Et toi, il ressemble à quoi ton féminisme?

On pourrait facilement dire qu’il y a autant de féminismes qu’il y a de féministes. Il y a toujours ce côté un peu utopique -utopiste…?- (et pas très malin) où on croit que les féministes sont un bloc uni, de grosses bestah toujours d’accord et copines pour la vie.

Bah, non.

 

Le féminisme est un ensemble d’idées, avec différents bords politiques, des points de vue variés et parfois carrément opposés.

Et puis, ben souvent, à moi, on me demande où je me pose sur cet échiquier. Ce qui est logique, au fond, puisque c’est une question importante. Alors aujourd’hui, je vous en dis plus. Je vous explique tout. Et vous pouvez être d’accord ou non, les faits resteront les mêmes : voici mes positions politiques à ce sujet.

(edit) note > quand je parle des hommes dominants, dis-toi que dans ma tête c’est les mecs blancs hétéros cisgenres (#notevensorryaboutit)

Je suis féministe radicale :

C’est un terme qui fait peur aux premiers abords, parce que quand tu entends radicale, t’es tout de suite en train de te dire « oulala, c’est une extrémiste » alors qu’en fait, bah non. Je suis juste radicale. C’est-à-dire que mon féminisme s’inscrit dans une idéologie où on essaie de voir les mécanismes d’oppression en profondeur et qu’on considère qu’ils sont ancrés dans un système.

C’est-à-dire que, pour moi, il n’existe pas de « sexisme inversé » ou une misandrie s’inscrivant dans un système. Tout comme je ne crois pas au racisme anti-blanc, à l’hétérophobie ou à la cisphobie. Non, en tant qu’homme tu ne souffres pas de sexisme. Oui, d’accord, on te demande d’être fort, de pas montrer tes sentiments, de pas pleurer. C’est vrai. Et c’est chiant, c’est injuste et c’est parce que c’est la construction de la masculinité qui veut ça.

 

Mais si elle veut ça c’est parce que vous avez ce privilège d’être dans une position de dominant. Les normes auxquelles vous devez vous plier restent quand même des normes où vous êtes en position de force. Elles restent bien plus « faciles » à vivre, et elles vous permettent de garder l’ascendant.

Alors oui, d’accord, même en ayant le « meilleur » rôle dans cette société sexiste tu vis quelques désagréments. Je les entends. Mais au final, quand tu regardes dans une perspective globale, ce sont juste quelques éléments. Ca ne s’inscrit pas dans un système défini (je vais revenir là-dessus d’ailleurs). Parce que c’est con, mais vrai : même en étant privilégié, tout ne peut pas être tout beau et tout blanc. Et donc oui, toi aussi tu vas subir des pressions sociales. Mais fondamentalement, c’est pas toi qui es écrasé par ce système sexiste.

 

Je pourrai me montrer méprisante, désagréable et ce que vous voulez, à part écorcher l’ego des plus nombrilistes, concrètement, ça ne changera pas grand-chose à votre place de dominant. Ca vous rappellera juste que vous n’êtes pas toujours le centre du monde et que tout le monde ne veut pas vous dorloter. Vous serez toujours mieux payés, toujours plus en sécurité dans la rue, chez vous, toujours plus représentés, toujours plus présents partout (des médias aux institutions).

Pour moi, le sexisme est une oppression qui est imbriqué dans un système. C’est-à-dire que j’estime que le patriarcat existe. La société dans laquelle on évolue actuellement est une société qui a été créée par et pour les hommes, où ils bénéficient de privilèges. Où les contraintes et les problématiques liées à mon genre sont tout simplement occultées, balayées, ignorées et méprisées.

 

On parle alors d’oppression systémique : ce sexisme est légitimité par les institutions et on ne fait pas en sorte que les choses changent car ça arrange bien une partie de la population qu’on soit en position d’infériorité. Pendant qu’on n’a pas accès aux mêmes opportunités, certains peuvent en faire 2 fois moins et bénéficier de tous les avantages.

Tu peux me dire « Not all men », « stop les généralités » « moi j’ai jamais battu/frappé/harcelé » et tout ce que tu veux, je te répondrai que ça ne résout en rien le problème et que même si tous les hommes ne sont pas sexistes, toutes les femmes ont déjà subi le sexisme. Je n’ai ni le temps ni la patience de caresser ton ego alors qu’il y a urgence quand on parle de ce que vivent les femmes. Et ensuite, j’ai souvent remarqué que les premiers à bondir et à dire qu’ils étaient de gentils garçons respectueux étaient souvent super paternalistes et sexistes. Ceux qui sont les premiers à avoir l’ego froissé sont souvent les plus misogynes. C’est une simple constatation. Vous nous demandez de passer notre temps à préciser qu’on ne parle pas de tous les hommes, que certains sont gentils. Mais cette formulation vous arrange : c’est une manière pour vous de ne jamais vous remettre en question, parce que vous partez immédiatement du postulat que vous êtes de bons gars. Vous voulez une médaille ?

Et tout comme dans le féminisme « en général », il y a également des tas de courants différents dans le féminisme radical. Et là encore, ils sont extrêmement opposés. Alors voici mon point de vue, qui n’engage que moi, je le rappelle.

Au sujet du white feminism et du féminisme intersectionnel :

Il existe bel et bien un féminisme trop souvent mis en avant, n’incluant pas assez toutes les problématiques liées aux femmes et qui méprisent une approche plus intersectionnelle. Je sais que ça a l’air de faire chier certaines white girls en puissance qui pensent qu’on est toutes copines et solidaires mais bon, hein, c’est pas Disney la vie. Et ce féminisme excluant est largement perpétué par le white feminism (même si les deux – féminisme excluant & white feminism – sont 2 termes différents). C’est un problème à ne pas nier et qu’il est capital de prendre en compte. Les femmes s’exprimant dans les milieux féministes doivent être plus diversifiées et écoutées. Les femmes blanches hétéros cisgenres (dont je fais partie) n’ont pas à être les seules qui s’expriment ou celles qui sont constamment applaudies. Il y a d’autres vécus à prendre en compte et qui permettent d’apprendre, d’avancer et de comprendre que la femme est plurielle.

Pour ce qui est des Femen, j’estime qu’elles sont l’exemple même du féminisme excluant essentiellement blanc. Je suis contre le fait de dire qu’elles ne sont pas de « vraies féministes ».  C’est faux : elles sont féministes, mais un féminisme totalement opposé au miens. Nier qu’elles sont féministes, c’est nier qu’il y a un véritable problème au sein du féminisme et qu’il y a bien toute une mouvance cherchant à exclure certaines femmes.  Et que c’est une mouvance essentiellement favorisée par les femmes blanches.

