at 11 11 56 02562

      ici on parle pas de se foutre de la gueule de la sensibilité masculine mais des mecs qui viennent geindre pour de la merde et se plaindre et chouiner parce qu’on remet en cause leur position au sein de la société.

      1. hippokrampus

        14 février 2017 at 12 12 11 02112

        J’avais bien compris cette partie du truc, comme j’écrivais plus haut ce sont des gens qui méritent pas mal qu’on les balance dans les orties, j’ai toujours vu l’expression employée envers des gens problématiques.

        Ce qui me gêne c’est vraiment le terme en lui même, peu importe la personne qui le ramasse.
        C’est une expression qui joue (même si c’est employé contre des personnes qui sont du côté du patriarcat) sur des ressorts patriarcaux.

        Je vais essayer de prendre un exemple assez concret :
        y a des femmes qui sont anti-ivg, anti-féminisme, qui sont de parfaits petits soldats du patriarcat etc… Ce n’est pas parce que Christine Boutin (par exemple), nous explique qu’elle n’a pas besoin de plus de droits et qu’au final il n’y a aucun problème avec le fait que les hommes soient encore en possession de tous les postes à responsabilité que j’aurai pour autant une “excuse” pour lui dire “bah si t’es très contente de tout ça fallait pas sortir de la cuisine”.
        L’expression, même si c’est pour combattre l’ennemi me semble toujours problématique en tant que telle de par son fondement même qui est une affirmation des rôles de genres dans une société patriarcale.

        J’espère que c’est plus clair, par ailleurs si ça te gave ou quoi, tu peux aussi juste supprimer directement mon premier message hein, y aura pas de réclamation au SAV twitter à coups de screenshots.

        Merci pour ta première réponse en tous cas.

        1. Buffy Mars

          14 février 2017 at 12 12 32 02322

          ah lol, tu te permets de décider des termes qu’on décide d’utiliser et de nos expressions moqueuses parce que ça te gêne et te perturbe 🙂 mdr. et détends toi, t’es pas assez intéressant pour avoir droit à des screenshots.

  12. Mat

    14 février 2017 at 13 01 25 02252

    Hello Buffy Mars!
    Je viens de découvrir ton blog et je trouve que ton article déchire grave de la foufoune!
    Bien joué! Continue! Et Girl power à donf! 🙂

    @hippokrampus : si tu veux, moi je dirais, “male complaint tears” à partir d’aujourd’hui et sur ma tasse aussi 😉 pour bien préciser qu’on se moque pas des hommes qui pleurent, mais seulement de ceux qui pleurent sur leurs privilèges qui vont bientôt disparaître. :-p
    Bisous

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