Le monde de Harry Potter: entre dictature, racisme et sexisme (partie 1)

En tant que grande fan d’Harry Potter, je ne pouvais pas écrire des articles pop culture par ici sans parler d’Harry Potter, ma saga préférée depuis mes 8 ans et que j’ai lu et relu une dizaine de fois (ne parlons même pas du nombre de visionnages de chacun des films, je vais en faire peur à plus d’un) ! Pas besoin de vous présenter la saga, son phénomène planétaire est connu de tous et je pense que cet article va être tellement long, qu’il sera surtout lu par des « Potterheads » (traduction : des fans d’Harry Potter) ou en tout cas, par des gens ayant une certaine sensibilité/curiosité pour ce monde. Pour les autres qui seraient quand même intéressées, je vais essayer de développer mon avis au maximum afin de ne perdre personne en route !

n.b : cet article est super long, je l’ai déjà relu plusieurs fois mais il y a très certainement des fautes qui traînent… mille excuses !
Cet article sera partagé en deux parties. Dans la première, je vais essentiellement parler du système politique dans Harry Potter, ses institutions et comment ces dernières favorisent certains individus plus que d’autres. Je vais parler bien évidemment de la place des sorciers qui est privilégiée mais aussi de la place des hommes et également des blancs, qui est bien plus favorisée, quand on y regarde bien. Pour pouvoir expliquer tout ça de manière claire, il va falloir aussi que je vous fasse un rapide topo de ce à quoi ressemble le Royaume-Uni à l’heure actuelle (ou plutôt, à partir de 1997, parution du premier tome de la saga).
Cela va me permettre de glisser lentement sur la place des femmes, donc, et de leur(s) rôle(s) dans la saga… Mais ce point là sera bien plus développé dans une seconde partie où je traiterais globalement du genre, du féminisme et du sexisme dans Harry Potter. Mes deux parties sont donc étroitement liées mais je pense qu’il est important de se focaliser d’abord sur les structures (visibles ou invisibles) de la société pour y voir plus clair et pour comprendre le reste, en fait.
Si cette seconde partie t’intéresse plus, je t’invite à la lire ici.
 

Mais au fait, pourquoi est-ce que tu veux nous parler du système politique en Grande Bretagne, duh ?

Tout simplement parce que l’histoire de Harry Potter se passe dans les années 90. Cela ne se passe pas dans un univers de science-fiction, ni dans un monde à part. Non, cela se passe dans notre monde.  Les sorciers se cachent et ont appris à vivre parmi les Moldus. Ils ont été énormément influencés par leur mode de vie qu’ils ont souvent reproduit parce qu’ils n’avaient pas d’autres choix et étaient en position de minorité. Il est donc normal de retrouver des éléments similaires à notre époque car les sorciers se sont énormément inspirés de notre monde! C’est même un point très important de la saga : les sorciers ne vivent pas dans leur propre monde, ils sont inclus dans celui des Moldus et doivent faire comme ils peuvent pour ne pas se faire remarquer. Et c’est une nuance importante !
Personnellement, je pense que si les sorciers avaient eu leur propre monde depuis le début, pas mal de problèmes seraient réglés depuis longtemps puisqu’il n’y aurait pas ce « mal-être » (le mot est un peu faible, je l’avoue, parler de haine serait plus juste) de la part de certains sorciers (cf. les Sang Purs Mangemort*) à devoir cohabiter. Bref, tout ça pour dire que le monde sorcier et le monde Moldu se juxtaposent donc pour ne faire qu’un.
* bien évidemment, loin de moins l’envie de justifier une haine pour les Moldus et Né-Moldus de la part de ces gens-là. Mais je pense que le fait de devoir se planqué a bien dû joué sur le profond ressentiment qu’ils ont depuis bien longtemps maintenant. Quand on essaie de vous brûler au Moyen-Âge et que vous devez être ceux qui se cachent, disons que ça donne des idées moches et sales à certains individus…
On a quelques exemples à ce niveau là : 
  • La voie 9 ¾ se trouve à King’s Cross.
  • Poudlard est dans un coin paumé en Ecosse
  • Le Chemin de Traverse est trouvable en passant par un pub (le Chaudron Baveur) caché à la vue des Moldus.
  • L’Hôpital Ste Mangouste se trouve à Londres
  • Les Weasley qui vivent dans la campagne très reculée
Ces deux mondes cohabitent donc et il faut user de stratagèmes pour que les sorciers restent bien cachés. Ce qui est assez difficile puisque de temps en temps, ils empiètent l’un sur l’autre.
– Par exemple, lorsque Voldemort disparaît pour la 1e fois et que les sorciers font la fête pendant plusieurs jours… et qu’on entend aux JT que d’étranges pluies d’étoiles filantes illuminent le ciel depuis quelques jours.
– Ou encore, durant la Coupe du Monde de Quidditch où des milliers de sorciers débarquent en Angleterre pour suivre la finale.
– Mais aussi, lorsque Voldemort revient bel et bien à partir de HP6 (bon, à partir de HP4 en fait, mais comme il a fait profil bas pendant un an..) et qu’il sème la terreur au sein du Royaume-Uni en compagnie des Mangemort.
Cette proximité fait que le Premier Ministre et le Ministre de la Magie sont obligés de se parler de temps à autres pour se donner quelques nouvelles  (enfin, c’est plutôt le Ministre de la Magie qui fait la démarche de venir car le monde Moldu n’est pas caché et qu’il n’est pas bien difficile de savoir ce qu’il s’y passe).
En tout les cas, le monde magique d’Harry Potter s’est construit un peu « sur le tas », en devant faire avec celui des Moldus et ça a bien évidemment influencé son fonctionnement. Donc, avant de parler du monde magique, il serait bien d’avoir quelques bases sur ce qui se passe de notre côté !
 

Petite définition du terme institution, si tu as du mal à voir ce que c’est :

dans le sens « juridique », c’est une structure légale, faite d’un ensemble de règles tourné vers une fin et qui participe à l’organisation de la société ou de l’État.
dans le sens « sociologique », c’est une structure sociale (ou un système de relations sociales si tu préfères) dotée d’une certaine stabilité dans le temps. Par exemple : l’école, ou encore la famille.
Ici, les deux sens nous intéressent.


Les institutions politiques

  • En Grande – Bretagne

L’organisation de ces institutions

Quand on parle de l’élite en Grande-Bretagne, on utilise souvent un mot : l’Establishment. C’est un terme -très- péjoratif pour parler des « pouvoirs établis » c’est-à-dire des pouvoirs qui ne seraient contenus que dans les mains d’une minorité qui pourraient contrôler toute la société (l’élite, donc). Cette élite s’organise sous plusieurs institutions. La monarchie (ben ouais, quand même, ils ont une Reine et tu peux dire ce que tu veux, ça reste un peu monarchique tout de même), le Parlement, le système judiciaire, l’Eglise d’Angleterre etc.  Ajoutons à cela quelques structures présentes depuis de nombreux siècles désormais : les anciennes universités souvent très prestigieuses et les écoles privées indépendantes (comme Eton).