Au sujet de la non-mixité au sein du féminisme :

 

Je pense qu’il est important que des espaces non mixtes existent dans le mouvement féministe.

Parce que les femmes ont le droit de vouloir parler parfois entre elles de certains sujets si ça leur permet de se sentir mieux et plus en sécurité. Elles ont le droit de se réapproprier des espaces surtout quand on voit à quel point elles en sont dépourvues.

Il est nécessaire de laisser des espaces non mixtes parce que c’est un réel besoin. Tout comme les femmes violées ont le droit de ne vouloir se retrouver qu’entre elles pour parler de leur viol parce qu’elles savent que les autres femmes violées comprendront. Il est bien évidemment important que ces femmes apprennent à libérer leur parole en public et à raconter leur vécu pour sensibiliser, avertir, témoigner. Mais si elles ont besoin de cette étape où elles ne parlent qu’avec d’autres victimes : c’est un droit auquel on doit leur donner accès.

 

Ici, ça part exactement du même principe. Et je pense que même au sein du féminisme d’autres espaces non mixtes peuvent exister : seulement pour les femmes lesbiennes, les femmes trans, les femmes racisées etc. Laissons les gens se sentir en sécurité.

Je pars également du principe que le féminisme est là pour créer une égalité entre les hommes et les femmes mais que son utilité première est de servir les femmes, de les défendre, de les protéger, des les aider. Ce n’est que comme ça qu’une égalité peut se créer, en comprenant bien que les femmes sont les moins favorisées et qu’il faut d’abord se pencher sur leur cas.

Il y a urgence quand on parle de la condition féminine.
Je pense qu’elles sont celles qu’on doit éduquer en premier sur le féminisme.

Il faut sensibiliser les hommes mais s’il y a une priorité à faire quand on parle de féminisme, c’est les femmes qui doivent être visées.

C’est essentiel de donner à toutes ces femmes les clés nécessaires pour se protéger. Elles sont les premières visées par le sexisme, elles en sont les principales victimes, il faut avant tout agir directement en leur permettant de prendre conscience de cette forme d’oppression.

Au sujet de la culture du viol :

J’estime que la « culture du viol » existe et qu’elle est ancrée dans notre société occidentale. Pas que la nôtre mais qu’elle en fait partie et qu’on a tendance à l’oublier un peu trop facilement. Qu’on préfère souvent partir du postulat qu’un homme accusé de viol est innocent par défaut et que la victime ment. Qu’on préfère occulter et ignorer les faits quand quelqu’un est accusé de viol. Qu’on cherche toujours trop de fautes à rejeter sur les victimes (sa tenue, son attitude, si elle avait bu, si elle a provoqué, si elle rentrait tard la nuit). Qu’on croit encore trop souvent au « mythe du viol », c’est-à-dire que ça se passe la nuit, dans une rue sombre, par un détraqué mental alors que la grande majorité des violeurs sont sains d’esprit, que ça se passe souvent dans un lieu que la victime connaît et par un de ses proches. Que le viol conjugal représente une écrasante majorité.

Qu’on a encore des mecs qui viennent nous parler des « fausses accusations de viol » qui sont extrêmement minimes (en sachant qu’EN PLUS, très très peu de violeurs même avérés vont en prison) alors que STATISTIQUEMENT tu as bien plus de risques de violer une femme que d’être accusé à tort de viol. 

La culture du viol s’inscrit dans notre système régi par la domination masculine. L’un ne va pas sans l’autre. C’est donc pour ça que la grande majorité des victimes de viols sont des femmes. Que 96% des violeurs sont des hommes… même quand on parle de viols  subis par des hommes. Alors qu’on ne débarque pas pour me pointer du doigt le petit pourcentage d’hommes violés. Eux aussi, c’est par des hommes. Alors même si les viols subis par les hommes ne s’inscrivent pas dans un système et restent des cas bien plus rares (ce qui ne doit pas dire qu’ils sont moins graves ou être pris à la légère ou ne pas être punis hein), le fait que les hommes en soient encore la cause n’est pas anodin.

Et puis, venir me parler des hommes violés juste pour détourner la conversation alors qu’en vrai, on sait tous que tu t’en cognes : c’est moche.

Au sujet de la prostitution :

Je suis réglementariste. Pour moi, la prostitution doit être encadrée par des lois.

Je considère qu’effectivement, tant que la prostitution sera un marché tenu par les hommes et pour les hommes où les personnes proposant leurs services sont en grande majorité des femmes, il y a un énorme problème. La prostitution et la manière dont elle se déploie (abus, violences, proxénétisme etc) montre bien toute l’étendue du sexisme.

Mais je considère aussi que l’interdire ne changera rien. Ce n’est pas en l’interdisant que l’exploitation va s’arrêter. Déjà parce que même dans les pays où la prostitution est interdite, ça ne règle rien. Qu’ensuite, interdire la prostitution c’est donc la cacher, l’empêcher d’être contrôlé et donc mettre en danger les femmes qui font ce métier. Que c’est aussi renforcer tous ces business « souterrains » et dangereux et les femmes qu’on force se prostituer.

Selon une étude américaine, 68% des prostituées souffrent de stress post-traumatique, 75% d’entre elles sont ou ont été SDF, beaucoup ont commencé en étant mineures et leur espérance de vie serait de 34 ans en moyenne.

A cause des violences subies, à cause du fait d’être maltraitées, marginalisées et rejetées. A force de voir les prostituées comme des objets qui vendraient leur corps (ce qui n’est absolument pas le cas, elles vendent une prestation sexuelle, pas leur corps) vous participez à cette idée qu’un homme a le droit de faire ce qu’il veut d’une femme (et donc de la violer, de la frapper, voire même de la tuer) à partir du moment où elles ont été payées.  Ce sont des êtres humains qui proposent une prestation sexuelle limitée par un cadre.

Tu ne peux pas te permettre de les traiter de manière inhumaine car ce qu’elles font n’est pas en adéquation avec ta morale. Le respect d’autrui n’est pas à géométrie variable : et oui, une prostituée a le droit au respect même si selon toi « elle ne se respecte pas »

Au sujet de la pornographie :

Mon propos va être plus ou moins proche de ma réponse précédente. Tout cela s’imbrique dans un système. Penser que le porno est responsable de notre société sexiste est aberrant. Non, il ne fait que renforcer des idées qui existent déjà et qui sont plus profondes. Oui, la grande majorité du porno mainstream est profondément sexiste avec des clichés horribles où on est carrément dans du viol déguisé, de l’humiliation totale et de la domination hyper cliché. C’est un porno essentiellement créé par les hommes et pour les hommes où on glorifie la masculinité (dans sa version la plus caricaturale).

