Je me suis fait tatouer et je vous raconte

Ceux qui me suivent depuis quelques années maintenant le savent: j’adore les tatouages. Toutes les sortes de tatouages. Même si je l’avoue, sur moi, j’ai toujours voulu des tatouages très fins, minimalistes et non colorés. J’ai toujours aimé ça et j’ai toujours trouvé ça particulièrement beau. Comme si un motif nous permettait de nous sentir enfin… complet. Nous-même. Un étrange sentiment que les amateurs de tatouages connaissent tous et partagent. Je parle sérieusement de tatouages depuis mes 17 ans et même si mes envies ont évolué, le principe même de me faire tatouer n’a de son côté pas bougé.

 

D’une envie qui traîne…

Ceux qui me suivent depuis quelques années maintenant le savent: j’adore les tatouages. Toutes les sortes de tatouages. Même si je l’avoue, sur moi, j’ai toujours voulu des tatouages très fins, minimalistes et non colorés. J’ai toujours aimé ça et j’ai toujours trouvé ça particulièrement beau. Comme si un motif nous permettait de nous sentir enfin… complet. Nous-même. Un étrange sentiment que les amateurs de tatouages connaissent tous et partagent. Je parle sérieusement de tatouages depuis mes 17 ans et même si mes envies ont évolué, le principe même de me faire tatouer n’a de son côté pas bougé.

Par manque d’argent, de temps et puis par peur, je n’ai pourtant pas sauté le pas très rapidement. J’ai beaucoup hésité car j’étais très inquiète au niveau de la douleur qu’on pouvait ressentir. Pendant très longtemps je me suis classée dans la catégorie “douillette” et je réalise de plus en plus que ce n’est pas le cas. Mais j’étais franchement pas très à l’aise à l’idée de laisser un truc rentré dans ma peau pour y injecter de l’encre. La sensation n’avait pas franchement l’air super agréable.

Puis cette année je me suis dit qu’il était temps de se jeter à l’eau. Que j’en avais marre de faire du surplace et qu’il était grand temps de transformer les “j’aimerai” en “je le fais“. C’est pour ça que je me suis enfin décidée à devenir rousse par exemple. Mais les tatouages c’est pas pareil. Disons que ce n’est pas aussi temporaire qu’une coloration. Haha. Alors voilà, j’ai franchi le pas et je me suis décidée à me faire tatouer.

… à une envie qui se concrétise

 

Je ne vais pas commencer à faire un article où j’explique que les tatouages ne regardent que nous et notre corps, qu’on s’en carre de l’avis extérieur et qu’on n’a pas demandé l’avis des autres (qui sont pourtant toujours très enthousiastes à nous le donner). Ca, ce serait bien de le comprendre au bout d’un moment. Je ne vais pas commencer non plus à répondre aux sempiternelles questions provenant de personnes se croyant hyper originales et qui vous demandent si vous n’avez pas peur de le regretter??? ou de ne pas réussir à trouver un travail???. Ce genre de débat stérile ne m’intéresse pas et est ennuyeux au possible. Y a un moment, va peut-être falloir changer de disque, hein? Non? Bon.

Personnellement j’ai toujours apprécié les tatouages, qu’ils aient une signification ou qu’ils n’aient qu’un but esthétique. Comme tout le monde, il y a des tatouages que je trouve plus beaux ou plus réussis car c’est une question de goût et de style. Mais ça ne regarde que moi. Et aussi, autant je ne suis pas du tout intéressée par les piercings (je n’ai même pas les oreilles percées, c’est vous dire!) par exemple et encore moins par les scarifications (brr, ça a l’air de faire bien mal), autant j’apprécie cette idée de se dessiner sur la peau, d’y immortaliser un instant de sa vie.

Et en grande idéaliste (ou perfectionniste angoissée, c’est au choix) que je suis, je voulais que ce moment soit parfait parce que se faire tatouer n’est déjà, à la base, pas anodin mais encore moins quand c’est la première fois. Je voulais vraiment passer un bon moment et ne pas m’inquiéter pour des choses idiotes. C’est aussi pour ça que j’ai mis du temps avant de franchir le pas. Entre la douleur et les commentaires anxiogènes des gens (qui n’y connaissent pas forcément grand chose), on a souvent tendance à se retrouver le cul entre deux chaises: j’y vais ou j’y vais pas?