En Grande Bretagne, deux partis politiques dominent :

Le parti Conservateur plutôt de centre-droit, très libéral et assez… conservateur (sans blague ?!). Pour te résumer grossièrement, disons qu’un conservateur c’est quelqu’un qui prône le retour à des valeurs établies et traditionnelles et qui s’opposent à ce que l’on appelle « le progressisme ».
Le parti Travailliste (le « Labour Party ») plutôt de centre gauche et qui se décrit lui-même comme un parti social démocrate.

Ces institutions et ces deux partis restent encore largement dirigés par des hommes (souvent vieux, et souvent blancs, et bien sûr, plutôt aisés). Et évidemment, quand un système vous privilégie, vous ne cherchez pas vraiment à le modifier, ce qui fait que cette domination masculine permet de préserver les intérêts de ces individus. Ce sont eux qui ont forgé les lois, qui ont modelé toutes les institutions et la démocratie les favorisent eux avant tout.

A côté de ça, il est extrêmement dur de changer les choses puisque nous sommes dans ce que l’on appelle une bureaucratie. Pour faire les choses simplement, je vous donne une petite définition made-in-Wikipedia : En tant que forme d’organisation du travail, la bureaucratie désigne une administration dont l’action est encadrée par le droit. Ses agents, les fonctionnaires, sont recrutés par examens ou concours, accomplissent une carrière, doivent obéissance à leur supérieur hiérarchique et travaillent dans un secteur spécialisé. Cette dernière apparaît ainsi comme la plus conforme au modèle de la rationalité légale, notamment parce qu’elle s’appuie sur des règles juridiques, permet une meilleure prévisibilité et repose sur un savoir précis.

 

C’est aussi une dérive de cette forme d’organisation. En effet, le formalisme de la bureaucratie peut entraîner une lourdeur et une rigidité de l’action administrative, voire une monopolisation du pouvoir au profit des seuls intérêts des bureaucrates.

Traduction : tu veux des changements ? Ok, mais avant ça va falloir remplir 15 formulaires, toute une paperasse et que ta demande passe par 15 bureaux différents. (pour grossir le truc)

La place des femmes dans ces institutions

Le gouvernement, que ce soit à l’échelle nationale ou locale, reste très centralisé et les femmes n’y sont que très peu présentes. En plus de ça, elles sont souvent tout en bas de la hiérarchie. Il n’y a que très peu de femmes dans ces institutions et les rares auxquelles on pense, sont souvent facilement reléguées à des valeurs masculines.

Prenons le cas de Margaret Thatcher par exemple, qui a été Première Ministre pendant 11 ans et a été pendant longtemps surnommée « la dame de fer ». Or, son autorité, sa politique très stricte (et encore, je pèse mes mots) a peut-être inspiré de nombreuses femmes à se lancer en politique.. mais on a aussi dit d’elle qu’elle était « le meilleur homme pour ce travail ». Traduction : quand t’es une femme et que tu réussis à un poste de pouvoir, au fond, t’es un peu un mec. En réalité d’ailleurs, le nombre de femmes au Parlement a considérablement chuté durant sa gouvernance : Margaret Thatcher était une femme très conservatrice, particulièrement méprisante quand il s’agissait du droit des femmes. Comme quoi, croire qu’être du même genre fait de vous des alliés est : faux.

En réalité, la fois où il y a eu le plus de femmes présentes au Parlement est sous la politique de Tony Blair en 1997 (année de parution de HP1, pour celles et  ceux qui suivent!), leader du « Labour Party » (le parti travailliste, c’est-à-dire celui de gauche.. comme vu précédemment.. tu suis toujours?). Certes surnommées les « Blair’s Babes » (les « bébés de Blair » si vous préférez, même si on se doute qu’ici bébé peut avoir un petit sous-entendu érotique et pas qu’infantilisant), c’est tout de même à cette époque que le nombre de femmes présentes a battu des records historiques. En 1997, le Labour Party a essayé de combattre la discrimination en promouvant des femmes à des rôles de pouvoir. Pourtant, malgré les convictions très pro-féministes du parti et toutes les actions qui en ont découlé, la plupart des femmes ont essentiellement voter pour le Parti Conservateur (à droite, donc) qui encourageaient un état sévère où régnait la loi et l’ordre mais aussi une politique en faveur des valeurs traditionnelles familiales : en gros, tout ce qu’il fallait pour rassurer les femmes sur leur place dans la société.

De manière plus générale, les femmes continuent de rencontrer un plafond de verre au sein de leurs professions en Grande Bretagne. C’est-à-dire qu’arrivées à un certain niveau, elles n’arrivent pas à avoir accès aux mêmes opportunités que les hommes : là où eux continuent de s’élever et de monter les échelons, elles se retrouvent bloquées par ce fameux plafond, certes invisible, mais bien présent. Les femmes en Grande-Bretagne, comme dans de multiples autres pays, continuent d’être la cible première (et ce dans une écrasante majorité) de prédateurs sexuels, d’agressions sexuelles, d’harcèlement sexuel, d’attouchements sexuels, de viols, de violences conjugales et de violences sexuelles… perpétrés surtout et avant tout des hommes. Or, la justice continue de percevoir ces femmes comme les coupables, comment étant celles qui  auraient poussé l’homme à se comporter d’une certaine manière et à les juger elles plutôt qu’à faire justice pour condamner les hommes en question. Le fait que les hommes soient présents à tous les postes de pouvoir favorise ces conditions : plus de pouvoirs permet plus de libertés, de se comporter comme on le souhaite avec ceux qui ont un statut plus « bas » et aussi de savoir qu’on ne risque pas grand-chose.

  • Dans le Monde Magique 
 
 

L’organisation de ces institutions

Dans le Monde magique de la saga Harry Potter, les sorciers sont eux aussi gouvernés par des institutions. Deux ressortent tout particulièrement : le Ministère de la Magie qui est le gouvernement et Poudlard, l’école de sorcellerie. Ce sont les deux gros « pôles » du monde d’Harry Potter et à peu près tout tourne autour de ces deux éléments.

Le Ministère de la Magie est totalement bureaucratique : il est divisé en de multiples départements qui gèrent absolument tout le monde sorcier. C’est aussi depuis le Ministère qu’on formule les lois  et décrets et qu’on organise et développe la politique du monde Magique. Absolument tout se passe au Ministère : de la paperasse aux procès et énormément de sorciers y travaillent. Dans la famille Weasley par exemple, ils sont deux à y travailler et il n’est pas rare d’entendre des élèves à Poudlard parler de membres de leur famille qui y travaillent également. Le pouvoir y est donc extrêmement centralisé. On peut d’ailleurs le voir comme un bel exemple de la dérive de la bureaucratie.

 

Un régime autoritaire

En parlant de pouvoir d’ailleurs, le monde magique n’est absolument pas sous un régime démocratique. Il suffit de prendre l’exemple du Ministre de la Magie lui-même qui n’appartient à aucun parti (parce qu’il n’y a pas de parti, en fait, tout simplement) et qui n’est pas élu par la communauté sorcière. Le Ministre est choisi par une toute petite élite qui se réunit et qui décide entre eux qui sera le prochain sorcier à gouverner. Bien évidemment, on ne choisit pas quelqu’un « du peuple » mais plutôt une personne déjà haut placée. Notons d’ailleurs qu’en 7 ans, aucune femme n’a été nommée Ministre de la Magie. Il y a bien eu quelques femmes avant, mais elles restent rares.