En attendant, il existe des tas de « branches » dans la pornographie. Du porno plus féministe, plus « queer », plus respectueux des femmes, où elles sont plus sujet et moins objet (tout en n’étant pas forcément des dominatrices clichées et risibles). Il faut simplement que ce porno-là devienne plus connu, plus populaire. J’estime qu’au lieu d’interdire aux ados de regarder du porno, il serait plus judicieux de leur apprendre à en regarder un qui est plus de qualité, plus « safe », moins dégradant et où chacun se sent bien.

Et viens pas me parler de tes fantasmes légitimes de mater une meuf se prendre une triple anal. Je m’en contrefous.

Au sujet de la déconstruction du genre :

J’estime que notre société participe à élever les hommes et les femmes différemment. Pour moi ce n’est pas naturel, ce n’est pas parce que des choses sont ancrées depuis des siècles (voire plus) qu’elles sont « normales » ou légitimes ou « bien ». Je crois très peu aux choses qui seraient innées, je pense qu’à peu près tout ce qui nous structure est construit. Même notre psychisme.

Et pour moi, il existe bien une notion de genre. Un genre masculin et un genre féminin légitimé à tort où on attribue à chacun et à chacune des idées préconçues, des qualités voire même plus (des métiers possibles, des goûts, une manière de se comporter, de s’habiller etc.). Et encore plus que ça, je considère qu’on a tendance à trop souvent sous-estimer tout ce qui se rapporte au genre féminin.

C’est pour ça que selon moi, il est important de réfléchir sur ces notions de genre pour que chacun puisse s’épanouir et pouvoir être ce qu’il souhaite devenir. Mais, il y a aussi un autre mouvement à prendre en compte et c’est celui de valoriser les valeurs féminines. Pas forcément en continuant à ne les rattacher qu’aux femmes mais en rappelant d’où elles viennent et à quel point elles sont méprisées car « non masculines ».

Je suis totalement d’accord avec l’idée qu’on a trop souvent tendance à faire de l’homme une identité neutre, un sujet au centre de l’univers et que la femme serait juste « en plus », une extension par défaut. Et ce n’est pas normal. Pour moi, si on commence à gommer les frontières autour du genre sans faire ce travail à côté, alors on va peu à peu simplement laisser le genre masculin perdurer mais effacer le genre féminin.

Pour ce qui est des personnes transgenres, gender fluid, queer etc : je ne m’y connais pas suffisamment pour donner un avis construit. J’estime simplement que tout le monde doit pouvoir se définir comme bon lui semble. Et je laisse les concerné.e.s parler 😉

Je suis totalement pour une réhabilitation du genre féminin dans la langue française qui est bien trop souvent occulté. La langue structure autant notre pensée que la société. Il est capital de la féminiser. Il me semble aussi important d’introduire le genre neutre et de faire un effort pour ne pas forcément parler que du genre “masculin” et du genre “féminin”. Cette vision binaire est problématique. Et je sais que je dois moi-même faire des efforts à ce niveau-là et que c’est souvent très compliqué (du moins, une habitude à prendre).


Je suis également pour l’idée que l’enfant choisisse son genre (ou aucun si ça lui chante) à partir de ses 18 ans et qu’il n’en est aucun de défini par ses parents dès sa naissance.

Au sujet de la place de la femme dans les religions :

Je considère que les religions mettent beaucoup plus de contraintes aux femmes qu’aux hommes. Pour moi la religion n’est qu’une construction rationnelle qui a servi de cadre politique. Elles ont souvent été créées par les hommes et pour les hommes. Selon moi, elles dominent la femme, oui.

Mais SURPRISE, elles ne le font pas plus que des tas d’autres trucs déjà présents.

Et surtout, je ne me retrouve pas du tout dans cette islamophobie ambiante et nauséabonde quand on parle des « pauvres femmes voilées soumises ». Déjà parce que la plupart des gens qui sont si infantilisants envers elles n’ont pas l’air d’avoir beaucoup d’empathie mais plutôt du mépris. Qu’ensuite, montrer du doigt des formes de domination pour ne pas voir celles que tu subis toi-même et pour me faire croire que toi t’es civilisé et que tu viens pas d’un pays de sauvages, c’est tellement raciste que j’ai même pas envie de continuer la discussion.

T’as le droit de trouver que le voile est une représentation de la domination patriarcale. OULALA, QUELLE SURPRISE. JE PEUX T’EN CITER PLEINS D’AUTRES DES SYMBOLES SEXISTES.  Par contre t’as pas le droit de faire de ces femmes tes souffre-douleurs, de les voir comme des aliénées comme si TOI, le sexisme ne t’influençait pas, comme si TOI, tu étais libre, plus intelligente, plus EVOLUEE ou je sais pas quel autre propos dégueulasse.

Et puis fous-leur la paix, à ces femmes voilées. Parmi les agressions islamophobes, elles représentent 80% des victimes. Les lois en rapport avec la « laïcité » ne visent qu’elles. T’as pas l’impression qu’on les prend pour cibles ?! Elles t’ont rien demandé. Laisse les faire leur vie, c’est déjà assez compliqué comme ça pour toutes les femmes, qu’est-ce que tu viens les faire chier avec tes pressions et tes injonctions à la con. 

Au sujet du travail et de la maternité :

J’ai envie de vous dire que je trouve que le fait qu’une femme puisse travailler est formidable parce qu’elle gagne son propre salaire et n’a de compte à rendre à personne. J’ai aussi envie de vous dire que penser que le travail est une forme d’émancipation est un peu trop une doctrine libérale à mon goût.

Moi ce que je vois surtout c’est que la femme continue de subir bien trop souvent du harcèlement sexuel et des remarques sexistes sur son lieu de travail. Qu’elle est bien moins payée qu’un homme pour le même travail. Qu’elle a encore trop de mal à s’imposer, à négocier son salaire, à savoir ce qu’elle vaut. Qu’elle va fournir parfois bien plus de travail car elle sait qu’elle doit bien plus faire ses preuves qu’un homme. Et qu’au final, elle ne recevra même pas la moitié des compliments. Ou alors les compliments mais pas la thune qui va avec. Alors parfois j’ai envie de dire aux femmes d’en faire le moins possible parce que franchement, elles n’ont rien à devoir au capitalisme.