Le choix du salon :

J’ai donc décidé de me faire tatouer. Enfin! Comme je suis une bonne grosse hygiéniste, je ne voulais pas filer ça à n’importe qui. Puis je voulais le top du top. Même si je ne me faisais tatouer que 2 petits mots ridicules (ouais 2 pour commencer, j’aime bien faire les choses en grand héhé), j’étais terrifiée à l’idée qu’on puisse les rater. Franchir le pas, OK. Laisser ça aux mains de n’importe qui et le regretter jusqu’à la fin de mes jours, PAS OK.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à prendre RDV chez Tin-Tin Tatouages, un des salons les plus connus (aussi bien sur Paris que dans toute la France). Bon, j’avoue que pas mal de gens m’ont regardé un peu de travers en apprenant que j’avais décidé d’aller là-bas pour deux tatouages riquiquis. Quand tu vas chez Tin-Tin, tu vois bien que la clientèle qui y est présente est plutôt là pour se faire de grosses pièces bien complexes demandant un travail tout particulier. Mais ils sont très cools et acceptent tout le monde et je n’ai absolument eu aucun jugement de la part de la tatoueuse ayant pris mon RDV.  J’ai eu d’ailleurs beaucoup de chances parce que chez Tin-Tin… y a de la demande et les places sont vite prises! Et pas qu’un peu. Mais comme mes tatouages étaient rapides à faire on a pu me caser environ 2 mois après. Ce qui est assez long mais pas tellement quand vous prenez RDV chez Tin-Tin (je connais des gens voulant se faire des dessins énormes et qui ont dû attendre des mois pour pouvoir caser un RDV là-bas).

Bref, je suis donc partie du salon avec mon petit papier me confirmant que je me faisais tatouer le 16 décembre (le jour de la sortie du dernier Star Wars pour ceux qui n’avaient pas remarqué héhé \O/!) et j’ai dû verser 50€ d’arrhes qui ne me seraient pas remboursés si je me désistais (même s’il est possible de reporter son RDV si on  a un empêchement et qu’on ne le fait pas à la dernière minute).  Je suis partie plutôt rassurée. J’ai bien vu que j’avais affaire à des pros, que le salon semblait à la hauteur de sa réputation et très clean et que tout semblait plutôt bien organisé. Tous mes critères étaient remplis et je suis rentrée chez moi sereine. Laissant dans un coin de ma tête que j’allais donc très bientôt être officiellement tatouée. Oui. Parce que sinon j’aurai pas dormi pendant 2 mois.

Le Jour J :

Je suis donc arrivée le mercredi 16 décembre 2015 à 16h30 devant le salon, tremblante comme une feuille. Non, je n’exagère pas. J’étais terrifiée sans trop savoir dire pourquoi: la peur que ça se passe mal, puis la peur d’avoir mal aussi. Mon meilleur ami avait promis de venir, pour être à mes côtés. Ce qu’il a fait, même s’il est arrivé à la dernière minute et que j’avais eu le temps de faire 3 crises d’angoisse (ouais, j’aime bien exagérer).  On est rentré dans le salon et j’ai bien souligné que c’était la première fois que je me faisais tatouer. J’ai trouvé ça important de le notifier pour laisser entendre que si j’étais pâle comme la mort et sur le point de m’évanouir, c’était parce que j’avais besoin d’être rassurée.

On a patienté, puis le tatoueur qui devait s’occuper de moi est arrivé à son tour. Un type très cool, souriant, attentif, connaissant bien son job. Il m’a rapidement expliqué que les tatouages que je voulais faire (j’avais soigneusement imprimé ce que je voulais dans la typo que je voulais) étaient trop petits et qu’il faudrait les agrandir un petit peu pour éviter que les tatouages vieillissent mal. Il s’y connait mieux que moi, je l’ai donc cru sur parole et il m’a demandé de patienter un peu pour qu’il prépare l’endroit où il allait s’occuper de moi.

Je me suis donc retrouvée pendant de longuuuues minutes, assise à côté de mon bestoh, à faire “Ma Sophie“, c’est-à-dire à parler en boucle et en boucle, de tout et de rien, juste pour passer le temps et pour éviter de laisser l’angoisse me submerger. A chaque fois que je jetais un coup d’oeil au tatoueur, j’avais l’impression que j’allais tourner de l’oeil parce que je ne faisais que me dire “CA Y EST. TU VAS LE FAIRE. ON VA TE TATOUER.”