En fait, de manière générale, on ne voit pas énormément de femmes travailler au Ministère : on a bien eu Ombrage et éventuellement Bertha Jorkins ainsi que Tonks, qui était Auror… mais ça s’arrête là.

Au sujet de Poudlard, c’est là encore le Ministère de la Magie et plus précisément le Ministre de la Magie qui a le dernier mot. Ce sont eux qui contrôlent Poudlard, peu importe qui en est le directeur. D’ailleurs,  Dumbledore n’a pas été choisi suite à un vote. On lui a proposé le poste à plusieurs occasions (ce qui signifie qu’il l’a refusé à maintes reprises et c’est un détail qui a son importance). Le Ministère a le pouvoir de nommer un.e autre directeur/trice sans aucune consultation et peut proclamer de nouveaux décrets afin de changer la politique de l’école comme bon lui semble (ce qui arrivera dans HP5).

Disons les choses telles qu’elles sont : le monde magique est sous une dictature avec un pouvoir autoritaire. Les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires ne sont absolument pas séparés, bien au contraire. L’exemple le plus parlant est Cornelius Fudge, le Premier Ministre de la Magie qui apparaît dans la saga, et qui a son mot à dire sur à peu près tout. On le voit partout, à n’importe quelle occasion.

… voire une dictature ?

En réalité, il suffit de voir comment les choses évoluent durant HP5  alors que le monde magique connaît une vraie crise socio-politique : tout va déraper et on réalise bien vite à quel point il est facile pour le Ministère de prendre le contrôle sur absolument tout. Ce qui sera le cas avec la Gazette du Sorcier. Dans HP5, le Ministère fait pression sur la Gazette en incitant les journalistes à rédiger certains articles (complètement mensongers et diffamants, en plus). Lorsque le gouvernement se mêle de ce que les médias racontent et les poussent à écrire d’une certaine manière… on appelle ça de la propagande. Ajoutons en plus de ça que les médias disponibles dans le monde magique ne sont pas énormes : la Gazette du Sorcier qui semblait le seul journal potable en termes d’actualités se révèle alors facilement manipulable.

Justement, parce que c’est le seul journal portant sur l’actualité qui existe : il n’y a aucune pluralité des points de vue, aucun avis différent. Les autres journaux qui existent (la presse papier étant la seule forme de presse disponible) n’ont pas l’air bien convaincant : entre le Chicaneur et Sorcières Hebdos… on a vite fait le tour.

Disons les choses comme elles sont (là encore) : le Ministère a les yeux sur tout et exerce une surveillance permanente. Ils ont un service spécialisé pour repérer les sorciers de moins de 17 ans qui font de la magie illégalement en dehors de Poudlard, ils ont un service pour savoir quand un sortilège Impardonnable est lancé, ils peuvent surveiller les réseaux de cheminée etc. Evidemment que de telles pratiques peuvent avoir un côté rassurant : elles permettre de détecter les crimes et donc de retrouver un coupable plus facilement. En attendant, ce système a montré à plusieurs reprises ses failles durant la saga : il est fort possible de faire des erreurs ou de manipuler ces services (comme Ombrage qui est haut placé au Ministère et qui va envoyer des Détraqueurs à Harry !). Ce n’est pas un système fiable, c’est une surveillance de tous les instants, faisant parfois des erreurs et qui peut mettre des innocents en danger.

Un système judiciaire particulièrement… injuste

Parlons en des innocents ! Le tribunal (le Magenmagot) est une cour composée de sorciers (tous plutôt âgés) qui sont nommés on ne sait pas trop comment. Là encore, pas de traces de vote ou d’un système démocratique. D’ailleurs, le Mangenmagot est un système judiciaire des plus instables.  Oui, ils ont bien une charte comprenant les droits les plus classiques des sorciers et sorcières : mais ces lois sont facilement réajustées et détournées. Dans HP5, si Dumbledore n’avait pas été là, Harry n’aurait eu aucune manière de se défendre durant son procès (qui se passait dans une horrible cour au sous sol, avec des chaînes,  sans “avocat” commis d’office, et finalement bien avant l’heure prévue : vive l’intimidation !).

En fait, c’est simple : quand tout va bien, le Monde Magique semble marcher comme sur des roulettes. Mais, en temps de crise, on réalise rapidement ses failles et ses limites.

 

Durant les ce que l’on appelle « les années de la Terreur » (lorsque Voldemort était à son apogée pour la première fois), le Ministère exerçait une véritable « chasse aux sorcières » (c’est le cas de le dire haha) pour retrouver les potentiels Mangemort… les coupables et suspects étaient jetés à Azkaban sans aucune forme de procès. On peut donc supposer que des innocents et/ou des sorciers facilement manipulés par le Mage Noir ont été jetés en prison sans de réelles preuves. On peut dire que cette technique est excusable parce que c’était une époque très difficile et où tout le monde était paranoïaque. Oui, certes. Ou plutôt, non. Ce n’est en aucun cas excusable de foutre des innocents en prison. Surtout quand cette pratique est en fait, vachement régulière et souligne justement toutes les failles d’une structure ultra centralisée.

 

Dans HP2, lorsqu’Hagrid est suspecté d’avoir orchestré les crimes commis par le monstre de la Chambre des Secrets, il sera emmené à Azkaban pour plus de sécurité. On a mis immédiatement Hagrid en prison sans aucun procès, jusqu’à ce que « l’affaire soit réglée ». Et quelle prison ! On se demande si l’hygiène minimale y est respectée et si la Convention de Genève accepterait une telle torture envers les prisonniers (haha) –car oui, rendre les détenus fous en leur foutant des Détraqueurs, c’est de la torture. On n’est pas du tout dans une prison qui chercherait à réhabiliter ses prisonniers, à leur permettre de se réinsérer dans la société pour pouvoir protéger la population magique par la suite. Non, c’est une prison dont personne ne semble pouvoir sortir un jour, dégueulasse, isolée de tout et où il y a de quoi devenir complètement dingue. Ajoutons à ça la peine capitale clairement comparable à la peine de mort : le baiser du Détraqueur, aspirant votre âme.

Et puis niveau “grosse erreur judiciaire”, y a eu ce cas là aussi (hein, si vous l’aviez oublié):

Sirius Black


Le cas du racisme

 

Note: Tout comme le sexisme, pour qu’une telle discrimination puisse perdurer, il faut qu’elle soit légitimée par les institutions (on parle alors d’oppression systémique). Ayant moins de “matière” à ce sujet que le sexisme, je préfère inclure cette thématique à la suite de cet article et ne pas en faire une partie distincte ;-).

 

Racisme ou Spécisme ?

 
Etant donné que les créatures magiques sont vus comme des espèces à part, il est vrai qu’on parle plutôt de spécisme car la communauté sorcière se pense supérieure au reste du monde magique. Le racisme est un terme plus adéquat pour parler des Sang Purs qui se sentent supérieurs aux Nés Moldus. Mais, j’ai préféré aborder ce terme car je le savais mieux compris par beaucoup de personnes et que certains mécanismes de domination et d’oppressions se retrouvent dans la façon que JK Rowling a de les raconter.
Est-ce pertinent de ma part ? Je ne sais pas. Les travaux universitaires lus sur le sujet faisait des parallèles avec le racisme. Néanmoins, quand l’université est un milieu très “blanc”, est-ce sur ça qu’il faut se baser pour légitimer l’utilisation d’un mot? Bonne question.
 