Mais à côté je suis une grosse carriériste et j’ai surtout envie que les conditions de travail changent pour les femmes. J’ai envie qu’on flippe moins par rapport au congé de maternité et au fait d’avoir des gosses. Comme d’habitude, j’aimerai que cet espace arrête de n’être pensé que par les hommes et pour les hommes et qu’ils se rappellent que les femmes existent et que quand elles font des gosses, ben ça prend 9 mois.

Je me souviens de ce très bon article de Slate : mesdames, choisissez un mec avec moins d’ambition si vous voulez faire carrière. Je ne vais pas tout résumer mais l’article expliquait très justement que lorsqu’un homme et une femme aspirent à une grosse carrière dans un couple, la femme finit par toujours plus se sacrifier que l’homme dès qu’il est question des enfants. Il n’y a jamais de compromis, même avec la meilleure volonté du monde. Alors à choisir, je préfère être plus ambitieuse que mon mec. Je n’ai jamais considéré que ne pas être ambitieux était être un flemmard qui reste à glander sur son canapé. Il y a juste des gens qui trouvent leur bonheur dans d’autres choses que leur carrière.

Au sujet du principe de parité :

J’ai toujours un petit sourire quand j’entends des gens me balancer que la parité va mettre des gens incompétents à des places importantes. En fait, non : le principe du privilège masculin fait que des personnes déjà incompétentes obtiennent certains postes. Donc en fait, le principe de parité ne va pas augmenter le nombre de personnes incompétentes. Par contre, la parité risque bien de faire en sorte qu’on arrête de mettre des hommes partout pour enfin laisser des femmes avoir une place de choix. Les laisser s’exprimer, les laisser donner leurs avis et les laisser avoir des postes importants. Et t’sais quoi : peut-être même qu’elles seront compétentes ! Moi ce que je vois surtout c’est beaucoup de mauvaise foi : un homme incompétent dérange peu par contre une femme incompétente, faudrait pas que ça arrive !

“La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente.”
Françoise Giroud

Au sujet de l’avortement et la contraception :

Sans surprise, j’estime que l’avortement est un droit qui doit être accessible et ce gratuitement peu importe ton âge et ta situation. Je suis formellement contre l’idée d’une semaine de délai pour réfléchir, qui est d’une stupidité sans nom : nous savons ce que nous faisons, merci. Ne parlons même pas de cet imaginaire autour d’un avortement de confort comme quoi il y aurait certaines femmes qui iraient se faire avorter toutes les semaines car elles n’en n’auraient rien à battre de la contraception. Ben voyons.

Alors déjà, si la contraception est un sujet qui te tient tant à cœur que ça, tu peux sensibiliser les jeunes à ces problématiques et les rendre plus accessibles (pour être déjà allée dans un planning familial, y a encore du boulot en termes de disponibilité). Mais concrètement, fermer les cliniques où se faire avorter est la plus belle connerie du monde. Déjà parce que les femmes continueront d’avorter et ensuite, parce qu’elles le feront dans des conditions catastrophiques.

Et enfin, je considère que l’avortement doit arrêter d’être vu comme quelque chose d’aussi sacralisé. Ce n’est pas un acte à prendre à la légère COMME TOUT UN TAS D’AUTRES INTERVENTIONS MEDICALES mais c’est tout. Une femme n’a pas à se sentir mal ou traumatisée ou ce que vous voulez après un avortement. Elle a le droit de l’être et on a le devoir de comprendre cette peine et d’éprouver de l’empathie. Mais on a aussi le droit de trouver ça très bien qu’une femme aille se faire avorter et continue sa vie tranquillement après en ayant strictement rien à foutre de ce qu’elle vient de faire.

Elle n’a commis aucun crime. Elle a simplement décidé d’enlever un amas de cellules de son bide. Il n’y a aucun jugement à avoir.

En tant que féministe radicale, j’estime que ceux qui ne devront jamais se faire avorter (SUIVEZ MON REGARD) ne devraient absolument pas avoir le droit de se positionner sur ce genre de questions. Je considère que lorsqu’une loi est votée à ce sujet, ils ne devraient pas pouvoir prendre part au vote.

N.b : et comme m’avait fait très justement remarquer quelqu’un dans un commentaire, ma vision de cette partie est trop “binaire” et occulte le fait que des personnes trans peuvent aussi avoir besoin de l’accès à l’avortement et à la contraception. Donc, je précise : je parlais des mecs cis.

Au sujet de la féminité :

En prenant ce terme dans sa définition la plus clichée et la plus genrée, j’estime que même si on doit casser les normes de genre et les frontières entourant ces clichés, il est hors de question de faire disparaître ces attributs dit « féminins », sous peine de ne laisser place qu’aux normes masculines.  Je vous en avais déjà parlé un peu avant mais je reviens dessus un peu plus longuement ici.

Arrêter de dire que les femmes sont les seules à pouvoir les adopter = oui. 

Dire que le maquillage, les talons, la lingerie etc. sont des formes d’aliénation = nope.

Pour être par moments ultra “féminine” (vêtements très courts, talons très hauts etc), je me rends bien compte qu’il y a tout une vision bien plus négative qu’il n’y paraît. Depuis que je suis devenue féministe j’ai vraiment pris du recul sur tout mon rapport avec le regard masculin. J’ai moins peur qu’avant, j’essaie de relativiser quand je rentre tard dans la rue et d’être plus ferme dans mes interactions afin d’avoir moins peur.

Mais aussi, j’essaie vraiment de ne plus adapter ma tenue par rapport à certains comportement problématiques typiquement masculins. Donc je porte ce que je veux c’est-à-dire parfois des mini-jupes très courtes ou autres. Et j’ai remarqué que cet excès de « féminité » était souvent très mal vu car on a une vision hyper sexualisée du corps féminin.

Ce qui fait que je considère que ma manière de m’habiller fait totalement partie de mon militantisme.

Mon corps = mon droit. Et mes vêtements en font partie.

Au sujet du harcèlement de rue :

Le point précédent nous amène donc bien évidemment au cas du harcèlement de rue. Pour le subir depuis mes 13 ans, je sais bien que ce harcèlement peut arriver à tout moment, peu importe l’heure, le lieu et ma tenue. C’est en le réalisant que j’ai décidé d’arrêter de chercher à avoir une tenue « acceptable » alors que MÊME en survêtement on parvient à me faire chier.

Même si, selon moi, les femmes doivent apprendre à se défendre pour leur survie personnelle c’est également un problème qui doit être réglé de manière collective en apprenant aux hommes à foutre la paix aux femmes dans l’espace public et à ne pas harceler. Comme on doit leur apprendre à ne pas violer (hein, je le rappelle).