Puis, après 15/20 minutes, il m’a appelé et je me suis enfin assise sur le siège qu’il me montrait. J’ai eu de la chance, le salon était plutôt vide et mon meilleur ami a donc pu prendre une chaise et s’installer à côté de moi et me changer les idées.  Le tatoueur a été très clean (déjà, quand j’ai vu avec quelle minutie il s’occupait de l’endroit où il allait me tatouer, je n’étais pas super inquiète). Il a commencé par me raser là où il allait me tatouer (“Hein?? Mais j’ai pas de poils à cet endro… Ah bon. Ben si visiblement.” ._.) puis il a bien désinfecter et…. c’est parti (à noter qu’à ce stade mes mains étaient tellement moites qu’on aurait pu remplir 3 verres d’eau en dix minutes. Miam).

Et c’est là où tu me dis “ALORS???? LA DOULEUR????????” Et bien… bof. Y a pas d’autres mots. J’avais le visage crispé, les yeux fermés, attendant que cette aiguille de malheur touche ma peau, serrant les dents pour ne pas me mettre à chouiner… et rien. Pourtant il a commencé par le tatouage le plus “désagréable” qui se trouve sur mon poignet, à un endroit où la peau est très fine et en plus au niveau de mon os. Autant dire qu’il y avait des chances pour que je ne passe pas un super moment. Et ben… ouais, c’est déplaisant. C’est clair que c’est pas la meilleure sensation du monde et que t’as pas envie de la ressentir toute la journée… et que ceux qui se font d’énoooormes tatouages doivent avoir besoin de petites pauses pour souffler un peu. Mais franchement, CA VA.C’est supportable. J’ai un peu plus grogné pour celui au niveau de mon avant-bras (et j’ai appris après que la peau est aussi très fine à ce niveau-là, ce que je n’aurai jamais cru) mais c’est pas non plus terrible quoi. Enfin, ce n’est que mon avis personnel, chacun ressent la douleur d’une manière différente mais franchement, BON. Le fait de m’être montée la tête à ce point a peut-être fait que je m’attendais au pire (y a de fortes chances même) mais j’ai rapidement compris que je n’allais pas souffrir le martyr et que c’était tout à fait surmontable.

En 30 minutes, mes deux tatouages étaient terminés. Vite faits, bien faits.

Le prix: 

En France (et encore plus sur Paris), se faire tatouer coûte cher. On est loin des tarifs londoniens par exemple. J’ai comparé le tarif proposé par le salon avec celui d’amis ayant été chez d’autres tatoueurs et ils prennent visiblement un prix plus élevé que la moyenne: pour mes 2 petits tatouages (2 mots de 6 lettres environ chacun) ils m’ont fixé entre 180/220€ soit entre 90€ et 110€ le tatouage ce qui n’est pas donné. Personnellement, s’il faut que je paye plus pour me sentir rassurée et entre de bonnes mains: je le fais sans hésiter. Enfin, je tiens à souligner que j’ai eu une bonne surprise puisque le tatoueur ne m’a finalement demandé que 170€ ce qui était donc en dessous de ce qui avait été demandé! Est-ce qu’il a trouvé ça plus raisonnable pour le temps passé dessus ou est-ce qu’il a trouvé que j’étais une cliente sympa (ben quoi??? on peut rêver non?)? Le mystère reste entier! Mais au final, ça a été la bonne surprise pour clore cette expérience en beauté!

Et après:

Comme je l’ai dit, c’est un très bon salon et qui sait être prudent (à noter que dès mon arrivée, j’ai dû signer une décharge qui assurait que je ne les poursuivrais pas si mes tatouages s’infectaient ou autre). On m’a donc bien expliqué la marche à suivre (enlever le pansement dans 3-4 heures, quand et comment appliquer la crème pour désinfecter, quels vêtements mettre par-dessus etc) pour que mes tatouages cicatrisent au mieux. J’ai même pu leur acheter une petite crème à 8€ (même si vous en trouverez sûrement des moins chères en pharmacie) et ils m’ont donné un petit papier qui résumait toutes les indications prodiguées de manière claire et détaillée. Tout ce qu’il fallait pour me rassurer.

J’ai bien évidemment tout suivi de manière consciencieuse, je n’avais absolument pas envie de faire de conneries car on ne rigole pas avec un tatouage qui cicatrise, aussi petit soit-il. Surtout que le jour où j’étais venue prendre RDV, la dame à l’accueil se prenait la tête au téléphone avec une cliente qui s’étonnait d’avoir son tatouage rouge et gonflé alors qu’elle n’avait visiblement suivi AUCUNE des indications données. Y en a qui aime jouer avec le feu visiblement… puis qui s’étonne. Non mais je vous jure.