Une discrimination très forte

 

Et même si ce gouvernement semble bien imparfait, il favorise pourtant un certain groupe de personnes : les sorciers. Ce sont eux qui ont du pouvoir, ce sont eux qui ont des droits ! Les autres créatures magiques n’en n’ont pas. En fait, c’est là le plus intéressant : les sorciers ne sont pas perçus comme des créatures magiques. Eux sont des individus à part entière. Les autres espèces par contre, elles, sont « différentes ». Les sorciers contrôlent tout, ont le pouvoir, une charte dictant leurs droits… et ceux des autres. En fait, le système mis en place permet de conserver une certaine hiérarchie raciale. Les sorciers ont des droits. Les autres… n’ont rien :

  • Les centaures

Ils vivent reclus dans la Forêt Interdite et plus le temps passe, plus on diminue leur espace. Ils ne se mêlent pas aux sorciers non pas par manque de volonté comme certains se permettent de dire mais parce qu’on les a tellement repoussés qu’ils ont préféré rester entre eux, en communauté. Car c’est ça la différence entre vivre en société et vivre en communauté : vivre en communauté, c’est resté avec ses semblables et non pas par manque de volonté d’intégration comme certains aiment le sous-entendre, mais parce que les dominants vous font tellement comprendre que vous êtes différents et pas le bienvenu, que vous avez tendance à vous rattacher à ce que vous connaissez.

  • Les elfes de maison 

Ce sont littéralement des esclaves

. Ils ne sont pas payés, ont des conditions de travail médiocres et sont maltraités sans que cela gêne grand monde. Un elfe coûte “cher” (du moins lors de son achat. Car oui, on les achète comme des objets) : généralement, ce sont les gens aisés qui en ont. Pour les sorciers, avoir des esclaves est tout à fait normal. En fait les elfes de maison seraient même nés « pour servir » si on en croit les propos de Ron.

Hermione, qui vient du Monde Moldu et qui a sans aucun doute été sensibilisée à l’esclavage et/ou à la colonisation (elle est peut-être jeune mais ne l’oublions pas, elle lit beaucoup et est plutôt fûte-fûte) n’est pas dupe et sait très bien que si les elfes sont soumis à cette domination ce n’est pas par envie mais par conditionnement.

Hermione sera d’ailleurs l’une des seules à en faire une affaire publique et on ne peut qu’admirer sa ténacité après avoir créé la S.A.L.E (Société d’Aide de Libération des Elfes de Maison)*, même si peu de gens semblaient enclins à l’écouter… Néanmoins, n’oublions pas que ce que fait Hermione est certes louable, mais a des limites. En effet, Hermione vient en aide aux créatures magiques et veut leur permettre d’avoir des droits. Or, c’est un peu comme si un mec décidait de prendre en charge les femmes pour les aider afin qu’elles aient plus de droits. Aux premiers abords, c’est plutôt cool parce que c’est quelqu’un ayant une position de dominant qui profite de son rôle pour élargir les droits de minorités. Mais dans les faits, au bout d’un moment, il faut que ce soit les personnes opprimées qui se libèrent elles-mêmes de leurs conditions. On ne peut pas toujours faire le « relai » et être leur porte-parole. D’une certaine manière, c’est leur confisquer encore et toujours la parole.

* Qui n’apparaît à aucun moment dans les livres… quel dommage.

  • Les géants 

Ils vivent cachés dans des montagnes, loin de toute communauté (Moldu ou Magique). Pourchassés par les sorciers, ils ont été énormément massacrés, ils n’en restent que très peu et ont appris à vivre de manière isolée. Oui, bien sûr, on peut mettre en évidence qu’ils sont particulièrement violents et que vivre au quotidien avec eux ce serait délicat… mais de là à les tuer pour qu’ils n’en restent qu’une poignée… hum ? On voit ici que JK Rowling a clairement voulu donner un exemple d’épuration : une espèce magique ne me plaît pas et je la dégomme sans sourciller.
Dans HP5 d’ailleurs, Hagrid essaiera de proposer à certains géants de rejoindre les rangs de l’Ordre mais il s’apercevra rapidement que les Mangemorts font de même et que les géants semblent plus enclins à les écouter eux. C’est logique : quand vous vous êtes faits massacrés pendant des années au point de devoir vivre reclus de tout, vous n’avez pas forcément envie de faire la paix et vous êtes plutôt… haineux. N’oublions pas la réaction qui s’en est suivi lorsque Rita Skeeter a révélé la véritable « nature » de demi-géant d’Hagrid. Certains n’ont pas hésité à le comparer à un hybride, à un monstre. De son côté, Hagrid était totalement dévasté que son secret soit révélé au point de plus sortir de chez lui.

  • Les loups-garous

Eux, ne sont pas considérés comme des sorciers à part entière. L’exemple le plus parlant étant le cas de Remus Lupin. Obligé de spécifier qu’il est un loup-garou à chaque fois qu’il entreprend des démarches administratives, il n’arrive pas à trouver de travail et est constamment discriminé. On se méfie de lui et on le considère comme un monstre. Sa vie est misérable et il passe son temps à cacher sa condition afin de ne pas être rejeté par le reste de la communauté magique. D’ailleurs, il paraîtrait que JK Rowling voulait faire une métaphore des personnes séropositives… mais je ne suis pas sûre !

  • Les gobelins

Les gobelins sont sans aucun doute la métaphore la plus parlante dans la saga Harry Potter. La grande majorité d’entre eux travaille à Gringotts, la banque des sorciers. En gros, leur travail est de s’occuper de l’argent et des finances du monde magique. Petit, trappu, avec des yeux perçants, des doigts fins et un long nez, il ne faut pas aller chercher bien loin pour comprendre à quoi on les compare : ils sont une caricature parfaite de la manière dont on décrivait les juifs avant les années 50. Les juifs qui travaillaient eux-mêmes essentiellement dans des banques et qui étaient souvent bijoutiers. Là encore, gros point commun avec les gobelins dans Harry Potter qui sont réputés pour faire de beaux bijoux et autres objets rares dans des métaux précieux.

Ils inspirent méfiance, selon pas mal de sorciers. Bill Weasley qui travaille avec eux est le premier à le dire : les notions de propriété, paiement ou remboursement diffèrent totalement de celles des sorciers. C’est pour ça que Ron Weasley dira souvent qu’on ne peut pas leur faire confiance et ne les portera pas dans son cœur : pour lui, ils sont malhonnêtes. Une généralité que n’appréciera guère Hermione… parce qu’Hermione n’est pas dupe et sait très bien que si les gobelins sont relégués à certains postes, n’ont pas les mêmes droits et ne vivent qu’entre eux, ce n’est pas parce qu’ils l’ont choisi délibérément.

Là où Ron Weasley se permet de bons gros préjugés racistes (comme avec les elfes), Hermione qui a lu et qui est plus rationnelle rappellera certains faits historiques importants permettant de rappeler pourquoi les gobelins sont aussi hostiles envers les sorciers. D’abord, ils peuvent faire de la magie sans baguette (comme les elfes) mais n’ont aucunement le droit de disposer d’une baguette magique, qui est quand même un symbole fort au sein la communauté magique. Ensuite, il faut remonter au XIVe siècle pour comprendre pourquoi les gobelins n’apprécient guère les sorciers.