Il y a environ 2 femmes pour 8 hommes le soir dans le métro. Les femmes sont trop absentes de l’espace public car elles ont bien compris qu’elles n’y étaient pas à leur place.Dès qu’elles sont jeunes, on les emmerde. J’essaie énormément de me détacher des idées autour du « mythe du viol » qu’on nous fout dans la tête depuis gamine, où on t’apprend à avoir peur de sortir seule dans la rue alors que les viols arrivent rarement là mais soyons honnêtes : sans en arriver juqu’au viol, une femme est très rarement tranquille dans la rue. Là où un homme a peur de se faire agresser et qu’on lui pique son portable et qu’on le plante avec un couteau (j’extrapole mais imaginons que tu ne te sens pas safe), nous avons également cette peur et une en plus : celle qu’on nous agresse sexuellement. Voire pire.

J’en ai assez de ces hommes qui abordent dans la rue.

Même quand ça se veut gentil et poli juste pour faire un compliment. « Juste ». La rue n’a jamais été un lieu de drague, ça n’a toujours été qu’un lieu où les mecs se permettaient de commenter de manière plus ou moins violente notre physique. C’est très bien de dire qu’en tant que mec, t’aimerais bien qu’on te dise que t’es beau dans la rue mais 1/ Quand ça fera partie d’un quotidien où tu es TOUJOURS renvoyé à ton physique on verra comment tu le prendras et 2/ Vous êtes toujours lourds. Arrêtez de croire que VOUS, vous serez bien plus subtils, plus cools et plus sympas que les autres mecs qui draguent. Vous attendez TOUJOURS quelque chose en échange, même si vous ne voulez pas trop l’avouer. Si y a moyen de choper un numéro et un café, vous direz pas non. Et ENFIN, j’ai le droit de n’avoir pas envie qu’on me parle de mon physique, même si c’est juste « comme ça ». J’ai le droit d’en avoir marre qu’on me renvoie à ça et que les hommes pensent avoir le droit de valider ce à quoi je ressemble.

Pourquoi avez-vous besoin d’aborder les femmes ? Même juste pour faire un compliment « sympa » (qui te dit que ça l’est ?) alors que cette personne S’EN FOUT et n’a rien demandé ?

Si les hommes abordent plus c’est pour une raison très simple : l’espace public vous appartient, on vous a appris à être plus entreprenant. Tu veux vraiment qu’on vous drague et qu’on valide votre physique ? Okay. Alors laissez-nous de la place dans l’espace public. Arrêtez de nous importuner sans cesse, de chercher à parler quand on ne veut pas et qu’on a rien demandé. Et si on a vraiment envie de vous parler/draguer/complimenter, on le fera. 

Au sujet du body-positivism :

Même si je pense donc qu’il est capital d’apprendre aux femmes à se détacher de leur apparence parce qu’elles n’ont pas à s’arrêter à ça, je pense surtout qu’elles doivent apprendre à se réapproprier leur physique. Concrètement : il faut arrêter avec l’idée que la femme doit/veut forcément plaire ou séduire l’homme. Pour moi, les femmes doivent s’aimer, aimer leur physique et se sentir belles et ça doit passer en arrêtant de chercher la validation masculine. On s’en cogne de leur avis, point. Elles doivent apprendre à se trouver belles entre elles et faire ce travail de self-confidence entre femmes.

Au sujet des hommes qui se disent « féministes » :

J’estime que les hommes doivent apprendre leur place dans le mouvement. Qu’il y a des espaces non mixtes pour une raison (expliquée au début de cet article). Je n’ai pas d’avis particulier sur les termes « pro-féministes » ou « alliés ». Pour moi, tant que cela signifie que tu as une sensibilité pour ces problématiques, cela me convient. Ce qui ne me convient pas est quand tu te penses légitime pour donner ton avis sur notre manière de gérer nos problèmes ou dans notre manière de te comporter. Combien de fois ai-je entendu des mecs se dire « pro-féministes » puis me sortir qu’une fille qui pose en lingerie sur Instagram ne se respecte pas. Tu n’as pas la même importance que nous dans le mouvement. Tu es là pour apprendre, comprendre et relayer. Tu peux donner le nom que tu veux à ça, tant que tu comprends et que tu ne monopolises pas la parole, ça me convient.

 

Au sujet des « anti/non-féministes » (hommes ou femmes ou autres) :

Je m’en moque totalement. Le monde n’a pas changé grâce à une majorité mais à une minorité. Je me fiche des femmes non féministes ou anti féministes comme de l’an 40. Si tu as une sensibilité à ça et que tu te sens proche de nos idées, tant mieux.  Je peux expliquer des choses, mais je ne peux pas faire des miracles. Néanmoins, peu importe tes opinions politiques, j’estime agir pour l’ensemble des femmes et ferai toujours preuve d’une neutralité et d’une solidarité sans borne face à un acte sexiste. Parce que cela fait partie de mes principes.

Est-ce que je considère que les femmes anti-féministes sont souvent des femmes très conservatrices, privilégiées, ayant des arguments faiblards et sans intérêt ? Oui.

Est-ce que je considère que les femmes non-féministes cherchent souvent à ne pas se définir par ce terme parce qu’elles ont peur de ce que la société en pense et que ça permet de pas trop se mouiller? Oui.

Et à un moment je pense qu’il faut arrêter de jouer sur les deux tableaux et savoir un peu s’investir politiquement.

Mais je vois aussi que les hommes anti-féministes et non féministes sont rarement inquiétés ou méprisés pour leurs idées sexistes. Au pire, on les voit comme des beaufs lourdingues, au mieux des subversifs kiffant le second degré. Deux poids deux mesures, comme d’hab.

 
Au sujet du masculinisme :

Je considère le masculinisme comme un mouvement dangereux. Pour moi il n’est pas risible ou ridicule, il doit être pris avec sérieux. Ces hommes qui se permettent de mettre au même niveau les petites choses qu’ils vivent et qui n’ont absolument pas la même ampleur que nos oppressions sont de pauvres types déconnectés. Mais surtout, ils ont souvent un discours fourbe où ils essaient de faire passer leurs idées puantes qui se résument à asseoir un peu plus leur domination.

Certes, seulement une minorité d’hommes adhère à leurs propos. Du moins à leurs propos les plus extrêmes (car oui, ils sont forts pour susciter l’adhésion). Mais en attendant, lorsqu’une partie aussi émergée de l’iceberg te montre que le sexisme existe encore, même s’il semble presque grossier, c’est peut-être le temps de s’inquiéter, non ?