Bref. La cicatrisation s’est bien passée, un moment que je redoutais particulièrement avec ma petite peau fragile ultra sensible et depuis, tout va bien. Ils sont toujours aussi beaux et je n’ai qu’une envie: recommencer très très vite! Et chez Tin-Tin, si possible! 😉

Bon, et ça donne quoi alors?

Ca donne… ceci! Deux tatouages très fins et minimalistes comme je voulais:

Pour le premier je voulais une écriture un peu “gribouillis”, pas forcément déchiffrable, quelque chose qui semblait avoir été jeté sur le papier. Quand je suis tombée sur cette typo, j’ai eu un coup de coeur et ça me fait toujours sourire de voir que certains parviennent à déchiffrer immédiatement “WARRIOR” tandis que d’autres froncent les sourcils car ils n’arrivent pas à le lire. C’est marrant mais l’écriture me fait penser à celle de mon papa… un choix pas du tout fait exprès mais plus le temps passe et plus je remarque la similitude. Et c’est vrai que la première fois que je suis tombée sur cette typo, je la trouvais familière sans trop savoir pourquoi. Vous savez tous très bien (du moins pour la plupart) pourquoi je voulais me faire tatouer ceci et pourquoi cela me tenait à coeur. Je ne savais pas vraiment où je voulais avoir ce mot particulièrement important écrit sur moi et puis je suis tombée sur une photo Pinterest (que j’ai la flemme de retrouver) où la fille avait ce mot écrit au niveau du poignet, sur le côté et je suis tombée amoureuse. Parce que je peux le voir au quotidien et ne pas oublier que ouais, je suis une guerrière.

Le second a une valeur moins forte mais aussi personnelle. C’est simplement une référence à un passage du roman de Vladimir Nabokov, “Lolita“. J’adore la littérature russe et ce n’est pas le premier roman écrit par un auteur russe que j’ai lu mais ça a été l’un des plus beaux et des plus marquants ainsi qu’un des plus perturbants. J’ai été touchée en plein coeur et j’ai trouvé son histoire horrible mais relatée avec une rare poésie qui le rend fascinant. Il y a un extrait particulièrement célèbre dedans et que j’aime beaucoup relire de temps à autre:

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta. She was Lo, plain Lo, in the morning, standing four feet ten in one sock. She was Lola in slacks. She was Dolly at school. She was Dolores on the dotted line. But in my arms she was always Lolita.

Ce qui donne en français:

“Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.

Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. “

J’ai opté pour la version anglaise, les deux -i en français ne me plaisaient pas d’un point de vue esthétique. Pour la typo, ça a été comme une évidence: je voulais quelque chose d’enfantin, qui rappelle le livre, qui parvienne à illustrer à quel point ce roman est dérangeant.

Enfin bref, j’ai toujours adoré les tatouages qui sont des références artistiques à des oeuvres culturelles. J’ai toujours trouvé ça particulièrement passionnant à essayer de décrypter. D’où mon choix!
L’adresse du salon :
37 rue de Douai
75009 Paris

  1. Mazarine

    5 janvier 2016 at 17 05 48 01481

    Merci pour cet article, Sophie ! Je l'ai trouvé très intéressant et très bien écrit (as usual). Tes tatouages sont très jolis et je dois avouer que ton article me fait réfléchir à nouveau sur cette envie que j'ai également de me faire tatouer. J'aimerais beaucoup voir écrit “Still I Rise” à l'intérieur de mon bras car ça a beaucoup de signification pour moi (hormis le fait que j'aime énormément ce poème de Maya Angelou) mais j'ai peur d'avoir mal, d'être déçue… Ton article me rassure et je garde donc cette petite idée en tête 🙂 Passe une belle soirée ! x

  2. Buffy Mars

    7 janvier 2016 at 10 10 38 01381

    merci à toi ! 🙂 bonne journée 😀

  3. Lea Frischknecht

    6 août 2016 at 20 08 37 08378

    Salut Sophie,

    Merci pour cet article très intéressant que j'avais déjà lu il y a un moment et que j'ai recherché maintenant que je songe sérieusement à me faire tatouer du texte, de manière très minimaliste également. Je voulais te demander, comment as-tu trouver les typographies de tes tattoos ? Je cherche un peu sur des sites sur internet mais mise à part des horreurs gothiques et tribales, pas grand chose… Merci d'avance et belle soirée 🙂

  4. Buffy Mars

    7 août 2016 at 9 09 05 08058

    Hello ! Alors pour les police je te conseille dafont.com & pour les inspi tattoo Pinterest. bon courage !

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