Et c’est là où si tu ne connais pas les livres dérivés de la saga HP, je vais t’apprendre quelques faits historiques de f-o-l-i-e youhou: 

Durant les années 1500, le chef du conseil des sorciers Burdock Muldoon décida de classifier les créatures magiques selon deux statuts : d’un côté celles disposant de deux jambes et de l’autre, les autres, qui seraient relégués au statut « d’animaux »… une manière très subtile de vouloir séparer les sorciers d’un côté et mettre de l’autre côté les créatures magiques qui ne seraient donc que des animaux. Un sommet fut organisé pour en débattre où bien évidemment, on n’invita que des sorciers (parce que c’est plus facile, hein).

Or, les gobelins (qui ont donc deux jambes aussi) décidèrent d’envahir la salle de réunion accompagnés d’un grand nombre de créatures magiques disposant également de deux jambes. Le sommet fut interrompu mais lorsque Elfrida Clagg, la nouvelle Chef du conseil des sorciers, décida à son tour de réorganiser une réunion, les gobelins décidèrent à nouveau de venir au sommet, cette fois-ci accompagnés de trolls (qui ont également deux jambes, hé).

Les trolls n’étant pas forcément les créatures magiques les plus douces et dociles, détruisirent toute la salle et tout le monde fut évacuer. A partir de ce moment-là, les gobelins ne cessèrent de se révolter à de multiples reprises : au 17e siècle, au 18è siècle, mais aussi aux 19 et 20e siècles où quelques droits leurs furent enfin accordés. Chaque révolte fut bien évidemment un bain de sang et n’aida ni les gobelins ni les sorciers à s’entendre et avoir des relations amicales… Cependant, il est bien plus difficile de se montrer sympathique lorsqu’on est un gobelin ne bénéficiant d’aucun droit que lorsqu’on est le sorcier possédant de multiples privilèges, vous en conviendrez.

  • Les Nés Moldus

Certes, ils seront pourchassés seulement lorsque Voldemort sera au pouvoir. Le Ministère de la Magie en soi n’a rien contre les Nés Moldus. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que les Mangemort qui sont foncièrement mauvais ni même les Sang Purs et que certains sorciers « lambdas » n’apprécient pas les Nés Moldus… comme Dolores Ombrage. Ajoutons aussi que lorsque Voldemort disparaîtra la première fois et que le calme reviendra (certes, temporairement) au sein du monde magique, rien ne changera pour les Nés Moldus. Or, ces derniers ont quand même été pourchassés, tués et obligés de se cacher pendant de longues années… et pourtant, quand la paix sera de retour parmi la communauté magique, personne ne décidera de prendre des mesures appropriées pour changer les choses ou même pour les protéger un peu plus. Le Ministère fera comme si rien n’était arrivé, aucun travail de mémoire ne sera mis en place pour faire en sorte que cela n’arrive plus jamais : et c’est en grande partie pour cela que cela arrivera à nouveau à partir de HP5.

 

Harry Potter, une métaphore de l’Allemagne nazie ?

En fait, beaucoup de personnes s’accordent à dire que la saga Harry Potter est une grosse métaphore pour parler du gouvernement nazi et de la Seconde Guerre Mondiale. Oui… et non. Quand Voldemort décide de tuer tous les Nés Moldus et Moldus parce qu’ils ne sont pas assez purs et qu’ils sont inférieurs, on est clairement dans un gros parallèle avec le nazisme, l’eugénisme etc. Mais en fait, réduire la saga Harry Potter à seulement ça serait une très grosse erreur. La saga Harry Potter ce n’est pas que le régime nazi, c’est aussi une manière de parler de génocide, d’épuration, de totalitarisme, de colonisation et de racisme (ce qui est lié au nazisme, mais pas que).
C’est montré comment une époque qui semble « en paix » peut être encore fortement inégalitaire envers certaines minorités et un grand nombre d’individus. C’est montré que les individus n’ont pas les mêmes droits et ici en fonction de leur espèce et d’arguments totalement arbitraires.

Mais on peut éviter de remonter aussi loin et voir des parallèles entre Harry Potter et le monde de maintenant. 1984 paru en 1949 de George Orwell (un très bon livre que je vous recommande) parlait déjà de notre société qui serait surveillée de toutes parts… et c’est également ce qui se passe dans la saga parce que le gouvernement a peur, aime instaurer la paix, le gouvernement prône la sécurité et veut par conséquent tout filtrer… même si cela ne sert pas à grand-chose et est facilement détournable.

En fait, la saga Harry Potter ressemble énormément à ce à quoi ressemblera notre société occidentale après le terrible attentat du 11 septembre 2001 et notamment avec la politique de Bush ou même celle qui se mettra peu à peu en place en Europe. On oublie souvent qu’en 1993, le World Trade Center avait déjà été la cible d’un attentat qui avait plus de 1000 blessés et 6 morts. Le Monde Magique est un résultat de toute leur politique passée mais aussi des horreurs vécus et de plusieurs années à vivre sous la terreur. Ce qui est également le cas de notre monde.

JK Rowling a réussi à mélanger une histoire fantastique et presque « enfantine » à une énorme critique de la société actuelle, une sorte de satire de notre monde et de la politique bureaucratique complètement irrationnelle dans laquelle nous évoluons. JK Rowling va plus loin que de se questionner sur l’utilisation bonne ou mauvaise de ses pouvoirs lorsqu’on est un sorcier. Elle en vient à questionner l’utilisation du pouvoir en soi (dans le sens d’autorité, de pouvoir politique etc.) de manière plus générale. Elle remet en cause l’ordre social et en montre ses failles, faisant une critique de l’Etat, des privilèges mais aussi des oppressions qu’il instaure et de l’importance de la justice, ainsi que de la liberté.

 

La petite parenthèse multiculturelle

Avant de passer au sujet suivant, je souhaitais quand même revenir sur un point en reprenant une citation émise dans « Harry Potter ou l’anti-Peter Pan : pour en finir avec l’enfance. » :

«  Rowling déjoue les arguments des Sang Purs et comment elle contrecarre une logique manichéenne où le bon réside chez soi et le mauvais chez l’autre. Mais elle ne prend pas en compte le constat que, malgré l’image superficielle d’un Poudlard (Hogwarts) « multiculturelle » avec étudiants d’origine chinoise ou indienne, les personnages « ethniques » ne jouent que des rôles secondaires et donc, disent d’autres, le texte réaffirme une logique de la domination culturelle du « blanc » en ce qu’il code en « anglo-saxon » tous les personnages vraiment principaux. »

C’est très vrai. Il faut être un peu (beaucoup) de mauvaise foi pour ne pas voir que les blancs sont largement majoritaires dans Harry Potter et que plus que ça, ils ont souvent les rôles les plus importants. Effectivement, il y a au sein du Royaume-Uni plus de blancs que de personnes non blanches. Numériquement donc, on peut comprendre ce choix. Mais en fait, pas tellement, ce serait un peu trop facile que de choisir cet argument alors qu’au fond, la réponse est ailleurs : les blancs sont encore et toujours plus représentés car ils sont privilégiés. Nous vivons maintenant dans une société multiculturelle (et c’est fortement le cas en Grande-Bretagne) où chacun –et les minorités autant que les autres- devrait pouvoir revendiquer leurs droits et avoir un véritable espace de parole. Or, dans Harry Potter, les blancs ont souvent des postes importants. Kingsley Shacklebot qui est un personnage noir deviendra Ministre de la Magie après la fin d’Harry Potter mais son rôle durant la saga reste très minoritaire.