  1. Anonyme

    7 février 2016 at 14 02 03 02032

    Très joli texte ! Sans nécessairement être d'accord avec tout (quoique sur beaucoup de choses quand même) (pis osef de mon avis en fait), c'est quand même cool que tu aies pu poser tout ça par écrit (et encore davantage que tu l'aies partagé).

    Pour la place des hommes dans cette mouvance, surtout les plus privilégiés, j'aurais tendance à dire que nous n'avons clairement pas notre mot à dire — ça n'est pas notre combat — par contre, on peut en parler autour de nous, relayer des articles sur le sujet (au pif, celui-là, mais pas le seul, il commence à y avoir une bonne littérature dans le domaine), expliquer avec pédagogie les choses (malheureusement ça passe mieux quand c'est un mec qui explique à un mec que quand c'est une nana qui explique à un mec… un jour ça changera, j'espère).
    Du coup, la seule question que je me pose (là dans l'immédiat), c'est quel rôle adopter quand une fille débat vigoureusement avec quelqu'un (ou plusieurs personnes) au sujet du féminisme et/ou d'un comportement déplacé — souvent en passant aux yeux des quidam pour une “hystérique” (je déteste ce terme) :
    Faut-il l'aider ? (au risque, sans le vouloir du tout, de du coup jouer le rôle du gentil paternaliste/appuyer le fait qu'une femme ne peut pas être crédible sans soutien masculin/être la caution rationnelle du discours, comme si les femmes ne pouvaient pas l'être toutes seules comme des grandes)
    Faut-il au contraire ne rien faire et la laisser débattre ? (Au risque de transformer un discours pertinent en logorrhée rejetée en bloc, alors qu'avec un soutien les propos pourrait passer bien plus efficacement, persuader les interlocuteurs du bien-fondé du mouvement et donc avoir une personne de plus convaincue)
    Si tu as un avis sur le sujet, je serais curieux de l'entendre, je ne sais jamais trop sur quel pied danser. 🙂

    Signé : un MCBH (mec blanc cis hétéro)
    PS : flemme de rentrer un nom dans les com –'

  2. Cause Naturelle

    8 février 2016 at 21 09 01 02012

    Je suis presque convaincue par tout.
    Merci!

  3. Anonyme

    10 février 2016 at 15 03 35 02352

    Salut,
    Pourrais tu m'expliquer ( en argumentant ) ta position à propos de l'exclusion des hommes lors de votes concernant l'avortement.
    Selon moi l'avortement n'est pas un acte qui concerne uniquement les femmes même si bien-sûre elles en restent les destinataires. Derrière l'avortement il y a eut un rapport sexuel impliquant un homme et une femme.
    De plus ces lois vont influencer le fonctionnement de la société donc chacun devrait pouvoir s'exprimer tout en étant pris en compte.
    Merci pour les éventuelles réponses

  4. Buffy Mars

    11 février 2016 at 10 10 12 02122

    Très bonne question! Personnellement, je pars du principe que c'est à la fille qui débat d' “inviter” son camarade “allié” à participer. C'est généralement ce que je fais quand une conversation tourne en ronde et devient stérile, je fais un petit eye contact en direction de mon ami (mec ou fille) pour lui dire “allez viens, réponds si tu veux!”

  5. Buffy Mars

    11 février 2016 at 10 10 14 02142

    Le problème tu vois c'est qu'à chaque fois qu'un projet de loi ou une loi tombe à l'eau quand on parle de contraception, avortement, planning familial c'est parce qu'il y a une majorité de non. Et qu'aux US, on s'est vite rendu compte que… qui est-ce qui votait non? LES MECS.
    Donc en fait, c'est tout simple: c'est un fait de notre société qui est représenté de manière inégalitaire. Les mecs sont bien plus présents dans les instances politiques et donc il y a pas de vote à égalité. C'est eux qui votent en grande majorité et qui décident si oui ou non on va nous accorder ce droit.
    Bah non, c'est mort :).

  6. Skeptic Cédric

    25 février 2016 at 17 05 24 02242

    Salut,

    en mode avocat du diable, est-ce que ta position consiste également à penser que les femmes stériles devraient être exclues du vote ? Idem pour les nokiddies des lois touchant à l'école ?

    Etc etc, je trolle un peu (je le reconnais) mais est ce que ça n'est pas dangereux d'exclure une partie de la population d'un vote au motif qu'elle ne sera jamais concernée ? On pourrait faire la même remarque en ce qui concerne les prestations sociales, l'accès à la culture etc etc

    Les parlementaires ne peuvent de toutes façon pas être partie prenante de toutes les situations intéressées par le législatif, non ?

    Note que ça pourrait être une bonne idée (ne peuvent voter que les personnes directement impactées) mais est-ce que ce ne serait pas institutionnaliser le “juge et partie” ?

  7. Buffy Mars

    26 février 2016 at 10 10 39 02392

    ohlalal trop fun de troller. en fait t'es au courant que si les lois parlant d'avortement, contraception et autres reculent c'est à cause de la prépondérance des hommes dès qu'on veut faire passer une loi qui se permettent d'imposer leur jugement sur la manière dont on contrôle notre corps.

    donc en fait, non, on parle pas d'exclure une partie de la population et c'est là où tu y comprends pas grand chose. hormis si tu penses encore que ceux qui votent pour nous les projets de loi nous représentent tant que ça. on parle de mecs qui se permettent d'imposer leurs idées aux femmes.

    fascinant de voir ces mecs ouvrir leur gueule pour parler de danger d'exclure les mâles alors que le danger se trouve dans le fait que le droit des femmes recule. continue, tu tiens le bon bout mon gars.

    bonne journée!

  8. Eva M.

    27 février 2016 at 10 10 42 02422

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  9. Eva M.

    27 février 2016 at 10 10 42 02422

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  10. Skeptic Cédric

    27 février 2016 at 11 11 58 02582

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  11. Maelyra

    27 février 2016 at 16 04 54 02542

    Tu le sais sans doute, mais j'aimerais le préciser au cas où… certains hommes peuvent être enceints et certaines femmes ne le peuvent pas. Dès qu'on s'intéresse à des concepts de genre, de transidentité etc… on peut voir que les choses sont un peu moins binaires que ce que l'on pourrait croire.

    Et du coup rapport à ce que disait la personne anonyme, “Derrière l'avortement il y a eut un rapport sexuel impliquant un homme et une femme.” ou deux hommes, ou deux femmes, ou des personnes non binaires et autres combinaisons.