En fait, ce n’est absolument pas étonnant. Les sorciers qui ne sont pas blancs qui ont immigré au Royaume-Uni ont sans aucun doute immigré pour les mêmes raisons que les Moldus non blancs : la post-colonisation, la guerre, la misère sociale, une crise économique etc., etc. En gros, ce sont exactement les mêmes mécanismes politiques/économiques et sociaux qui entrent en jeu ici. Ce sont des individus qui sont venus vivre au Royaume-Uni parce que leur pays a connu d’une manière ou une autre une crise. Or, on sait très bien que la plupart des pays pauvres à l’heure actuelle sont pauvres suite à la manière dont l’Occident a exploité et s’est accaparé de nombreuses richesses sur leurs territoires sans réellement demander l’avis des pays concernés.

Que JK Rowling ne mette pas plus de personnages non blancs est très dommage parce que cela aurait pu être bien plus intéressant en termes de diversité et de représentation. Par contre, tout comme pour les femmes (un sujet dont je parlerai plus en détails dans une seconde partie), le fait que les personnes non blanches soient aussi peu représentées répond à un mécanisme de domination qu’on retrouve également dans la société Moldue. Il ne faut pas forcément être une lumière pour savoir que les sorciers tout comme les Moldus ont dû allègrement profiter de la colonisation et de la découverte de nouvelles contrées pour s’en foutre plein les poches. La société magique est donc elle aussi fortement influencée par cette épisode historique. Et bien évidemment, expliquer cette logique ne veut pas dire l’approuver..

Même si la grande erreur de JK Rowling est d’occulter tous ces enjeux les rares moments où elle parle des personnes racisées. Le colorblind dont elle use (ne parler de la couleur de peau que de façon anecdotique) est, à mon sens, très dommage. 

 
         L’éducation
 

Poudlard, une école très (trop ?) traditionnelle…

 

Revenons en à Poudlard, qui est tout de même LE principal endroit de la saga Harry Potter et qui est, comme dit précédemment, une véritable institution. Réduire Poudlard à une simple école de magie où l’on apprendrait à devenir un brave sorcier et à jouer au Quidditch serait une grosse erreur. Non, Poudlard, c’est aussi le premier lieu où les sorciers sont confrontés à des rapports de force avec d’un côté les professeurs et de l’autre les étudiants. Il y a donc une hiérarchie mise en place et Harry est d’ailleurs souvent le premier à la remettre en cause. L’école est souvent perçue comme le premier lieu de contrôle et de pouvoir auquel nous sommes confrontés dans notre vie. Plus qu’un lieu de connaissances, c’est aussi un lieu où on nous apprend à obéir à un ordre préalablement établi.

Ici, cette idée est particulièrement soulignée parce que Poudlard est une très vieille école qui a plus de 1000 ans. C’est une institution : rien n’a bougé. Bien évidemment, le décor fait rêver : un vieux château en pierres, l’impression de voyager dans des temps lointains… mais ce décor, justement, permet de comprendre à quel point Poudlard est attaché à ses traditions, à cette notion « d’avant ».

Poudlard surveille énormément ses élèves (même si cela n’empêche pas à Harry et ses potos de faire tout et n’importe quoi, héhé). Les couloirs sont surveillés, il y a un couvre feu, on vous apprend à développer votre magie mais aussi, on vous apprend à en comprendre les limites (ce que Voldemort ne supportera pas étant élève, en fait). A Poudlard, la notion de compétition y est très forte et est synonyme d’excellence : il y a les matchs de Quidditch qui sont pris très au sérieux, il y a la coupe des quatre maisons en fin d’année, le nombre de points etc. Tout est fait pour que les élèves rivalisent entre eux et soient fiers de leur école mais aussi de leur maison. Il y a aussi les dortoirs qui sont séparés ainsi que les toilettes et la salle de bain, car bien évidemment (on ne mélange pas les filles et les garçons, oh).
… à (presque) relativiser

Néanmoins, les élèves semblent (presque) traités de la même manière : les classe et les équipes de Quidditch sont mixtes (et ça quand on parle de sport c’est pas rien), il est possible de suivre les mêmes matières… tout est fait pour que les filles tout comme les garçons aient les mêmes chances à la sortie de l’école ! Idem pour les personnes pauvres et les personnes riches. Cette parité se retrouve aussi dans les créateurs de l’école qui sont des 2 femmes et 2 hommes. Certes, Rowena Serdaigle représente la sagesse tandis que Godric Gryffondor va représenter le courage, ce qui est assez cliché… mais au final, autant de filles que de garçons sont répartis dans ces maisons, ce qui montre que ces traits de personnalité se trouvent en chacun d’entre nous, que l’on soit un garçon ou une fille!

Cette mixité existe là encore parmi les professeurs où il y autant d’enseignants masculins que féminins. Dumbledore est peut-être le directeur mais il y a eu des femmes avant lui. Certes, les nouveaux professeurs De Défense Contre les Forces du Mal n’ont toujours été que des hommes (hormis Ombrage ahem)… mais souvent très incompétents à part Lupin (et Maugrey. Mais c’était pas vraiment lui donc ça ne compte pas tellement). Ce qui montre que la compétence n’est pas forcément attribuée qu’aux hommes, au contraire.

L’éducation influence notre vision de la société

Poudlard c’est aussi l’endroit où Harry va justement connaître ses premiers amours, comprendre l’importance d’avoir de l’argent (les rapports de classe existent, il suffit de voir comment Malefoy parle à Ron), mais aussi le racisme (avec les elfes de maison, le fait qu’Hermione soit insultée de Sang de Bourbe par les Serpentard etc.). C’est aussi le lieu où Harry va commencer à construire son identité : en tant qu’élève au sein de Poudlard mais aussi en tant que sorcier et en tant qu’individu.

Et quoi qu’on puisse en dire, le fait d’évoluer dans une école qui ressemble aux grandes universités anglaises et qui est un brin vieux-jeu ne peut qu’influencer la manière de se construire et la vision qu’on a du monde. Pour certaines personnes, comme Ron Weasley, cela ne remettra pas forcément en cause leurs principes déjà établis : Poudlard étant une extension du Ministère de la Magie, ce qu’il voit et apprend dans cette école n’est pas trop différent de ce à quoi il est habitué depuis l’enfance. Pour Hermione, bien plus critique et alerte, il y a énormément de choses qui la dérangent et notamment en grandissant. Et enfin, Harry est un peu entre les deux et essaient de s’intégrer à cette école tout en subissant un certain décalage. Personnellement, je trouve que la construction d’Hermione est sans aucun doute la plus intéressante.

Certes, elle est très bonne élève, c’est-à-dire que son travail ressemble à ce que Poudlard lui demande et attend d’elle : elle se conforme donc totalement à l’autorité. Mais plus le temps passe et plus Hermione grandit : elle est quelqu’un de rationnelle, de réfléchie, d’aventurière et surtout intelligente. Elle ne se borne pas qu’àà apprendre et à appliquer : elle développe un esprit critique qui va peu à peu faire d’elle une étudiante se conformant moins aux règles. Le comportement d’Hermione en classe change énormément de ce que l’on voit d’habitude. Les études montrent qu’en général, les garçons sont plus valorisés lorsqu’ils interagissent en cours et donnent leur point de vue. Or, ici, c’est toujours Hermione qui lève la main et qui est prête à donner la bonne réponse. Bref, Hermione est une demoiselle qui s’affirme et son niveau brillant est longuement félicité par les enseignants… sauf par Rogue. Comme c’est étonnant.

 

        La famille

Une autre institution que l’on oublie souvent tant elle nous semble “naturelle” (alors que, surprise, nope, pas du tout)  est celle de la famille. En fait, on peut effectivement supposer que tous les élèves, en sortant de Poudlard, qu’ils soient « Sang Pur » ou Nés Moldu, riches ou pauvres, sortent tous avec les mêmes chances… mais ce serait oublié qu’ils n’entrent pas avec les mêmes. Et c’est ça, qui est important !

La scolarité à Poudlard commence à 11 ans. Avant cela, c’est la famille qui s’occupe d’éduquer les enfants et il n’existe pas d’endroits où il est possible de les faire garder durant la journée (ce qui explique pourquoi la mère –souvent vue à tort comme plus apte à s’occuper des enfants- est souvent au foyer dans les livres). C’est donc chaque famille qui va avoir comme rôle d’éduquer son enfant avant qu’il ne rentre à Poudlard en lui apprenant ce qu’on juge être les bases. Il va donc il y avoir des gens comme Hermione ou Harry qui ne connaîtront rien au monde magique… Ou d’autres comme Ron et Drago. Mais là encore, en fonction de son milieu social, ce que l’on nous apprend et nous dit peut totalement changer et on peut intégrer des idées totalement contradictoires. Ron Weasley est peut-être un Sang Pur comme Drago Malefoy mais leur éducation diffère totalement.

La famille étant donc le premier endroit où l’on va être éduqué, cela peut-être également un endroit où l’on va développer certains stéréotypes. Par exemple, dans HP7, c’est toujours Hermione qui fait à manger tandis que Ron, au contraire, n’est pas du tout débrouillard car il a toujours été dorloté par sa mère à ce niveau-là. Pour lui, Hermione est forcément quelqu’un qui doit s’occuper de ce genre de choses et qui doit le materner un petit peu parce que c’est la fille du trio.

Alors qu’Hermione, elle, a évolué dans une famille où ses deux parents étaient dentistes : elle n’a pas eu de mère toujours derrière elle et elle est donc bien plus indépendante. Harry, de son côté, est un peu entre les deux. Il a toujours été habitué à voir Petunia Dursley faire à manger mais il a également très vite appris à se débrouiller par lui-même s’il voulait avoir de quoi manger.

En fait, c’est une belle illustration du conflit permanent ayant débuté au XXe siècle. Le XXe siècle reste une époque très marquée par tous ces changements dans les rôles sociaux. Les garçons apprennent peu à peu à faire des activités et des tâches qu’on attribuait forcément aux femmes mais il réside encore par moments cette petite nostalgie de ce à quoi la famille idéale (dans les clichés plus traditionnels) devrait ressembler.

Et le rôle des femmes et notamment des mères dans Harry Potter, permet d’en comprendre un peu plus sur la vision des femmes dans Harry Potter mais aussi de JK Rowling sur les femmes. Mais ça, ce sera dans une seconde partie ! 😉 Que vous pouvez retrouver ici.

 

Quelques travaux universitaires utilisés pour approfondir ma réflexion :

  • « Harry Potter ou l’anti Peter Pan : pour en finir avec l’enfance » par Isabelle Cani
  • « Hermione and the House-Elves: The Literary and Historical Contexts of J.K. Rowling’s Anti Slavery Campaign » par Brycchan Carey
  • « Funny Little Witches and Venerable-Looking Wizards : a social constructionist study of the portrayal of gender in the Harry Potter Series » par Debbie June Rodrigues
  • « Revealing Discrimination: Social Hierarchy and the Exclusion/Enslavement of the Other in the Harry Potter Novels » par Amy M. Green

  1. Anonyme

    8 octobre 2015 at 10 10 17 101710

    ça me met mal à l'aise que tu essayes de faire des parallèles comparatifs entre un monde littéraire imaginaire et notre monde réel. Je ne crois pas que ce soit le propos de la série…

  2. Buffy Mars

    8 octobre 2015 at 10 10 17 101710

    ah bon? Pourtant JK Rowling a confirmé les analogies qu'elle faisait avec des dictatures à de multiples reprises (exemple débile, Salazar Serpentard s'appelle Salazar comme le dictateur portugais) :).
    Il y a pas mal de travaux universitaires là-dessus, il est récurrent de s'inspirer de notre monde à nous pour écrire.
    Quand Orwell écrit sa dystopie “1984” il se basait déjà sur des faits réels, par exemple.
    L'imaginaire ne sort pas de nulle part, il se construit par rapport à des structures préalablement établies!

  3. Alyzée

    8 octobre 2015 at 10 10 17 101710

    A première vue on se dit, mais de quoi va t-elle bien pouvoir parler sur Harry Potter, je veux dire par là, n'en n'a-t'on pas assez entendu parler. Puis on lit le titre de l'article et là … juste merci. C'est un article, très bien écrit, comme tous tes articles, et surtout très complet. Tu nous fais découvrir ta vision de ce monde ( et ce d'après une source très sure, celle de JK Rowling héhé). En fait voilà, on n'a plus la vision innocente d'un garçon qui a perdu ses parents et qui se fait de nouveaux amis et qui tue son pire ennemi. Non tu nous donnes une vision complète et globale d'un univers étonnamment complet à bien des égards. Après c'est ta vision propre, personellement elle ne me dérage pas, je vois pas pourquoi elle dérangerait qui que ce soit, j'aime découvrir les avis des gens sur des sujets comme celui-ci .J'ai vraiment adoré et j'attend avec impatience la deuxième partie (tiens comme pour le dernier film ) .

    Ps: je viens de me relire, j'utilise beaucoup le mot complet, mais j'ai la flemme de le changer, je voulais bien insister dessus.

  4. Emma

    8 octobre 2015 at 10 10 17 101710

    Ah j'ai adoré cet article ! Il me tarde le prochain ! A force de relire les bouquins on finit par avoir une vision plus claire et approfondie du monde des sorciers. Ton article à confirmé certaines de mes pensées et m'a ouvert à d'autres ! Mon préféré c'est HP5 parce que je trouve que c'est une très bonne analogie de l'installation d'une dictature. On muselle la parole, on installe des règles de plus en plus contraignante etc, et en parallèle comment une résistante se forme. Je pense qu'il y aurait beaucoup à dire sur les analogies politiques/sociétales dans HP ! On pourrait en faire une thèse facilement !
    Je vais jeter un coup d'œil aux lecture que tu conseille à la fin de ton article ça m'intéresse ! 🙂

  5. Salycile

    8 octobre 2015 at 10 10 17 101710

    Bonjour,
    j'ai beaucoup aimé votre article. Il est très intéressant et donne une autre vision de Harry Potter. Enfin, une autre… Disons plutôt qu'elle éclaire certains points, me fait réfléchir et voir les choses d'une autre façon.
    J'ai hâte de lire la suite.