    Néanmoins, il reste vrai que ce sont des hommes cisgenres qui votent les lois et qui de fait ne sont pas directement concernés par cette problématique.

  12. Buffy Mars

    28 février 2016 at 16 04 33 02332

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  13. Buffy Mars

    28 février 2016 at 16 04 36 02362

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  14. LO Daronne

    29 février 2016 at 18 06 01 02012

    J'suis tombé un peu par hasard sur ton article (je te suis depuis l'affaire de la loi travail, tout ça tout ça) et je le trouve super important. Super important parce qu'il éclate un bon nombre de clichés que je ne cesse d'entendre et qui m'insupportent de plus en plus, même venant de proches. Important, parce que trop de monde pense qu'on a aujourd'hui une égalité homme/femme alors que putain on en est loin. Important parce qu'on parle pas assez du black feminism. Important pour… bon je pourrais durer encore longtemps donc j'arrête.

    Personnellement je me suis rendu compte quand j'étais plus jeune (14 – 16 balais) que sans m'en rendre compte j'avais dans ma petite tête d'ado plein de stéréotypes qui ne cessent de persister, que ce soit à cause de la télé, de certains films, des médias.. et qu'inconsciemment, et même si j'ai été élevé dans une famille ouverte sur tous les sujets, et très loin de valeurs patriarcales et archaïques, bah il m'arrivait en écrivant des trucs, de sans le réfléchir et encore moins le vouloir, d'entretenir ces clichés. C'est à 16 – 17 ans que des amies proches m'ont sensibilisées. On en parle trop TROP peu à la télé, dans les médias, et Internet c'est beau pour ça, c'est super important d'ouvrir les yeux aux gens, d'arrêter de laisser passer toutes ces blagues, ces clichés (dans la pop culture par exemple, ça me rappelle l'excellente vidéo d'Anita Sarkeesian) parce que NON NON, c'est pas anodin.

    Mais surtout, elle remet beaucoup les pendules à l'heure pour les Hommes. Depuis peu je n'ai de cesse de voir des “pseudo-mecs-féministes” qui finalement retournent toujours le propos à leur avantage. C'est aux femmes d'en parler, c'est elles qui vivent ça au quotidien, y'en a marre de voir ceux qui ne sont pas directement concernés leur couper la parole. J'veux dire, j'suis un mec et j'relaye tout ce que je peux comme info, pour renseigner certains des proches des amis, les contre-dire quand il le faut parce que c'est super important, mais je ne serais jamais legit pour en parler plus qu'en théorie (au vu des commentaires plus haut ça plaît pas à tout le monde, mais c'est comme ça aha).

    Ton article mérite le partage, d'ailleurs surprise, je vais le faire tout de suite après avoir écrit mon commentaire !

  15. manebuleuse

    29 février 2016 at 22 10 30 02302

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  16. Buffy Mars

    2 mars 2016 at 12 12 42 03423

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  17. Lapin Baskerville

    4 mars 2016 at 14 02 43 03433

    Mon dieu. Je dis un grand oui à chacune. de. tes. phrases. Merci.

  18. Virginie

    5 mars 2016 at 20 08 07 03073

    Très bon article ! Je me questionne un peu sur cette partie :”Je suis également pour l'idée que l'enfant choisisse son genre (ou aucun si ça lui chante) à partir de ses 18 ans et qu'il n'en est aucun de défini par ses parents dès sa naissance.” Concrètement, comment cela peut être possible alors que la société entière nous renvoie à notre genre ? (prénom, vêtements etc ?
    Je trouve ta façon d'expliquer très “simple” (dans le bon sens du terme). On comprends tout, il n'y a pas de termes complexes ou auteurs/références sociologiques (qui ne sont pas toujours à la portée de tout le monde) et pour autant tu ne prends pas tes lecteurs pour des gens naifs ou idiots. Donc merci pour cela !
    Compte tu faire des articles sur des “thèmes” comme sur le racisme (ton avis sur le racisme anti-blanc et pourquoi il n'existe pas” etc ?
    Enfin, j'aurais bien aimé savoir quels ont été tes “déclics littéraires” par là j'entends des livres, auteurs qui ont participé à ta façon de penser aujourd'hui. Cela m'intéresserai beaucoup !
    Merci !

  19. Unknown

    8 mars 2016 at 0 12 20 03203

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  20. Buffy Mars

    10 mars 2016 at 8 08 43 03433

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  21. Anonyme

    16 mars 2016 at 20 08 55 03553

    Sublime texte.
    Je suis un homme de 37 ans, et je me suis toujours cru féministe…..
    Féministe dans le sens : il y a autant de différences entre mon voisin de palier et moi qu'entre une femme et moi….
    Pourtant, il y a peu, grâce à Facebook et à des groupes féministes, j'ouvre les yeux sur mon propre conditionnement….et c'est édifiant…combien je trouvais “normale” des choses totalement “anormales” !

    Alors, quand je vois, dans ce texte, autant de maturité, de sagesse, de réflexion, d'aplomb et de courage….je suis admiratif, heureux et plein d'espoir….
    j'apprends donc, j'essais de comprendre et de relayer !
    Merci…..

  22. Anonyme

    30 mars 2016 at 11 11 33 03333

    Wouah ! Mais quelle article !!! Un article que je qualifierais de merdique … Et oui. Alors pourquoi à mes yeux tu a perdu toute cridibilité : pendant tout ton article : tu ne fait que de généralisé, ta rédaction est tellement narcissique et méprisante pendant tout ton putain d'article fini à la pisse (la preuve en est que même dans les commentaires tu leur réond avec le même ton). Tu sais se qui me fait marrer … c'est que tu mettes “juste” devant radical. Il n'y a jamais rien eu de bon dans tout ce qui est radical que se soit en matière de féministe, de politique on tout autre domaine. Ce qui sont radical sont fermé d'esprit point barre. C'est dommage parce que certain point que tu abordes sont bien traités. Bien sur que les causes que tu défend sont bonnes et moi aussi j'approuve l'idéologie du féminisme mais je n'irais jamais vous défendre jamais manifester à vos côtés, à cause de personne comme toi. Tu n'as que 22 ans et éprouve déjà une “haine visceral” envers les hommes et la société … La vraie question que je me pose c'est qua tu fais la société ou même les hommes pour que tu éprouve un tel sentiment envers eux. Alors bien sur que mon commentaire serat anonyme pour que tu me détestes encore plus. Toi qui “pétes haut que son cul” Et on ne pas évoquer le cas Twitter parce que là tu atteint un niveau d'hypocrisie total. Aller au revoir “petite nenette” ou “petite meuf” comme tu le dis si bien …

  23. Buffy Mars

    30 mars 2016 at 11 11 57 03573

    tant mieux parce que personne ne t'a demandé de venir à nos côtés, en fait.

    rt si c trist

  24. Anonyme

    30 mars 2016 at 12 12 07 03073

    T__T t'oublies des mots on comprend pas quand tu cries monsieur…

  25. Trollken

    30 mars 2016 at 12 12 07 03073

    Ils sont marrant ces mecs qui crient en mode “bouh tu généralises”.
    J'suis un mec aussi, j'me sens absolument pas visé.