  6. Pauline

    8 octobre 2015 at 10 10 17 101710

    Quel article intéressant !
    J'aime beaucoup tes analyses d’œuvres “pop-culture” (même si j'attends d'avoir terminé Buffy avant de lire ton article).

    J'ai lu quelques critiques qui reprochaient aussi à la saga de la grossophobie (en particulier avec les Dursley), et je n'ai pas trop su quoi en penser, mais c'est vrai que quand on n'est pas concerné par une oppression c'est difficile de la repérer quand on est pas encore sensibilisé. (J'ai déjà mis du temps à repérer le sexisme et le racisme dans mes lectures, donc peut-être que je verrai plus de choses en relisant HP maintenant).
    Tu en penses quoi pour la grossophobie ?

  7. Julien

    8 octobre 2015 at 10 10 18 101810

    Un article fort intéressant. Je me suis fait la réflexion que son ton partisan, rebutant souvent un certain public, risquait de nuire à sa dimension didactique. Mais peu importe, au fond : on devine qu'il a été écrit à l'intention d'un lectorat restreint et acquis à ces causes. C'est somme toute déjà très bien. 😉

    Au sujet de l'analogie entre lycanthropie et SIDA, c'est quelque chose que j'ai également déjà lu. Après une petite recherche, je me suis souvenu que c'était dans une tribune d'un journaliste anglophone, Michael Gerson, publiée le Washington Post (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/10/25/AR2007102502233.html?hpid=opinionsbox1). Son texte est intéressant, et rejoint en plusieurs points le vôtre. J'ignore cependant si cette analyse a été confirmée par J.K. Rowling.

    Le reproche que je ferais à votre texte est qu'il ne tient guère compte de l'insertion de ces romans dans toute une tradition. Or on peut difficilement expliquer l'univers de HP sans considérer qu'il prend racine dans tout un fond folklorique et mythologie, de même que dans des littératures antérieures. Prenons ainsi l'exemple des géants : ce n'est pas Rowling qui en a fait une race pourchassée ; ce thème fut populaire à travers les siècles et inspira avant cela bien des récits, de l'histoire de David et Goliath au combat de Tristan contre Morholt.
    En particulier, j'aimerais réagir à la section comparant les gobelins à la communauté juive. Sans nier aucunement ces similitudes, je voudrais faire remarquer qu'à mon avis, cela tient plus d'une inspiration inconsciente que d'une volonté claire de l'auteure. On constate en effet que cette analogie n'est pas neuve, et même courante dans les œuvres de fantasy. Tolkien lui-même a admis que ses nains empruntaient nombre de caractéristiques à cette ethnie et que la langue qu'il leur avait inventée était basée sur la linguistique sémitique (cet article intéressant fait le point -en anglais- sur les préjugés transposés dans ses romans : http://tolkiengateway.net/wiki/Racism_in_Tolkien%27s_Works).
    Or, il me semble qu'on peut sans trop hésiter postuler une influence de Tolkien et de la fantasy chez Rowling, du moins en ce qui concerne les créatures fantastiques. Le fait qu'elle considère le troll comme une créature géante, stupide et violente (comme Tolkien, notamment) et non dans sa conception originelle (celle de la mythologie scandinave, où le troll tient davantage du féérique que du monstrueux) en est selon moi un bon indice. Du coup, j'aurais tendance à plutôt considérer les caractéristiques des gobelins plus comme un indice de cette intertextualité que comme un parti-pris idéologique quelconque.

    Mais, bien sûr, cela ne nie en rien la valeur de votre article…

  8. Julie24

    8 octobre 2015 at 10 10 18 101810

    hey ! j'ai adoré tes 2 articles sur l'univers HP ! Après j'ai 2-3 petits trucs à dire 😉
    bon, petit détail anecdotique, tu as oublié Mafalda Hopkriks qui travaille aussi au Ministère et qui apparaît plusieurs fois de manière anecdotique (décidément j'aime bien ce mot)
    Ensuite, tes deux articles sont très bien construit et super intéressant, après je reste sur ma faim sur certaines choses que j'aimerais voir plus en profondeur. Mais je sais que ce n'est pas forcément l'objet de ton blog et qu'on est pas à la fac mdr ! Du coup, j'apprécie vraiment que tu es indiqué tes bases de réfléxion et sources ! c'est génial ! merci
    Au sujet du féminisme, peut etre aurait tu du aussi te pencher sur le Quidditch et les joueuse, puisque c'est aussi un point très important du monde sorcier 🙂
    Enfin, petit point, au sujet de ta réflexion sur l'éthnicité des personnages, leur couleurs de peau et leur impact, je pense au contraire que les descriptions physique sont toujours vaguement floues et que c'est aussi parceque la couleur de peau à moins d'impact et d'importance dans cet univers et que le racisme du monde sorcier se situe bien ailleurs. Et je pense que sur ce point là, c'est la vision des lecteurs et de leurs propres préjugés qui permettent une telle lecture.(oh et aussi bien sur la vision du réalisateur dans les film de la saga) Si on nous répète tout le temps que Drago est très blanc ou que Cho est asiatique, effectivement, la toute première description d'Hermione fait état d'une “peau très foncé” ! et pas un mot d'une supposée race ! (d'ailleurs dans les tweet favori de JKR sur Twitter, il y a pas mal de fanart où Hermione est une WOC)… Tout comme les joueuses de Quidditch Angelina Johnson et Alicia Spinnet… D'où l'idée que le flous qui traine sur lacouleur de peau des personnages de cet univers n'est que secondaire… Après, comme tu dis il n'y a a pas une seule lecture de la saga :p
    en tout cas encore merci pour ces articles

  9. Buffy Mars

    8 octobre 2015 at 10 10 18 101810

    merci beaucoup ! J'espère que la partie 2 était à ton goût également 🙂

  10. Buffy Mars

    8 octobre 2015 at 10 10 18 101810

    c'est tout à fait ça, je suis tellement d'accord avec toi! Et il y a eu énormément de thèses à ce sujet d'ailleurs, c'est passionnant!

  11. Buffy Mars

    8 octobre 2015 at 10 10 18 101810

    merci beaucoup :). la suite est en ligne!

  12. Buffy Mars

    8 octobre 2015 at 10 10 19 101910

    je suis pressée de connaître ton avis au sujet de Buffy!
    Pour ce qui est de la grossophobie, n'étant pas concernée, je ne sais pas. Par contre, il est vrai que j'ai remarqué que le fait d'être gros pouvait être vu de manière péjorative ou négative dans la saga. Par exemple, avec les Dursley qu'Harry déteste, il aura tendance à voir leur surpoids comme un trait physique négatif et à s'en moquer. Mais avec Mrs Weasley qu'il aime, ses rondeurs la rendent bienveillante et mignonne. Je pense qu'en fait il faut s'interroger plutot pourquoi ce trait physique peut-être vu comme un moyen pour dévaloriser quelqu'un ou non en fait

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