    'tendez, ça voudrait dire que…

  26. Dorian

    30 mars 2016 at 12 12 28 03283

    Cher Anonyme,
    Voici ton postulat: “tu ne fait que de généralisé, ta rédaction est tellement narcissique et méprisante”
    Et hop fait ce que je dis pas ce que je fait :p “Ce qui sont radical sont fermé d'esprit point barre.”

    Allez un autre pour la route, “ta rédaction est tellement narcissique et méprisante” directement suivi de “ton putain d'article fini à la pisse” dans la même phrase PATATE!
    Mon pauvre anonyme, je ne sais pas quel frustration te mène à tant d'agressivité envers une personne qui s'engage pour une cause…

    “moi aussi j'approuve l'idéologie du féminisme” Vu comment tu respecte son avis sur la question en occultant le fait qu'elle est une femme et que Dé-Facto légitime à s'exprimer sur le sujet, on est libre de se demandé si tu vivrais pas en Corée du nord.

    Que tu ne comprenne pas ce que le radical a pu apporter à ta petite vie de privilégié passe encore, mais chier littéralement, sans aucuns arguments valable sur un travail de réflexion complexe, en mélangeant tout et n’importe quoi, en étant incapable de tenir un argumentaire construit, tu démontre la médiocrité des gens qui se disent progressistes.
    MAIS SURTOUT, SURTOUT NE TE DÉFINIS PLUS JAMAIS COMME SYMPATHISANT FÉMINISTE, TU EST UN SYMPATHISANT OPPORTUNISTE( et ça c'est le pire, pire qu'un facho qui s'assume).
    CQFD
    A bon entendeur salut Anonyme(lâche?)

  27. Anonyme

    22 avril 2016 at 23 11 12 04124

    Je suis d'accord avec presque tout. Mais bon mon désaccord serait malvenu tant je me plains pas d'une coupure au papier à côté d'une personne avec une artère tranché. Et au pire ma position d'homme dominant me permet de m'asseoir cordialement dessus.

    Sinon promis je ferai plus attention à certains points de comportement que tu as apporté à ma connaissance.

    Aussi si tu pouvais parler de féminisme à ma copine et sa famille… Elle est comptesse (oui ça existe encore même si ça veut plus dire grand chose ). Bah ça rendrait service car c'est un gros morceau.

  28. Adrien Horgnies

    26 avril 2016 at 14 02 19 04194

    Tiens c'est vrai ça, j'avais oublié que l'avortement pourrait aussi impliquer le mec qui a copulé pour concevoir l'enfant.

    Par contre je ne comprends pas le raisonnement :
    Petit A : La mère veut avorter mais pas le père – Le père veut un enfant pris de force à la mère?

    Petit B : La mère ne veut pas avorter mais bien le père – La mère défend donc son enfant, ses valeurs (défendre toute vie, tout ça tout ça) et son corps (Ce n'est pas bégnin d'avorter) et le père veut se défaire d'une responsabilité (s'occuper de l'enfant voir de la femme car l'enfant peut le contraindre à entretenir la femme (les deux sont cons dans ce cas, tant mieux qu'ils se soient rencontrés)).

    Dans le cas où les deux sont d'accord, ça roule.

    Le petit B, y'a deux positions défendables, je ne serais certainement pas en mesure de trancher.
    Par contre le petit A, la loi actuelle a tendance à favoriser le status quo donc l'avortement (status quo = pas d'enfant).

    Donc selon toute logique, laisser la possiblité à la femme de forcer l'avortement peu importe l'envie du “père”, c'est ok ?

    C'était bien le sujet, je me suis pas gouré? Je pensais notemment à cette loi qui veut donner un status juridique au foetus et donc empêcher l'avortement.

  29. Remi Starek

    28 juin 2016 at 23 11 58 06586

    Salut ! Je reposte mon commentaire car je crois que j'avais pas capté comment me connecter.
    J'ai tout lu et j'ai trouvé cet article très instructif.
    Je suis un homme blanc hétéro cis qui s'intéresse au féminisme depuis quelques temps, et c'est un peu en m'informant que j'ai découvert que j'étais féministe sans vraiment m'en rendre compte. J'ai aussi pu remarquer tout le sexisme ambiant “ordinaire” dont je n'avais pas conscience avant, ainsi que mon comportement qui était pas terrible quand j'étais plus jeune.
    Bref, merci pour cet article très complet et bien expliqué, j'ai pu me forger un peu de connaissances sur des sujets que je connaissais trop peu, comme la question de la prostitution par exemple.
    Je m'en vais partager l'article à des ami-e-s qui s'intéressent au sujet.
    Bonne continuation et bon courage.

  30. Unknown

    4 septembre 2016 at 19 07 55 09559

    Bonjour, je m'intéresse au féminisme et à tout type de revendication social. Ce que tu dit est vraiment instructif. Je vais m'en servir comme base de travail. Je me permet de te demander d'autre personne parlant de féminisme sur internet ( si possible avec des avis un peu divergeant ). Par ailleurs, je trouve que tu néglige la question ” Pourquoi ? “. Mais bon je suis un fan de cette question…. Merci pour ton avis sur la question, Bonne soirée.

  31. Lunjei Teohmacl

    12 septembre 2016 at 20 08 30 09309

    “…Pour moi, les femmes doivent s’aimer, aimer leur physique et se sentir belles et ça doit passer en arrêtant de chercher la validation masculine. On s’en cogne de leur avis, point. Elles doivent apprendre à se trouver belles entre elles et faire ce travail de self-confidence entre femmes…”

    J'aurais dit : “Elles doivent apprendre à se trouver belle avec la/les personne.s de leur choix.” non?
    C'est du masculinisme de dire ça comme ça? Parce que forcément ça sous entends qu'elles pourraient demander encore une fois à un homme.

    Très belle œuvre militante, un résumé d'un vaste problème, bravo !

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